La polygamie
Un chrétien m'a écrit: «Dans la Bible,
le roi David avait plusieurs femmes, mais le seul "péché"
qu'on a l'air de lui reprocher, c'est d'avoir fait tuer le mari de l'une
d'elles pour se marier avec elle ... Les rois comme David, Salomon et autres
avaient ce que l'on pourrait appeler un "harem" ...»
N'est-ce pas là un signe de l'approbation divine
de la polygamie? Considérons un instant où leur passion très
gratifiante a conduit David et Salomon. Si David s'en était tenu
à une seule femme, s'il avait placé ses limites au même
endroit que Job il n'aurait jamais fait tuer Urie
pour tenter de couvrir le fruit amer de sa passion et s'approprier sa femme!
La passion qui semble bénigne, naturelle, grandit toujours et finit
par provoquer des actions criminelles (lire l'excellent article sur la
dépendance sexuelle). Pensons à l'héritage que
David a laissé à son fils Salomon, il s'est encore plus enfoncé
dans la passion que son père lui avait laissé en exemple,
quelles conséquences funestes s'en sont suivies!!!
Non, assurément, David et Salomon n'ont pas su
discerner «les choses les meilleures, afin d'être purs et irréprochables
pour le jour de Christ» cf. Ph.1:10, tellement ils ont été
imbibés de la culture de leur époque, s'y conformant au lieu
de renouveler leur intelligence, cf. Ro.12:2 Ne vous conformez pas au siècle
présent mais soyez renouvelés dans votre intelligence pour
discerner la volonté de Dieu qui est bonne, agréable et parfaite.
Voici les ordres que Dieu avait pourtant donnés
à Moïse concernant les futurs rois:
De.17:14 Lorsque tu seras entré dans le pays que
l'Eternel, ton Dieu, te donne, lorsque tu le posséderas, que tu
y auras établi ta demeure, et que tu diras: Je veux mettre un roi
sur moi, comme toutes les nations qui m'entourent, -
15 tu mettras sur toi un roi que choisira l'Eternel,
ton Dieu, tu prendras un roi du milieu de tes frères, tu ne pourras
pas te donner un étranger, qui ne soit pas ton frère.
16 Mais qu'il n'ait pas un grand nombre de chevaux; et
qu'il ne ramène pas le peuple en Egypte pour avoir beaucoup de chevaux;
car l'Eternel vous a dit: Vous ne retournerez plus par ce chemin-là.
17 Qu'il n'ait pas un grand nombre de femmes, afin que
son coeur ne se détourne point; et qu'il ne fasse pas de grands
amas d'argent et d'or.
D'accord, Dieu fit une concession aux coutumes de l'époque
en permettant aux rois d'avoir plus d'une femme, il n'interdit pas la polygamie
dans ce passage. Il fait appel quand même à la retenue, ce
qui semble bien difficile à faire une fois que le bal est commencé...
Les femmes, de par leur grand pouvoir de séduction,
ont détourné bien des hommes de la voie de Dieu, à
commencer par Adam au jardin puis David, et Salomon
bien évidemment. Ce danger est encore présent pour les chrétiens,
cf. 1Co.7
Pour le chrétien qui veut aimer le Seigneur de
tout son coeur, même une seule femme peut être de trop!!! Seule
une femme partageant cet engagement pourra lui être une aide plutôt
qu'un boulet le faisant dévier de son appel. Je rends grâces
au Seigneur qu'il ait mis une telle personne sur ma route... à l'âge
de 27 ans, après presque dix ans de vie chrétienne à
chercher la perle rare. Ça fait maintenant 15 ans qu'on est bénis
dans notre mariage.
Dieu veut notre bonheur, son plan est clair pour le mariage,
Jésus le répète dans Mt.19, les deux deviendront un et formeront
une seule chair, il n'a pas dit : les 7 deviendront un et formeront une
seule chair!
