iv>
 
   
 
La dépression chez les hommes




La culture occidentale cherche à cacher la dépression masculine, elle y voit un signe de faiblesse - ce qui n'est pas du tout le cas. À cause de cette fausse perception, plusieurs hommes vivent des dépressions et refusent de l'admettre. Pour eux, la douleur provoquée par la honte de s'avouer être en dépression serait plus grande que la douleur causée par la dépression elle-même ! Chez les chrétiens, ça peut être encore pire, le déprimé pouvant faire mettre sa foi en doute ou être accusé d'un péché caché. Les ¾ du temps, si on demande à un homme déprimé comment il se sent, il vous répondra probablement qu'il se sent bien, et il sera sincère, l'homme macho occidental a été conditionné à cacher ses émotions autres que la colère et la joie !

Selon les statistiques, au moins un homme sur 20 sera touché par une dépression majeure qui nécessitera un traitement professionnel. Pour ce qui est des dépressions moins profondes causées par le stress, les valeurs faussées ou les pertes inévitables, on peut affirmer que la plupart des hommes en vivent un jour ou l'autre, plusieurs grands hommes de Dieu n'en ont pas été exempts non plus (David, Élie, Job, Charles Spurgeon, Abraham Lincoln, Martin Luther, etc.).

Charles Spurgeon avait confié à de jeunes gens du séminaire qu'il avait fondé : «Comme il est rapporté de David qu'au fort de la bataille il a perdu courage, on peut dire aussi la même chose de tous les serviteurs du Seigneur. Des accès de dépression nous submergent à peu près tous. Aussi enjoués que nous puissions être habituellement, nous serons quand même, par moment, abattus. Les forts ne sont pas toujours vigoureux, les sages pas toujours prêts, les braves pas toujours courageux et les joyeux pas toujours heureux.» Selon Spurgeon, la dépression peut survenir quand quelqu'un se néglige, est malade ou trop tendu, quand il manque de repos et de sommeil ou qu'il est trop sédentaire, quand il est un meneur d'hommes ou même parfois sans aucune raison apparente.

Je vous conseille de lire toute la page ou si vous avez déjà tout lu, vous pouvez encore aller directement au thème désiré en cliquant sur le lien correspondant ci-dessous.



Types de dépression



Il y a 2 types de dépressions, les endogènes et les exogènes. Les dépressions de type endogène sont héréditaires - par exemple, un parent maniaco-dépressif risque d'avoir aussi des enfants maniaco-dépressifs -, les dépressions endogènes sont provoquées par un déséquilibre chez les 3 principaux neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine et norépinéphrine) qui contrôlent l'humeur dans le cerveau. Ces types de dépressions répondent très bien aux antidépresseurs qui agissent sur les neurotransmetteurs. Les dépressions exogènes sont réactives, elles surviennent suivant des événements extérieurs (perte d'emploi, perte de capacité physique ou sexuelle, divorce, deuil, etc.) Les deux types de dépression peuvent être expérimentés en même temps, la dépression endogène pouvant entraîner une dépression exogène, par exemple, un homme qui manque d'entrain suite à un déséquilibre hormonal peut perdre son emploi et expérimenter une dépression en réaction à son licenciement.

