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Psaume 133 - Cantique des degrés; Oh! qu'il est beau, qu'il est doux


"Oh! qu'il est beau, qu'il est doux (suivant une autre version: "Oh ! qu'il est bon, et qu'il est beau), pour des frères d'habiter ensemble ! " v. 1.

Il est bien des choses qui sont belles sans être agréables; d'autres sont agréables, mais dépourvues de la véritable beauté, et ces deux qualités se trouvent difficilement réunies. Ici, au contraire, l'agrément et la beauté morale se rencontrent dans un même objet. En effet, un des principaux caractères de la charité, c'est que féconde en fruits précieux, la pratique en est encore douce et facile. Le Psalmiste en fait donc ici l'éloge. Or le bonheur n'est pas seulement d'habiter une même maison, de demeurer sous un même toit, mais d'habiter ensemble, c'est-à-dire dans un véritable communauté de sentiments et d'affection, car voilà ce qui ne fait de tous qu'une seule âme. Voilà ce qui est beau, voilà ce qui est agréable, et le prophète cherche à rendre cette vérité frappante par des exemples, par des images sensibles placées pour ainsi dire sous les yeux des auditeurs. "C'est comme le parfum précieux qui de la tête d'Aaron se répandit sur sa barbe, (Ps 133,2), et qui descendit ensuite sur le bord de son vêtement." (Ps 133,3). C'est en qualité de grand prêtre qu'Aaron répandait sur lui ce parfum qui découlait de toutes parts, et cette onction était comme un charme qui le rendait non seulement agréable, mais aimable à tous ceux qui le voyaient. Ce parfum répandu sur Aaron lui donnait un extérieur distingué, un visage brillant, une odeur des plus suaves, et un attrait qui charmait tous les yeux. Or, de même que ce spectacle n'est pas seulement agréable à la vue, mais réjouit les yeux, ainsi cette concorde mutuelle répand dans l'âme une joie véritable.

"C'est comme la rosée d'Hermon qui descend sur la montagne de Sion." (Ps 133,4). Le Roi-prophète apporte une autre comparaison non moins belle, et qui offre aux yeux un spectacle des plus gracieux. Ce n'est point sans motif qu'il emploie ce langage. Avant la captivité, dix tribus vivaient séparées des deux autres. Cette division fut la cause d'une multitude de crimes, et un principe de révoltes, de séditions et de guerres continuelles. Il cherche donc à prévenir le retour de ces luttes, de ces divisions intestines; il exhorte le peuple à vivre dans l'union, dans la concorde, dans l'obéissance à un seul chef, à un seul roi. Il veut que la charité s'étende dès maintenant et à jamais comme la rosée qui se répand partout. Il compare la charité à un parfum et à la rosée pour exprimer d'un côté l'odeur suave qu'elle exhale, de l'autre le repos et le charme qu'elle donne à la vue. "Car c'est là que Dieu attache la bénédiction et la vie." Que signifie cette expression: "Là" Dans cette maison, dans cette union, dans cette communauté de demeure et de sentiments. C'est là vraiment qu'est la bénédiction, comme la malédiction se trouve attachée aux dispositions contraires. Aussi l'Écriture fait ailleurs l'éloge de cette union mutuelle: "La concorde des frères, l'amour des proches, un mari et une femme qui n'ont qu'un coeur et qu'une âme." (Qo 25,2). Dans un autre endroit, elle fait ressortir la force de cette union à l'aide de ces expressions figurées: "Si deux dorment ensemble, ils s'échaufferont l'un l'autre. Un triple lien est difficilement rompu." (Qo 4,11-12). Vous voyez ici à la fois la douceur et la force de cette union, une grande douceur dans le repos, une force extraordinaire dans l'action. Nous lisons encore ailleurs: "Le frère qui est aidé par son frère est comme une ville forte." (Pr 12,49). Jésus Christ nous dit Lui-même: "Là où deux ou trois seront réunis en mon Nom, Je Me trouve au milieu d'eux." (Mt 18,20). Enfin la nature elle-même nous fait une loi de cette union. Aussi lorsque Dieu forma l'homme au commencement, Il dit: "Il n'est pas bon que l'homme soit seul." (Gn 2,8). Et lorsqu'Il créa l'être que nous appelons la femme, il l'unit à l'homme par des liens étroits, ceux de la nécessité, et nous rattacha de mille manières les uns aux autres.

Le prophète ajoute on ne peut plus heureusement: "Et la vie à jamais." Car où se trouve la charité se trouve aussi la sécurité la plus parfaite, et le secours assuré du ciel. La charité, c'est la mère, la source, la racine de tous les biens, c'est la cessation de toutes les guerres, l'anéantissement de toutes les dissensions. C'est ce que le Prophète veut nous faire entendre par ces paroles: "Et la vie à jamais." Car de même que les dissensions et les guerres sont un principe de mort, la charité, l'union des coeurs, sont une source de paix et de concorde, et la concorde et la paix sont toujours accompagnées d'une vie à l'abri de tout danger, pleine de confiance et de sécurité. Et qu'est-il besoin de parler des biens de la vie présente? La charité nous met en possession du ciel et de ses biens ineffables, et elle est la reine des vertus. Instruits que nous sommes de ces précieux avantages, attachons-nous à la pratique de la charité, pour jouir par elle des biens de la vie présente et de ceux de la vie future. Puissions-nous tous les obtenir par la Grâce et la Bonté de notre Seigneur Jésus Christ avec lequel gloire soit au Père et au saint Esprit dans les siècles des siècles. Amen.

- Jean Chrysostome





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