Pour défendre la polygamie, certains proposent
le passage de 1Timothée 3:2 Il faut donc que l'évêque
soit irréprochable, mari d'une seule femme.
L'expression en grec "mias gunaikos andra" (mari d'une
femme) peut être aussi traduite par «marié une seule
fois» ce qui revient un peu au même puisque le polygame est
marié plus d'une fois. Les partisans de la polygamie comprennent cette expression
comme signifiant (marié à sa première femme), autrement
dit Paul demandait que le futur évêque n'ait pas divorcé
de sa première femme sans exiger qu'il n'ait pas plus d'une épouse.
Le mot grec «mias» peut autant avoir le sens de «premier»
que de «un», cf. Mt.28:1 le premier (mias) jour de la semaine.
Je vois une certaine flexibilité, comme pour l'esclavage,
la Bible nous appelle à avoir de hauts standards mais tolère
la polygamie de ceux qui se convertissent, comme elle tolérait les
maîtres chrétiens qui avaient des esclaves tout en leur rappelant
toutefois de leur traitant justement car ils avaient aussi un maître
dans le ciel, cf. Col.4:1. Pensons aussi d'ailleurs aux femmes et aux enfants
qui se retrouveraient dans la rue sans soutien s'ils étaient renvoyés,
ça ne serait certainement pas spirituel d'agir ainsi, surtout là
où l'état ne vient pas en aide.
Mais comme nous avons lu, le Saint-Esprit nous attire
vers le meilleur, alors on peut affirmer sans l'ombre d'un doute que la
monogamie est meilleure que la polygamie, que celui qui a l'intelligence
renouvelée y reconnaîtra la volonté bonne, agréable
et parfaite de Dieu, c'est pourquoi les nations où le christianisme
s'est implanté en sont venues à interdire dans leurs lois
la polygamie et l'esclavagisme.
La polygamie peut être légale ou illégale
selon les lois des pays mais la polygamie comme telle n'est pas un péché,
marcher selon la chair est un péché. Quand David a pris pour
deuxième femme la veuve Abigail il n'a pas péché, mais
quand il a pris Bathshéba, la femme d'un autre pour épouse,
là il a péché.
1 Rois 15:5 Car David avait fait ce qui est droit
aux yeux de l'Eternel, et il ne s'était détourné d'aucun
de ses commandements pendant toute sa vie, excepté dans l'affaire
d'Urie, le Héthien.
Si un musulman ou un animiste polygames deviennent chrétiens,
je ne peux pas leur affirmer, Bible à l'appui, qu'ils vivent dans le
péché et les forcer à divorcer de toutes les femmes
qu'ils ont marié après leur première épouse. Je
peux par contre leur enseigner de se comporter envers elles comme Christ
envers son église.
Y a-t-il quelqu'un qui pourrait nous raconter comment
l'église s'est comportée avec les polygames qui se convertissent?
Y a-t-il une politique commune dans les églises africaines pour
traiter ce genre de situation? Vous
pouvez me répondre ici
- Le Webmestre
Eagles wings
Défense de la foi chrétienne
Cher Le webmestre je te fais parvenir ce document concernent
la polygamie
De 1999 à 2000 je me trouvais au Cameroun pour
mon travail et missionnaire.
Auprès des musulmans je me suis trouvé
par manque de pasteur local d'assumer cette tâche, en accord avec ma hiérarchie
voilà les dispositions qui ont été prises en référence
de 2Co.5:17 pour apporter une solution équitable à ce problème.
1° Tout homme marié à plusieurs femmes
suite à sa conversion doit faire le choix d'une seule femme selon
son coeur ou en référence à la favorite selon sa coutume
( religieuse ou traditionnelle)
2° En raison des enfants nés des autres femmes
il lui a été demandé de ne pas les
chasser mais d'assurer l'ensemble de leurs besoins (
enfants et mères comprises). Dans le cas où tout ce monde vivait
dans la même cour, les logements devaient être impérativement
séparés dans l'esprit d'une cohabitation harmonieuse.