Le Dr Hart (La Dépression au masculin pp.57-58) explique qu'on peut aussi partager la dépression en 6 catégories:
  1. Dépression unipolaire : C'est la forme la plus courante et elle touche plus de 15 millions d'Américains. Unipolaire signifie qu'il n'y a pas d'état maniaque mais un état dépressif, accompagné de la perte de capacité de ressentir le plaisir (anhédonie) et de sentiment de nullité, de culpabilité, etc. Ec.12:1 Mais souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais arrivent et que les années s'approchent où tu diras: Je n'y prends point de plaisir
  2. Dépression bipolaire : Ce désordre oscille entre une dépression grave et un état maniaque. Dans la phase dépressive, les symptômes sont les mêmes que ceux de la dépression unipolaire, mais dans la phase manique, la personne est expansive extrêmement active, volubile, a des idées de grandeur et dort peu. Environ 2 millions de personnes aux États-Unis en sont atteintes. Elle répond bien à la médication et a principalement une cause génétique.
  3. Dépression atypique : Il s'agit d'une dépression chronique, avec fatigue excessive, sommeil excessif et suralimentation, etc. Elle est plus difficile à traiter et peut exiger une combinaison de médications (appelée «polypharmacie»).
  4. Dysthymie: C'est un mot savant pour décrire une dépression de faible intensité, qui dure depuis plus de deux ans ou sans arrêt depuis plus de 2 mois. Elle afflige 3 à 4 pour cent des personnes dépressives. Autrefois considérée comme une forme de névrose, nous savons aujourd'hui qu'elle est biologique et qu'elle peut être traitée de la même manière que la dépression unipolaire.
  5. Dépression saisonnière : Elle survient chez des individus qui vivent au nord, là où il y a un manque d'ensoleillement plus de 5 mois par année, Elle serait causée par un excès de mélatonine, une hormone du sommeil relâchée dans le cerveau lors du manque de lumière. On la traite en faisant asseoir les patients plusieurs heures par jour dans des pièces très éclairées pour reproduire l'intensité de la lumière du jour. Il y a maintenant des maisons nordiques équipées de «chambres de soleil».
  6. Dépression psychotique : C'est la forme la plus grave de dépression, car elle s'accompagne d'illusions et d'hallucinations. Elle exige des soins psychiatriques immédiats. Environ 15 pour cent des personnes souffrant de dépression unipolaire ou bipolaire en sont affectées.
  7. Dépression du post-partum et autres dépressions hormonales : Environ 10 pour cent des femmes nouvellement accouchées ainsi que plusieurs femmes ménopausées font une dépression. Le problème est dû à une chute importante des oestrogènes et cela exige un traitement médical. «Il n'y a pas à mon avis de meilleur remède à la dépression post-partum que la tendre sollicitude du père de l'enfant.» - Tim Lahaye


Signes permettant d'identifier la dépression chez les hommes



Les signes de la dépression ne sont pas les mêmes chez les hommes que chez les femmes même s'il souffrent autant que les femmes ; on remarque qu'une femme est dépressive en observant ses émotions tandis que la dépression masculine est identifiée chez l'homme en observant les changements dans ses comportements, dans son humeur et dans son sommeil. Prenez le temps aussi d'observer comment il pense et l'objet de ses pensées ; les hommes dépressifs ont une opinion négative d'eux-mêmes, ils se sentent incompétents, indésirables et inférieurs, même quand ils réussissent dans la vie aux yeux des autres. Ils seront maussades, irritables, manqueront d'énergie et verront l'avenir en noir.

Mais monsieur est un combattant, il va tenter d'étouffer sa douleur avec plusieurs artifices, si bien que sa dépression sera plus difficile à déceler que chez la femme. Si un homme veut pleurer, il va se distraire en regardant un film. S'il ne peut dormir, il naviguera sur internet - insomniaque, David avait choisi d'aller se promener sur le toit de son palais avec les conséquences que l'on sait, il commit l'adultère, fit un enfant illégitime et fit tuer le mari pour tenter de couvrir son faux pas, cf. 2S.11 et 12. Si l'homme se sent fatigué, il ira jouer au golf. S'il se sent blasé, il enfourchera sa moto ou sa voiture sport. S'il se sent triste, il se trouvera une raison pour se mettre en colère afin de détourner sa tristesse, par exemple Jonas, attristé par la mort de l'arbre qui lui donnait de l'ombre, s'est fâché contre Dieu, cf Jonas 4:5-10. Il va trouver n'importe quoi pour lui procurer une poussée d'adrénaline qui anesthésiera sa douleur sans la guérir pour autant. Ce n'est pas la volonté de Dieu... Esaïe 22:12 Le Seigneur, l'Eternel des armées, vous appelle en ce jour à pleurer et à vous frapper la poitrine, à vous raser la tête et à ceindre le sac. 13 Et voici de la gaîté et de la joie! On égorge des boeufs et l'on tue des brebis, on mange de la viande et l'on boit du vin: Mangeons et buvons, car demain nous mourrons! - 14 L'Eternel des armées me l'a révélé: Non, ce crime ne vous sera point pardonné que vous ne soyez morts, dit le Seigneur, l'Eternel des armées.

