Le Saint-Esprit reçu par l'imposition des mains




Nous avons seulement deux exemples bibliques relatant la réception du Saint-Esprit par l'imposition des mains des apôtres.

Premier exemple


L'évangéliste Philippe était allé prêcher dans les villes de la Samarie, Ac.8:5 et y avait fait de nombreux miracles, v.6-7. Plusieurs s'étaient convertis à Jésus et avaient par la suite passé par le baptême d'eau, v.12-13 au nom de Jésus, v.16, sans recevoir le Saint-Esprit, v.15.

Les apôtres Pierre et Jean prièrent tout d'abord pour les Samaritains convertis, v.15 ensuite il les imposèrent les mains et ils reçurent le Saint-Esprit v.17 avec des manifestations externes de dons spirituels qui ne sont pas mentionnés mais qui étaient assez évidentes pour que le magicien Simon «voit» que le Saint-Esprit était donné par l'imposition des mains des apôtres, v.18. Les Pentecôtistes soutiendront qu'ils ont dû parler en langues, c'est bien possible. On ne peut pas prouver le contraire juste en disant que cela n'est pas spécifié ! Ce serait un argument basé sur une fausse logique.

Voici un exemple de logique faussée dans le même style que personne n'oserait soutenir ; dans le deuxième sermon de Pierre dans Actes Ac.3 où 2000 personnes se sont convertis, il n'est pas fait mention du baptême d'eau ni de la réception du Saint-Esprit, alors que cela est mentionné dans Ac.2 pour les 3000 convertis lors du premier sermon de Pierre. Devrait-on conclure que les 2000 ne se sont pas faits baptiser au nom de Jésus et qu'ils n'ont pas reçus le Saint-Esprit?

Conclusion, l'omission n'est jamais un argument valable pour affirmer qu'une chose ne s'est pas produite. Les 2000 qui se sont convertis ont aussi été baptisés et ont aussi reçu le Saint-Esprit. De même c'est bien possible que les Samaritains aient aussi parler en langues et que ce soit de cette manière que Simon a vu que le Saint-Esprit était donné par l'imposition des mains.

Ac.8:5 Philippe, étant descendu dans la ville de Samarie, y prêcha le Christ. 6 Les foules tout entières étaient attentives à ce que disait Philippe, lorsqu'elles apprirent et virent les miracles qu'il faisait. 7 Car des esprits impurs sortirent de plusieurs démoniaques, en poussant de grands cris, et beaucoup de paralytiques et de boiteux furent guéris. 8 Et il y eut une grande joie dans cette ville. 9 Il y avait auparavant dans la ville un homme nommé Simon, qui, se donnant pour un personnage important, exerçait la magie et provoquait l'étonnement du peuple de la Samarie. 10 Tous, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, l'écoutaient attentivement, et disaient: Celui-ci est la puissance de Dieu, celle qui s'appelle la grande. 11 Ils l'écoutaient attentivement, parce qu'il les avait longtemps étonnés par ses actes de magie. 12 Mais, quand ils eurent cru à Philippe, qui leur annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus-Christ, hommes et femmes se firent baptiser. 13 Simon lui-même crut, et, après avoir été baptisé, il ne quittait plus Philippe, et il voyait avec étonnement les miracles et les grands prodiges qui s'opéraient. 14 ¶ Les apôtres, qui étaient à Jérusalem, ayant appris que la Samarie avait reçu la parole de Dieu, y envoyèrent Pierre et Jean. 15 Ceux-ci, arrivés chez les Samaritains, prièrent pour eux, afin qu'ils reçussent le Saint-Esprit. 16 Car il n'était encore descendu sur aucun d'eux; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. 17 Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent le Saint-Esprit. 18 Lorsque Simon vit que le Saint-Esprit était donné par l'imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l'argent, 19 en disant: Accordez-moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j'imposerai les mains reçoive le Saint-Esprit. 20 Mais Pierre lui dit: Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s'acquérait à prix d'argent! 21 Il n'y a pour toi ni part ni lot dans cette affaire, car ton coeur n'est pas droit devant Dieu. 22 Repens-toi donc de ta méchanceté, et prie le Seigneur pour que la pensée de ton coeur te soit pardonnée, s'il est possible; 23 car je vois que tu es dans un fiel amer et dans les liens de l'iniquité. 24 Simon répondit: Priez vous-mêmes le Seigneur pour moi, afin qu'il ne m'arrive rien de ce que vous avez dit. 25 Après avoir rendu témoignage à la parole du Seigneur, et après l'avoir prêchée, Pierre et Jean retournèrent à Jérusalem, en annonçant la bonne nouvelle dans plusieurs villages des Samaritains.