3° Pour valider cet engagement, un mariage chrétien
en présence des familles,
confirmer la conversion et le choix de la tradition
chrétienne, par soumission
à la Parole de Dieu.( simple formalité
sans engagement de frais ou dote)
4° Après acceptation de ses préceptes
un engagement solennel était pris devant l'église, confirmant l'entrée du nouveau
membre dans le peuple de Dieu.
5° Il est certain que l'enseignement et le baptême
faisaient partie de l'intégration dans la communauté chrétienne,
une mise à l'épreuve pouvait être envisagé.
6° Dans le cas relativement rare que la femme d'un
mariage polygame se convertisse, seule une médiation particulière
avec le mari pourra être envisagée.
RÉSULTATS : je sais que dans la majorité des cas
cette formulation fut un succès.
Les résultats furent un exemple de l'amour témoigné
par le Seigneur.
Le texte d'Esdras 10 concerne des JUIFS, la polygamie en
Afrique concerne des peuples non chrétiens.(son passé n'étant pas
une tache sur son avenir).
Il faut aussi signaler que beaucoup de femmes issues
de mariages polygames qui, par suite de la conversion de leur mari, n'étant
pas choisie comme femme légitime se sont quand même
converties et pour certaines retrouvées des maris.
DANS LA JOIE DU SERVICE CHRÉTIEN
CHRISTIAN GALLIOT LE 10/12/2001
Comment ça s'est passé dans une église au Tchad
La polygamie est un peu un mystère pour nous Occidentaux ! c'est un peu folklorique pour certain d'entre nous, je ne pense pas que ceux qui la vivent pensent de la même façon, quoique beaucoup de femmes concernées la défendent !
Premier exemple dans la Bible, Genèse 4.19 c'est avec Lémeck, il est dans le ligné de Caïn nous voyons que cet homme fut aussi meurtrier, ce n'est donc pas un homme qui est auprès de Dieu qui vit cela pour la première fois dans le récit biblique
Nous pouvons aussi citer dans 1 Samuel, Elquana et ses deux femmes, la jalousie et la misère qui étaient là présentes dans le drame qu'elles vivaient. Nous voyons David et ses nombreuses femmes, puis vous voyez les fils aînés de chacune d'entre elles se disputer le trône ! La Bible parle souvent de la polygamie, mais les pasteurs ici ne sont pas habitués à en faire ressortir la misère qui en découle, ça ce n'est pas directement le problème que nous éprouvons, mais une lecture attentive nous replace devant la désapprobation biblique du sujet avec toutes ses mauvaises conséquences.
L'église Africaine sous l'autorité des missions n'a pas toujours eu la même attitude devant la polygamie, certaines églises ont demandé que l'homme ne garde qu'une seule femme. Ce qui était la pire des situations et jetait les plus âgées à la rue avec en général leurs enfants !
L'église que je fréquente au Tchad, accepte en son sein les hommes polygames mais ne leur donne pas de responsabilité dans l'église.
Ce qui a fait qu'à N'Djamena Monsieur Djibrine qui avait été ministre de la fonction publique sous la présidence de Monsieur Tombalbabye s'est converti mais n'a pas pu avoir le statut d'ancien dans son église parce qu'il est polygame malgré que spirituellement il tenait bien sa place et peut-être mieux que d'autres, il faut dire que cela ne passe pas très bien, mais l'église s'y est tenue malgré tout, (il est décédé, il y seulement deux ou trois ans). Sur ce terrain africain, ce sont des questions douloureuses et bien réelles;
Au Centrafrique, un homme se convertit étant polygame, avec 3 épouses. Il désire être pasteur par-dessus tout, mais dans cette situation il ne peut être accepté à aucune responsabilité dans l'église.
Il décide donc de prier demandant à Dieu son intervention; quelques semaines après, une épouse se fait mordre par une chauve-souris, ce qui était pour eux une malédiction, elle quitte donc son mari. Puis quelques semaines après, c'est la suivante qui a pareille mésaventure, elle quitte aussi son mari. Il reste donc avec une seule épouse; la première, il deviendra donc pasteur.