Les hommes nient leur dépression. Ils ne veulent pas en parler. Mais refuser d'exprimer sa dépression empêche la guérison, de plus c'est un facteur de risque grave pour de nombreuses maladies physiques allant jusqu'à la crise cardiaque.

Les femmes déprimées sont tristes tandis que les hommes déprimés peuvent être abusifs, irritables, en colère avec un seuil de tolérance très faible au stress et à la frustration. Remarquons toutefois que ce comportement ne désigne pas nécessairement un homme déprimé, il peut tout simplement être agressif de nature, ce sera un signe de dépression s'il ne l'est pas par nature. C'est le changement de comportement qui est un signe de dépression ; par exemple, un homme habituellement doux et patient deviendra rude et intolérant. Les hommes déprimés blâment les autres pour leur état et étouffent leurs sentiments pénibles en se noyant selon leur personnalité dans la religiosité, le travail, la sexualité, la violence, l'alcool, la drogue - certains préféreront même prendre de la cocaïne plutôt que du Prozac (un antidépresseur) ! - ou encore en se refermant sur eux-mêmes et en se coupant de ceux qu'ils affirment aimer.



Les conséquences de la dépression



Les dépressions peuvent causer des ravages, détruire des familles, combien d'épouses décontenancées et exaspérées ont demandé le divorce, ne reconnaissant plus leur mari. La dépression peut pousser au suicide si les hommes n'apprennent pas à composer avec la dépression et passer les différentes phases de l'affliction menant au recouvrement, le prophète Élie en est venu à ce point, il pensait avoir raté sa mission et voulait se laisser mourir de faim dans le désert, cf. 1R.19. Pourtant, «la dépression est une émotion qui peut mener à la guérison, c'est une émotion curative, si nous savons coopérer avec elle» (écrit le Dr Archibald Hart). Cette affirmation étonnante a été faite par un psychologue clinique ayant plusieurs dizaines d'années de pratique et qui fait des conférences à travers le monde en plus d'avoir écrit plusieurs livres sur le sujet. Dieu nous a créés de manière à être capables de ressentir la tristesse et il est capable aussi de transformer n'importe quelle situation en bien, cf. Genèse 50:20. Par exemple, le Dr Hart a vécu une grande dépression dans sa jeunesse lors du divorce de ses parents, cela a cependant contribué au fait qu'il soit devenu psychologue et que des multitudes ont pu bénéficier de ses réflexions !