Deuxième exemple

Ac.19:1 Pendant qu'Apollos était à Corinthe, Paul, après avoir parcouru les hautes provinces de l'Asie, arriva à Ephèse. Ayant rencontré quelques disciples, 2 il leur dit: Avez-vous reçu le Saint-Esprit, quand vous avez cru? Ils lui répondirent: Nous n'avons pas même entendu dire qu'il y ait un Saint-Esprit. 3 Il dit: De quel baptême avez-vous donc été baptisés? Et ils répondirent: Du baptême de Jean. 4 Alors Paul dit: Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c'est-à-dire, en Jésus.
5 Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus.
6 Lorsque Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit vint sur eux, et ils parlaient en langues et prophétisaient.

L'apôtre Paul leur pose tout d'abord une question importante :

«Avez-vous reçu le Saint-Esprit, quand vous avez cru?»

Derek Prince pense que Paul posait régulièrement cette question. En fait, on en a aucune idée, c'est bien possible, c'est cependant le seul exemple qu'on a rapporté dans les Écritures. En fait, c'était une bonne question à poser, car en demandant s'ils avaient reçu le Saint-Esprit quand ils avaient cru, Paul pouvait vérifier ainsi si les gens qui se déclaraient des disciples avaient bien été enseignés. Le chapitre précédent, dans Ac.18 nous en donne un exemple, le cas d'Apollos :

Ac.18:24 Un Juif nommé Apollos, originaire d'Alexandrie, homme éloquent et versé dans les Ecritures, vint à Ephèse. 25 Il était instruit dans la voie du Seigneur, et, fervent d'esprit, il annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus, bien qu'il ne connût que le baptême de Jean. 26 Il se mit à parler librement dans la synagogue. Aquilas et Priscille, l'ayant entendu, le prirent avec eux, et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu. 27 Comme il voulait passer en Achaïe, les frères l'y encouragèrent, et écrivirent aux disciples de le bien recevoir. Quand il fut arrivé, il se rendit, par la grâce de Dieu, très utile à ceux qui avaient cru; 28 Car il réfutait vivement les Juifs en public, démontrant par les Ecritures que Jésus est le Christ.

Apollos n'était pas un cas isolé. Il y avait beaucoup de gens qui avaient passé par le baptême de Jean sans être passé par le baptême au nom de Jésus.

Mt.3:5 Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de tout le pays des environs du Jourdain, se rendaient auprès de lui [Jean-Baptiste];

Lu.3:21 Tout le peuple se faisant baptiser [par Jean-Baptiste]

Il ne faut donc pas s'étonner qu'il y en ait eu plusieurs qui ne s'étaient pas adonnés à être présents à Jérusalem la fête de la Pentecôte quand le Saint-Esprit était descendu. Les moyens de communication étaient limités alors, ils ont pu passer ainsi des années avant de rencontrer des chrétiens. La question de Paul lui a permis de voir où ces disciples étaient rendus sur le plan spirituel ; la réponse qu'il reçut lui révéla que c'étaient des disciples de Jean-Baptiste, comme Apollos, qui ne connaissaient pas le baptême d'eau au nom de Jésus. Alors Paul leur expliqua :

Ac.19:4 Alors Paul dit: Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c'est-à-dire, en Jésus. 5 Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus.