Comprendre la polygamie:
Qu'est-ce que la polygamie ?
C'est le mariage d'un homme avec plusieurs épouses, c'est un mariage coutumier. L'homme doit fidélité à ses épouses de la même façon que ces épouses lui doivent fidélité. (Nous dirions un mariage de ce qu'il y a de plus légal dans leur forme culturelle). De cette manière, le mariage est un engagement de fidélité réciproque.
En quelque sorte, en renvoyer c'est les répudier et l'exposer à devenir adultère. Si une épouse quitte le foyer, c'est abandonner l'engagement du mariage et devenir adultère !
Si comme certains missionnaires ont demandé à l'homme qui se convertit de n'en garder qu'une pour avoir relation et de continuer à subvenir aux besoins des autres et de leurs enfants c'est pour les africains une grave erreur et une méconnaissance de l'engagement des mariages.
Ces hommes poussent ces femmes à le quitter et à trahir leurs engagements de fidélité.
(Je dirais pour défendre leurs positions que si j'ai fait un serment, même à mes tords je dois le respecter, penser au serment fait par Josué aux Gabaonites ? Dieu jugea le peuple sous le règne de David car Saül n'avait pas respecté cet engagement !)
Tous les étudiants que j'avais, pasteurs en plus, m'ont donné l'argumentation que je vous ai donnée en rajoutant qu'hélas "les blancs" ne comprennent rien à l'engagement du mariage polygame et par leur méconnaissance ont provoqué des drames et poussé bien des femmes dans l'adultère et la misère, et tous avaient des polygames dans leurs églises !
Jean W.
Réflexion sur la polygamie
Il s'agit d'entretenir plusieurs relations conjugales simultanément.
Il y a donc deux sortes de polygamie :
la polygynie, où un homme a plusieurs épouses
la polyandrie, où une femme a plusieurs maris.
Il n'est pas très facile de prétendre que la polygamie respecte vraiment la
personne humaine.
Les hommes peuvent sourire en rêvant de polygynie, mais je ne crois pas que
les femmes acceptent le coeur léger de faire partie d'un harem.
Au sein de la famille, elle semble inévitablement introduire un déséquilibre
entre les époux, On sait qu'elle induit souvent des relations perverses de
privilèges et sujétions au sein du "harem", avec un retentissement possible
sur les enfants (quel est le statut d'un enfant de la troisième épouse ?).
Elle produit aussi un déséquilibre social qui ressemble par certains aspects
au comportement animal du "mâle dominant" qui pèse sur la reproduction des
"mâles dominés" et qui accapare les "femelles" réduites à l'état d'enjeu
ou de proie.
Cela ne signifie pas que nécessairement la polygamie soit source de malheur
mais il est fréquent qu'elle soit associée à un imaginaire où l'un des sexes
est revêtu d'une toute puissance et l'autre dépouillé de sa dignité.
On sait que le jeune état d'Israël a connu quelques difficultés à intégrer
certaines communautés juives qui pratiquaient encore la polygamie, c'est à
présent interdit en Israël.
Mais cette interdiction n'est pas biblique au premier degré puisque la
polygynie est assez courante jusqu'à l'exil..
Pour un chrétien, la question ne devrait guère se poser, à moins
d'allégoriser les paroles de Jésus sur "ils ne sont plus deux mais ils sont
une seule chair". Difficile à transposer en "ils ne sont plus sept..."
Pierre Poncet
Exemples au Congo et en Iran
J'estime qu'il importe de faire le départ entre la
volonté permissive du Seigneur dans l'Ancienne
Alliance et sa Volonté absolue qui s'expriment dans le
Nouveau Testament ou la polygamie se trouve interdite,
du moins parce que le mari n'a plus autorité sur son
propre corps et qu'en épousant une autre femme il
devient adultère.