Les causes de la dépression

  1. Les dépressions induites par la testostérone : Les hommes qui ont un taux élevé de testostérones ont une libido très forte et ressentent le besoin de relations sexuelles fréquentes. Si cela leur est refusé, ils deviennent irritables et agressifs et se mettent à bouder ou à être maussades. Ils gardent le silence et sont distants, exprimant leur colère envers leur femme de façon active ou passive, selon leur personnalité. Leur humeur s'améliore suite à une relation sexuelle.
  2. Le stress et la dépression : Le stress entraîne, entre autres, le relâchement de l'hormone issue des glandes surrénales appelée cortisol, elle prépare le système à la lutte ou la fuite mais lors d'une action prolongée, elle bouleverse l'équilibre délicat des neurotransmetteurs et induit la dépression.
  3. La dépendance et la dépression : Les dépendances (au sexe, au jeu, à l'excès de travail, à la recherche de sensations fortes, etc.) servent à alléger la mauvaise humeur... c'est pourquoi elles sont des dépendances ! Le dépendant ne peut plus s'en passer, sinon il est malheureux comme des pierres. Mais le problème est que les dépendances accentuent la dépression. Par exemple, chez le pornographe, après que l'effet hormonal excitant se soit dissipé, il ne reste plus que la honte et l'autocritique. La peur du mépris et du jugement l'empêchera d'aller chercher de l'aide. L'homme retourne alors à cette forme de dépendance pour soulager son humeur et le cycle recommence... la dépendance nous attire avec ses promesses de soulagement puis elle nous maîtrise et nous vainc. Proverbes 28:13 Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde.
  4. La dépression de l'après décharge d'adrénaline : L'adrénaline, l'hormone libérée lors de l'effort, peut s'épuiser si l'effort dure trop longtemps, la dépression s'installe alors dans le corps pour permettre à celui-ci de récupérer et refaire sa réserve d'adrénaline. Ce n'est pas agréable d'être fatigué et irritable durant cette période mais si on la perçoit comme étant nécessaire à notre récupération, on pourra la traverser plus sereinement au lieu de s'embarquer trop rapidement - et aggraver la dépression qui suivra inévitablement par la suite - dans une autre activité exigeante pour goûter à l'apaisement produit par l'adrénaline. Le paradoxe des vacances. L'adrénaline tombe. C'est le moment où on peut faire le point. On constate souvent à regret, que les grandes espérances de la jeunesse n'ont pas été comblées par la réalité de l'âge adulte. «Il n'y a rien de tel que les vacances pour garantir la dépression.» - Dr. Arthur Prange Jr de l'université de la Caroline du Nord.
  5. Flanquer en l'air son horloge interne : Appliquez-vous à vous coucher le plus possible à la même heure sinon c'est une route qui vous mènera probablement à la dépression, car vous allez déranger votre cycle corporel qui contrôle la température de votre corps, vos rêves et la production de vos hormones qui rendent le sommeil récupérateur.
  6. Les disputes des parents et le divorce : Le divorce déprime les enfants et les rend plus vulnérables quand d'autres événements fâcheux se produisent; une perte s'entasse par-dessus l'autre rendant le processus d'affliction de plus en plus difficile.
  7. La déception : Tout peut être source de déception. Les fleurs qui meurent, l'impatience d'un proche, l'incompréhension des parents, la solitude.
  8. Le manque de confiance en soi : L'impossibilité de réaliser les objectifs utopiques qu'il se fixe le prive de toute satisfaction personnelle.
  9. Les comparaisons faussées : Toute comparaison qui n'est pas à notre avantage risque de favoriser la dépression.
  10. L'ambivalence : Le sentiment d'être pris au piège, c.à.d. d'être incapable de se sortir d'une situation inconfortable.
  11. La maladie : La dépression peut être déclenchée par des facteurs purement organiques. Des sujets qui ont eu une hépatite virale constatent qu'en dépit d'un rétablissement physique satisfaisant, ils restent très affaiblis, ce qui les rend non seulement apathiques mais assez souvent déprimés. Il faut ajouter que l'individu affaibli ou diminué par la maladie a tendance à majorer sans raison des événements qui en temps ordinaire ne l'auraient pas affecté. On est sans doute plus enclin à s'apitoyer sur soi lorsque l'on est malade qu'à tout autre moment.
  12. Objectifs insuffisants : Sans objectif à atteindre, il cesse de combattre. Lorsqu'il porte tout son effort sur un but unique, il sera désemparé lorsqu'il l'aura atteint. C'est pourquoi il faut toujours savoir en perspective des objectifs à long terme mais aussi à court terme, objectifs que l'on doit fréquemment réviser et réévaluer. Les gens qui ont toujours quelque chose à accomplir sont rarement déprimés.
  13. La dépression et l'occultisme :Tout commerce avec le monde des esprits engendre la dépression. Si l'on pouvait connaître la vérité, on découvrirait que de nombreux suicides ont pour cause un état dépressif imspiré par les puissances sataniques. Hal Lindsey a dit: «Après que Satan eut utilisé Judas pour accomplir son dessein, il utilisa le pouvoir de la culpabilité pour pousser Judas à l'auto-destruction» Mt.27:5-10, cp. 17:14-15.
  14. La dépression et la musique: La plupart des gens n'ont pas pleinement conscience de l'influence que la musique exerce sur le psychisme. Elle est capable de vivifier, d'élever les sentiments. Elle peut aussi déprimer et quelques fois agacer. Elle peut créer des états d'âme, les entretenir ou les dissiper. Tout comme un médicament ou une drogue, elle est capable de modifier nos émotions à l'insu de notre esprit. Le résultat d'une musique joyeuse et édifiante est excessivement positif. La musique est capable de vous aider à développer une attitude psychologique saine qui, associée à un raisonnement sain, vous mettra à l'abri de la dépression.


