La naissance virginale de Jésus est prophétisée dans Esaïe 7:14, c'est d'ailleurs ce texte qui
a été choisi par les évangiles:
Mt.1:20 Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit: Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l'enfant qu'elle a conçu vient du Saint-Esprit;
21 elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus; c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.
22 Tout cela arriva afin que s'accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète:
23 Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous.
24 Joseph s'étant réveillé fit ce que l'ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme avec lui.
Pour accomplir le salut, l'incarnation était nécessaire dans le plan divin ; sans naissance pas de mort,
sans mort pas de résurrection manifestant la victoire sur la mort. C'est ce que Irénée s'applique
à démontrer ci-dessous :
La promesse faite à Abraham s'accomplit
35. C'est Jésus qui a rempli la promesse faite par Dieu à Abraham, promesse de rendre sa postérité
aussi nombreuse que les astres du ciel ; le Christ, en effet, l'a accomplie, lui qui est né de cette Vierge
descendante d'Abraham. (...)
La promesse à David et la maternité de Marie
36. (...) Ce qu'il y a de particulier et d'unique dans cette naissance, c'est que l'enfant est le
fruit de la concpetion particulière et unique d'une femme et non le fruit du vouloir charnel
mi du sang mêlé, afin que soit manifeste ce fait singulier, spécial et unique : l'enfant est le
rejeton d'uen vierge, appartenant à la famille de David, il est roi pour l'éternité sur la maison
de David et sa royauté ne connaîtra pas de fin.
Victoire du salut
37. C'est ainsi qu'il opérait glorieusement notre salut, qu'il accomplissait la promesse faite
à nos pères et qu'il réparait l'antique désobéissance. Le Fils de Dieu devint donc fils de David
et fils d'Abraham ; car il a accompli la promesse, en récapitulant tout en lui pour nous rendre
la vie. Le Verbe de Dieu s'est fait chair, grâce à la Vierge, afin de détruire la mort et de
rendre la vie à l'homme. Car avant sa venue, nous étions dans les liens du péché, en naissant
coupables et sujets à la mort.
Naissance, mort et résurrection du Christ
38. Ainsi donc Dieu le Père, plein de
miséricorde, nous envoya le Verbe, créateur, descendu pour nous sauver. Il s'est manifesté
à nous aux lieux mêmes ou nous avons perdu la vie et a brisé les liens dans lesquels nous étions engagés.
Sa lumière nous est apparu, elle a dissipé les ténèbres de notre prison et elle a sanctifié
notre naissance, abolissant la mort et rompant les chaînes mêmes dans lesquels nous étions
enlacés. Et en opérant sa propre résurrection, il est devenu lui-même le premier-né d'entre les
morts, il a ressuscité en lui l'homme déchu et l'a fait monter jusqu'au plus haut des cieux,
jusqu'à la droite de la gloire de Dieu. Ainsi Dieu l'avait promis par son prophète en ces termes:
«Et je relèverai la tente écroulée de David» Am.9:11, c'est-à-dire le corps qu'il tenait de David.
Voilà ce que notre Seigneur Jésus-Christ a véritablement accopli, en opérant glorieusement notre
salut. Il nous ressuscite véritablement, en nous ramenant sains et saufs auprès du Père.
Si quelqu'un n'admet pas la naissance d'une Vierge, comment admettra-t-il sa résurrection d'entre
les morts ? Car il n'y a rien d'étonnant, de merveilleux, ni d'étrange à ce que celui qui n'a pas
eu de naissance soit ressuscité des morts, mais nous ne pouvons pas parler de résurrection à son
égard, puisque l'être exempt de naissance, l'immortel ne peut tomber sous les coups de la mort.
Celui qui n'aurait pas eu le commencement de l'homme, comment pourrait-il en avoir la fin?
Le primat du Ressuscité
39. Il n'est pas né, il n'est pas mort non plus ; et s'il n'est pas
mort, il n'a pas non plus ressuscité des morts, il n'a pas triomphé de la mort et n'en a pas
détruit l'empire ; et si la mort n'a pas été vaincue, comment pourrons-nous nous élever jusqu'à la vie,
nous qui, dès le commencement, sommes tombés sous le scoups de la mort? Or ceux qui n'admettent
pas le salut de l'homme, qui ne croient pas que Dieu doive les ressusciter les morts, ceux-là méprisent
aussi la naissance de notre Seigneur. Le Verbe de Dieu, ayant daigné se faire chair, s'est soumis à cette
naissance pour nous, afin de montrer la résurrection de la chair et d'avoir la primauté sur tous
au ciel. Car il est le premier-né au conseil du Père, le verbe parfait, gouvernant tout et
réglant tout par lui-même sur la terre ; il est le premier-né de la Vierge, homme juste, saint,
pieux, bon, agréable à Dieu, parfait en tout, sauvant de l'enfer tous ceux qui marchent à sa suite ;
il est le premier-né d'entre les morts et le guide qui conduit à la vie de Dieu.
40. Et c'est ainsi que le Verbe de Dieu a la primauté sur tout ; car étant vrai homme, en même temps
que le conseiller admirable et le Dieu fort, il a de nouveau appelé l'homme à jouir de l'union
initme avec Dieu, aifn que, grâce à cette communion avec lui, nous participions à son
incorruptibilité.
- Irénée de Lyon dans son livre «La prédication des apôtres, no.35-40