Pour en venir à Paul, il faut sans doute tenir compte
du fait que quand un divorce intervient à l'initiative
de la femme, l'homme a la possibilité de refaire sa
vie et nous entrons de ce fait dans une situation
complexe dans la mesure où la femme n'a pas le droit
de répudier son mari pour se remarier. Elle ne peut se
remarier et nous entrons dans une sorte de polygamie
de jure.
Ceci étant au moment où l'homme répudie son épouse
sans raison valable bibliquement parlant, celle
devient adultère en épousant un autre homme. Ceci
étant, Dieu ne pourrait la punir pour cela, mais c'est
son premier mari qui devra répondre pour l'adultère de
sa femme répudiée, celle-ci ne sera pas punie parce
qu'elle n'est en aucune manière fautive.
Il faut également tenir compte du fait que celui ou
celle qui détruit son mariage et ne se repent pas
devient comme un infidèle. De ce fait, son refus de
rester avec son mari ou sa femme peut être traité
comme la situation d'un infidèle qui refuse de rester
avec sa femme ou de la femme incroyante qui refuse de
rester avec son mari croyant, dans ce cas le croyant
ou la croyante n'est plus tenu.
Pour ce qui est du cas des polygames qui viennent à
Christ, je crois qu'il est de la responsabilité du
pasteur de réagir selon l'onction qu'il aura reçue du
Seigneur. Dans certains cas, on peut laisser les choses
comme telles dans d'autres demander au mari de rester
fidèle à l'épouse de son alliance.
Au Congo où j'ai vécu, il y avait un pasteur de
l'Église nazaréenne qui réglait ces problèmes par la
prière. Ainsi en cas de désaccord de la première
femme, il priait et les autres femmes quittaient le
foyer sans en avoir été contraintes par une volonté
extérieure.
En Iran, la plupart des couples sont monogamiques,
même le mari pour qui la notion de fidélité n'existe
pas peut avoir, en "cache-cache" des concubines
légales. Ainsi le problème ne se pose-t-il pas à notre
niveau.
Si le NT se tait sur la polygynie, c'est qu'il s'agit d'un sujet complexe à traiter au cas par cas.
Pour le cas de l'Afrique, le pluralisme juridique n'aide pas.La polygynie est reconnu par le droit coutumier ou, pour être plus précis, de la pratique coutumière, alors que pour certains cas comme le Congo, le droit civil ne reconnaît pas la polygamie et condamne tout aussi bien l'infidélité de la femme que celui de l'homme.
Ainsi, le polygame est à la fois adultère et non adultère suivant le droit de référence. Beaucoup de catholiques se marient à l'église et à la mairie, ce qui ne les empêche guère d'en épouser une deuxième.
Il y a aussi de nombreuses personnes qui ne célèbrent que le mariage coutumier.
La situation est donc complexe compte tenu du pluralisme juridique qui caractérise l'espace social africain.
Au niveau du Moyen-Orient, le pluralisme juridique n'existe pas et la chari'a prime sur la loi. Exception faite de l'Iran, la polygamie est généralement pratique et ne heurte en aucune manière les consciences.
En Iran, un effort a été fait pour endiguer la polygamie. Ainsi un homme n'a pas droit de prendre une deuxième femme sans l'autorisation préalable de son épouse. Mais il peut avoir une concubine légale dans le cadre d'un "mariage provisoire".
Ceci étant si après 5 ans de mariage son épouse s'avère incapable de lui donner un enfant, il peut en épouser une autre sans autorisation de la première.
Quant aux engagements, il faut encore relativiser et traiter la question au cas par cas.