Comment prévenir la dépression



Voici des stratégies de changement qui feront grandir l'intelligence émotionnelle, la capacité de reconnaître et d'accepter les émotions
  1. Tenez un journal intime : En mettant par écrit ce que vous ressentez, vous serez mieux habilités à discerner les émotions quand la dépression se poindra. La première chose que toute personne déprimée doit apprendre et corriger, c'est qu'elle ne peut pas se fier à ses sentiments. Par exemple, l'homme déprimé peut se sentir abandonné de Dieu, mais dans la réalité, Dieu n'abandonne jamais personne.
  2. Augmentez votre vocabulaire émotionnel : Bien des hommes ont de la misère à mettre des mots à ce qu'ils ressentent parce qu'il leur manque tout simplement du vocabulaire !
  3. Réfléchissez à vos sentiments périodiquement : Pensez à des événements joyeux, réjouissez dans le Seigneur Ph.4:4. Cela aidera à contrebalancer les sentiments de tristesse quand ils se poindront.
  4. Passez plus de temps avec des amis émotionnellement sains : Tenez-vous avec des gens équilibrés émotionnellement et spirituellement, apprenez d'eux et suivez leur exemple.
  5. Rejoignez un groupe de soutien au sein duquel vous pouvez être totalement honnête et transparent : Trouvez un groupe d'hommes honnêtes et ouverts où vous pourrez avoir du soutien et en retirer de nombreux bienfaits.
  6. Un régime de vie sain : Faire de l'exercice, avoir une saine alimentation, être en règle avec Dieu, voilà tous des éléments qui contribuent à se donner des outils, ils ne empêcheront pas nécessairement l'expérience de dépressions, mais ils aideront sûrement à passer au travers des pertes de la vie.


Comment traiter une dépression endogène



Le traitement médical : Il y a plusieurs sortes d'antidépresseurs (les tricycliques Etavil, Imipramine, Trazaodone, Doxeprin, Nortriplyne, etc., les inhibiteurs de la monoamine-oxydase Parnate, Nardil, les inhibiteurs de recaptage de la sérotonine sélective Zoloft, Paxil, Luvox, Effexor, Celixa, les atypiques Wellbutrin, Remeron), puisque chaque homme est différent, le clinicien devra faire des essais avec vous pour trouver celui qui vous convient le mieux. Soyez donc patient et ne manquez pas d'avertir le docteur quand le médicament ne fonctionne pas, parfois ce n'est qu'une question de dosage ou de combinaison de médicaments. Si une dépression clinique n'est pas traitée, elle peut durer de 6 mois à 2 ou 3 ans, ce sera très pénible, mais vous devriez quand même passer au travers. La moitié du temps, il y a rechute. La médication permet de mieux supporter la dépression. 90% des dépressions endogènes sont guéries par la médication, mais puisque le problème est endogène, c'est-à-dire au niveau de l'équilibre des neurotransmetteurs, la dépression risque fort de revenir à moins que la personne dépressive continue à prendre sa médication même quand elle est complètement rétablie.

Les 5 stades d'un traitement aux antidépresseurs



  1. La réponse : C'est quand l'homme a au moins 50% d'amélioration en prenant sa médication, habituellement ça prend 2 semaines avant de voir un changement.
  2. La rémission : C'est quand tous les symptômes sont partis.
  3. Le rétablissement : C'est quand la rémission dure depuis plus de 6 mois en ayant pris soin de prendre sa médication assidûment.
  4. La rechute : C'est quand la situation empire après avoir vu une amélioration, il faut alors changer la médication.
  5. La récurrence : C'est quand la situation empire après un rétablissement complet. Une nouvelle dépression s'installe. Bien entendu, le résultat idéal c'est l'absence de rechute et de récurrence.


Comment traiter une dépression exogène



La médication ne suffit pas, ça prend aussi une thérapie de soutien cognitive.

La thérapie cognitive vous apprend à :
  1. Reconnaître les pensées automatiques

    Par exemple, chaque fois que vous ratez votre coup, vous vous vous traitez de bon à rien.


  2. Contester ces pensées automatiques

    Vous refusez de prendre pour acquis que vous êtes un bon à rien, vous exigez des preuves. Attention ! Votre dépression affecte votre capacité à réfléchir objectivement et vous aurez tendance à fournir des preuves qui ne tiendraient pas en cour ! «Je suis absolument cettain d'une chose, si le processus mental qui aboutit à la pitié de soi n'est pas enrayé, le cas est désespéré; au fur et à mesure que l'individu s'apitoie sur son sort, il aggrave son état dépressif. Les traitements par médicaments n'apportent qu'un soulagement temporaire. Si le processus de raisonnement n'est pas modifié, la dépression réapparaît rapidement.» - Tim Lahaye "Comment vaincre la dépresion" P.85


  3. Substituer d'autres explications plus raisonnables pour votre comportement ou vos sentiments

    Au lieu de vous chanter des bêtises après avoir raté votre coup, remettez cela en perspective, «ça n'a pas marché cette fois-ci, j'ai subi une perte, c'est bien triste en effet. Examinons pourquoi ça na pas fonctionné et comment je peux faire mieux la prochaine fois.» Ainsi, votre énergie suscitée par la perte est canalisée sur la résolution de problème plutôt que sur l'autodestruction.


  4. Vous soustraire à vos pensées dépressives

    S'il est vrai que vous avez besoin de bien analyser la perte - on verra comment plus bas dans le processus d'affliction - il est nocif de la ruminer sans cesse. La rumination est une activité naturelle chez l'homme, alors pourquoi ne pas ruminer des vérités qui seront un encouragement dans l'adversité ? C'est exactement ce qu'a choisi de faire le prophète Jérémie - célèbre aussi pour ses jérémiades ! -

    La.3:19 Quand je pense à ma détresse et à ma misère, à l'absinthe et au poison; 20 Quand mon âme s'en souvient, elle est abattue au dedans de moi. 21 Voici ce que je veux repasser en mon coeur, ce qui me donnera de l'espérance. 22 Les bontés de l'Eternel ne sont pas épuisées, ses compassions ne sont pas à leur terme; 23 Elles se renouvellent chaque matin. Oh! que ta fidélité est grande! 24 L'Eternel est mon partage, dit mon âme; c'est pourquoi je veux espérer en lui. 25 L'Eternel a de la bonté pour qui espère en lui, pour l'âme qui le cherche. 26 Il est bon d'attendre en silence le secours de l'Eternel.


  5. Remettre en question les nombreuses suppositions génératrices qui nous affectent tous.

    Par exemple, évitez de vous dire : «il faut absolument que cette fille accepte de sortir avec moi, sinon la vie n'aura plus de sens.» C'est le genre de pensée qui a aggravé bien des peines d'amour et poussé bien des jeunes au suicide.
«Tant que l'individu refuse de reconnaître que son attitude envers les circonstances et non pas ces circonstances elles-mêmes, est à l'origine de sa dépression, il demeure, à mon avis, incurable.» - Dr Tim Lahaye "Comment vaincre la dépression P.11"

Toutes les dépressions affectent ce que nous pensons et sont affectées par la façon que nous pensons. Si nos pensées sont négatives, elles intensifieront et prolongeront la dépression résultant d'une perte, le pessimisme peut même nous blinder à tout traitement.