- Andronicus
MONOGAMIE ET POLYGAMIE EN ISRAEL
Au début de l'histoire biblique, le mariage est
présenté comme monogamique. Lamekh, descendant de Caïn,
est le premier à enfreindre la norme en épousant deux femmes
(Gn 4,19). C'est seulement lorsqu'il s'avère que Sarah est stérile
qu'Abraham se décide, sur son conseil, à prendre Agar pour
épouse (Gn 16,1-3). Esaü a trois femmes; Jacob, son frère,
épouse les deux filles de Laban, Léah et Rachel, qui lui
donnent en concubines leurs servantes respectives. Le Deutéronome
(21,15-17) admet la légitimité de la bigamie (la polygamie
étant, à cette époque, généralement
admise et pratiquée au Proche-Orient). A l'époque des Juges,
la polygamie était chose courante. Mais, dès la fin de cette
époque, la monogamie semble redevenir la norme, à l'exception
d'Elqanah, père de Samuel et des rois. A Hébron, David n'avait
que six épouses, mais une fois installé à Jérusalem,
il en prit un grand nombre. Jéroboam en avait dix-huit (selon le
Talmud, un roi ne doit pas avoir plus de dix-huit épouses). Salomon
entretenait le plus célèbre des harems royaux qui (si l'on
en croit 1 R 11,3) ne comprenait pas moins de sept cents épouses
et trois cents concubines. Néanmoins, le Deutéronome (17,17)
met en garde les Hébreux contre les conséquences prévisibles
de l'acquisition d'un trop grand nombre d'épouses. Lorsque les livres
sapientiaux parlent du mariage, ils ont toujours en vue la monogamie (cf.
Pr 5,15-19, 31,10-31 ; et Qo 9,9). Il en est de même dans les apocryphes
(Siracide ou Ecclésiastique 26,14; Tobit). Le lien entre D. et Israël
est souvent représenté, dans la littérature prophétique,
par la métaphore de l'époux et de l'épouse: D. étant
L'époux et Israël l'épouse, bien souvent infidèle
(Os 2,4 s.; Is 50,1 ; Jr 3,1). A l'époque du Talmud, les avis divergeaient:
tandis que l'amora babylonien Rava n'élevait contre la polygamie
aucune objection légale, à condition, bien entendu, que le
mari puisse subvenir aux besoins de chacune de ses épouses, un amora
palestinien de la troisième génération, R. Ammi, légiféra
qu'un homme n'a le droit de prendre une seconde épouse que si sa
première femme y consent expressément (Yev 65a). Ces mariages
ne peuvent s'achever que par le *divorce ou le décès de l'épouse.
Deux facteurs importants étaient aussi à prendre en considération
: l'obligation du Lévirat et la stérilité prolongée
de la femme. Tandis que certains sages pensaient que le yibboum (mariage
léviratique) était obligatoire pour le frère d'un
défunt ayant laissé une épouse sans enfant, d'autres
recommandaient la cérémonie de la halitsah (divorce léviratique)
qui déliait aussi bien la jeune veuve que le(s) frère(s)
du défunt de leur devoir. En revanche, tout le monde s'accordait
sur le fait que si une femme était encore stérile après
dix ans de mariage, son mari pouvait prendre une seconde épouse.
Cependant, les sages finirent par décréter que dans ce cas,
le mari devait d'abord divorcer de sa première épouse. Bien
qu'extrêmement rare, la polygamie n'est pas, halakhiquement parlant,
interdite chez les Juifs orientaux, influencés, sans nul doute,
par l'environnement islamique. En revanche, dans l'Occident chrétien
médiéval où la monogamie était la règle,
le lévirat qui ne pouvait être appliqué finit par être
aboli, Dès le XIIIème siècle, la polygamie avait pratiquement
disparu au sein des communautés juives d'Occident. L'un des facteurs
décisifs de cette disparition fut incontestablement la taqqanah
("amendement") attribuée à Rabbénou Gerchom Meor ha-Golah,
amendement par lequel la polygamie était totalement prohibée
dans le monde juif achkenaze; quiconque se soustrayait à cet amendement
étant passible d'excommunication (hèrem). Le même sort
était réservé à tout homme ayant divorcé
de son épouse sans son consentement, sauf cas exceptionnel tel que
la démence de l'épouse. Dans ce cas, le mari pouvait obtenir,
par une dispense de cent rabbins, le droit de prendre une autre épouse.