«Le pessimisme est un facteur de risque pour la dépression de la même manière que fumer est un facteur de risque pour le cancer du poumon ou que d'être un homme agressif et ambitieux est un facteur de risque pour la maladie cardiaque.» - Dr. Martin Seligman «Learned Optimism» P.10

Si vous pensez que vous n'êtes que le résultat d'une évolution aléatoire, vous avez des bonnes raisons d'être pessimiste, la vie de pas de sens alors. Il importe donc de «renouveler son intelligence» (pour paraphraser l'apôtre Paul dans Ro.12:2) et de remplacer les pensées négatives par des pensées positives réalistes : la Bible nous révèle que Dieu vous a créé par amour (Jé.31:3), que par la foi en Jésus-Christ vous pouvez être réconcilié avec Dieu (2.Co.5:17-20) et assuré de passer l'éternité en sa compagnie (1Jn.5:13). Voilà ce qui peut aider à remettre les choses en de justes perspectives, c'est ainsi que l'apôtre Paul pouvait déclarer avec assurance:

2Co.4:16 C'est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et lors même que notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. 17 Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au delà de toute mesure, (4-18) un poids éternel de gloire, 18 parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles.

Celui qui a la foi sait - sans toujours comprendre comment - que Dieu permet seulement les afflictions qui contribueront à sa sanctification (Ro.5:3-5), il sait que « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu» Ro.8:28

Ro.5:3 Bien plus, nous nous glorifions même des afflictions, sachant que l'affliction produit la persévérance, 4 la persévérance la victoire dans l'épreuve, et cette victoire l'espérance. 5 Or, l'espérance ne trompe point, parce que l'amour de Dieu est répandu dans nos coeurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné.

Le processus de l'affliction

Distinguons d'abord le deuil de l'affliction. Dr Hart : «Le deuil est le processus par lequel nous renonçons à notre attachement émotionnel ou à notre investissement dans l'objet ou la personne perdus... L'affliction est l'émotion ressentie au cours d'un deuil.»

Nous pouvons identifier 4 étapes de l'affliction suivant une perte majeure

  1. Le déni : On refuse d'accepter la perte, on tente par tous les moyens de retrouver ce qui a été perdu.
  2. La colère : Quand on réalise que la perte est définitive, cela fait monter la colère, on crie à l'injustice et les autres autour de nous en paient le prix, parfois la colère est tournée contre soi-même.
  3. La dépression : Les sentiments de rejet, de culpabilité et de faible estime de soi produisent la tristesse tandis qu'on s'habitude graduellement à la perte. C'est le processus d'affliction.
  4. L'acceptation : Cela conduit à la compréhension que la vie continue malgré la perte qu'on a réussi à mettre en perspective.