En Israël [d'aujourd'hui], les autorités civiles
et religieuses doivent affronter des problèmes de toutes sortes,
inhérents à la multiplicité des traditions communautaires.
Si les immigrants venus avec plusieurs épouses n'ont pas eu à
subir de sanctions légales, le grand rabbinat a substitué,
en 1950, la halitsah au lévirat et, en 1959, l'État a formellement
interdit la pratique de la polygamie. Il arrive parfois, cependant, que
les tribunaux ne s'opposent pas à la décision des autorités
religieuses de permettre à un homme dont la femme serait internée,
ou n'aurait pas accepté un get (contrat de divorce religieux) fait
en bonne et due forme, de prendre une autre épouse.
- Monogame-Polygamie du Dictionnaire Encyclopédique
du Judaïsme
Job.31:1 J'avais fait un pacte avec
mes yeux, et je n'aurais pas arrêté mes regards sur une vierge.
2 Quelle part Dieu m'eût-il réservée
d'en haut? Quel héritage le Tout-Puissant m'eût-il envoyé
des cieux?
1R.11:1 Le roi Salomon aima beaucoup
de femmes étrangères, outre la fille de Pharaon: des Moabites,
des Ammonites, des Edomites, des Sidoniennes, des Héthiennes,
2 appartenant aux nations dont l'Eternel avait dit aux
enfants d'Israël: Vous n'irez point chez elles, et elles ne viendront
point chez vous; elles tourneraient certainement vos coeurs du côté
de leurs dieux. Ce fut à ces nations que s'attacha Salomon, entraîné
par l'amour.
3 Il eut sept cents princesses pour femmes et trois cents
concubines; et ses femmes détournèrent son coeur.
4 A l'époque de la vieillesse de Salomon, ses
femmes inclinèrent son coeur vers d'autres dieux; et son coeur ne
fut point tout entier à l'Eternel, son Dieu, comme l'avait été
le coeur de David, son père.
5 Salomon alla après Astarté, divinité
des Sidoniens, et après Milcom, l'abomination des Ammonites.
6 Et Salomon fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel,
et il ne suivit point pleinement l'Eternel, comme David, son père.
7 Alors Salomon bâtit sur la montagne qui est en
face de Jérusalem un haut lieu pour Kemosch, l'abomination de Moab,
et pour Moloc, l'abomination des fils d'Ammon.
8 Et il fit ainsi pour toutes ses femmes étrangères,
qui offraient des parfums et des sacrifices à leurs dieux.
9 L'Eternel fut irrité contre Salomon, parce qu'il
avait détourné son coeur de l'Eternel, le Dieu d'Israël,
qui lui était apparu deux fois.
-------
1Co.7:29 Voici ce que je dis, frères,
c'est que le temps est court; que désormais ceux qui ont des femmes
soient comme n'en ayant pas,
30 ceux qui pleurent comme ne pleurant pas, ceux qui
se réjouissent comme ne se réjouissant pas, ceux qui achètent
comme ne possédant pas,
31 et ceux qui usent du monde comme n'en usant pas, car
la figure de ce monde passe.
32 Or, je voudrais que vous fussiez sans inquiétude.
Celui qui n'est pas marié s'inquiète des choses du Seigneur,
des moyens de plaire au Seigneur;
33 et celui qui est marié s'inquiète des
choses du monde, des moyens de plaire à sa femme.
34 Il y a de même une différence entre la
femme et la vierge: celle qui n'est pas mariée s'inquiète
des choses du Seigneur, afin d'être sainte de corps et d'esprit;
et celle qui est mariée s'inquiète des choses du monde, des
moyens de plaire à son mari.
35 Je dis cela dans votre intérêt; ce n'est
pas pour vous prendre au piège, c'est pour vous porter à
ce qui est bienséant et propre à vous attacher au Seigneur
sans distraction.