6 étapes vers la guérison de la dépression réactive
  1. Identifier la perte : Les pertes concrètes sont plus facilement identifiables que les pertes subjectives, une ou plusieurs pertes subjectives accompagneront souvent une perte concrète, par exemple, celui qui perd son emploi éprouvera parfois aussi du rejet et une faible estime de soi. La dépression amène toujours à penser négativement, par exemple une peine d'amour peut conduire à penser qu'on ne trouvera jamais l'âme soeur, ce qui va approfondir encore plus la dépression. La dépression nuit à notre capacité de raisonner objectivement, il est important d'avoir un vis-à-vis pour confronter les idées noires et évaluer la perte à sa juste valeur. Refusez d'entretenir des pensées pessimistes absolues avec les mots toujours et jamais, nul ne sait de quoi l'avenir sera fait.
  2. Comprendre chaque facette de la perte : Nous expérimentons tous les choses d'une manière qui nous est propre car nous n'accordons pas tous la même valeur à ce que nous perdons. Par exemple, un étudiant japonais qui échoue à son examen peut en arriver à se suicider tandis qu'un étudiant canadien pourrait considérer cela avec beaucoup plus de légèreté.
  3. Distinguer les pertes imaginaires des pertes réelles : Nous pouvons nous affliger seulement de ce que nous avons réellement perdu. Celui qui persiste à s'affliger d'une perte imaginaire ne pourra sortir de la dépression.
  4. Faciliter le processus d'affliction : En examinant en profondeur la perte, cela augmente la douleur mais facilite aussi le processus d'affliction, «on vide la fosse septique» ! Moins nous résistons au chagrin, plus vite nous en sortirons.
  5. Faire face à la réalité de la perte : Plus vite nous acceptons notre perte, plus vite nous guérirons de notre dépression.
  6. Développer une perspective de la perte : C'est ici que la foi en Dieu par Jésus-Christ aide à nous ajuster à notre perte. Les pertes terrestres sont mises en perspective, tout est éphémère ici-bas, ce qui compte vraiment c'est de connaître Dieu. L'apôtre Paul considérait toutes choses comme des pertes afin de gagner Jésus-Christ, cf. Ph.3. Cela lui permettait de surmonter toutes les brimades et goûter à la paix de Dieu en toutes circonstances.


Les pires choses à dire à l'homme déprimé de votre vie



  1. Ressaisis-toi. Tu es un homme et tu peux te contrôler si tu veux.
  2. Dieu doit t'en vouloir pour quelque chose que tu caches.
  3. Arrête de te plaindre et efforces-toi d'aller mieux.
  4. Je ne sais pas jusqu'où je vais pouvoir supporter tout cela. Tu me rends folle.
  5. Allons ! Il y a tant de personnes dans ce monde plus mal en point que toi !
  6. Je commence à croire que j'ai fait une erreur de t'épouser.
  7. Tu devrais arrêter de consulter tous ces charlatans et de prendre toutes ces pilules qui affectent ton cerveau.
  8. Crois-moi, je sais ce que tu vis parce que moi aussi j'ai été déprimée ; seulement, je n'en ai pas fait toute une histoire !


Les meilleures choses à dire à l'homme déprimé de votre vie



  1. Je t'aime et je t'aimerai toujours parce que tu es important pour moi.
  2. Je n'arrive pas à ressentir ce que tu ressens, mais je veux te comprendre.
  3. Le mieux que je puisse faire pour le moment est de t'offrir mon amitié.
  4. Ne t'excuse pas de te sentir ainsi, car je sais que tu n'y peux rien.
  5. Tu n'es pas seul dans cette histoire. Je resterai à tes côtés jusqu'à ce que tu sois mieux.
  6. Cela ne durera pas toujours et quand ça sera fini, on se réjouira ensemble.
  7. Dieu n'est pas l'Auteur de ta souffrance. Il veut t'aider à la supporter.
  8. Beaucoup de grands hommes ont souffert de dépression et ils s'en sont sortis.


Conclusion



Les hommes sont réticents à reconnaître qu'ils vivent une dépression, malheureusement le déni la prolonge et en augmente l'intensité. Ceux qui mettent leur orgueil de côté et s'engagent pleinement dans le processus de l'affliction quand il s'agit d'une dépression en réaction à une perte pourront en sortir plus rapidement en acceptant le temps pénible de l'affliction. Pour ceux qui vivent une dépression endogène, votre espoir est dans la médication, ne laissez pas vos préjugés sociaux ou religieux vous en priver.






Pour vous préparer à rencontrer Dieu,

voici les 5 pas vers le ciel









Vous êtes sur la page :



Et vous êtes arrivé de la page :


Cliquez ici pour y retourner



Nous sommes dimanche 17 décembre 2017