Ça ne prend pas de temps pour être prêt au baptême, il suffit d'expliquer le plan du salut. Après, s'ils décident de devenir disciples de Jésus, on les baptise comme l'a ordonné Jésus dans Mt.28:19.

Mt.28:19 Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, 20 et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit.

Ensuite, Paul leur a imposé les mains pour qu'ils reçoivent le Saint-Esprit, comme Pierre et Jean l'avaient fait avec les Samaritains.

Ac.19:6 Lorsque Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit vint sur eux, et ils parlaient en langues et prophétisaient.

Remarquez que ces disciples ont non seulement parler en langues mais qu'ils ont aussi prophétisé. Suite à leur exemple, devrait-on penser que nous devons tous aussi prophétiser quand nous recevons le Saint-Esprit ?

Est-ce que dans Ac.2, les 3000 lors du premier sermon de Pierre ont parlé en langues ? Ont-ils prophétisé ? Et qu'en est-il des 2000 suivants dans Ac.3 ? Luc n'en mentionne pas un mot. Les Pentecôtistes en sont certains. Vous comprenez maintenant qu'on ne peut pas prouver le contraire avec l'argument de l'omission. On en peut pas non plus prouver qu'il faut parler en langues et qu'il faut prophétiser pour montrer qu'on a reçu le Saint-Esprit. L'argument de l'omission s'applique donc des deux côtés. Personne ne peut se servir de ces textes pour affirmer que la réception du Saint-Esprit est nécessairement accompagnée du parler en langues. Personne ne peut non plus se servir de ces textes pour affirmer que la réception du Saint-Esprit est jamais accompagnée du parler en langues.

Est-ce que l'imposition des mains est nécessaire pour recevoir le Saint-Esprit ? Elle ne le fut pas dans le cas de Corneille et des siens, en tous cas.

Ac.10:43 Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés. 44 Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. 45 Tous les fidèles circoncis qui étaient venus avec Pierre furent étonnés de ce que le don du Saint-Esprit était aussi répandu sur les païens. 46 Car ils les entendaient parler en langues et glorifier Dieu. (10-47) Alors Pierre dit: 47 Peut-on refuser l'eau du baptême à ceux qui ont reçu le Saint-Esprit aussi bien que nous? 48 Et il ordonna qu'ils fussent baptisés au nom du Seigneur. Sur quoi ils le prièrent de rester quelques jours auprès d'eux.

Ce passage montre aussi plusieurs expressions synonymes reliées au baptême du Saint-Esprit qui se passa comme à la Pentecôte, v.47, je les ai soulignés dans le texte.

Les Pentecôtistes se servent de ces passages pour appuyer leur pratique d'imposer les mains pour que les chrétiens soient baptisés du Saint-Esprit. Je ferai toutefois remarquer que toutes les personnes concernées dans ces textes ont été baptisées du Saint-Esprit à l'heure même de leur conversion, sauf dans le cas des Samaritains pour des raisons compréhensibles qu'on verra tantôt. Il n'y a jamais eu un délai de jours, de semaines, voire d'années entre leur conversion et la réception du Saint-Esprit. Ce qui est tout à fait normal puisque sans le Saint-Esprit, on n'appartient pas à Christ !

Ro.8:9 Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l'esprit, si du moins l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas.

Et si on n'appartient pas à Christ, on n'est pas sauvés, on s'en va en enfer. C'est pourquoi la réception du Saint-Esprit doit suivre notre conversion.

Là où ça pose problème, bien sûr, c'est concernant les signes par lesquels Simon a vu que le Saint-Esprit était reçu. Dans bien des cas aujourd'hui, la plupart du temps même, on ne voit absolument aucun don spirituel se manifester quand une personne se convertit au Seigneur. Il arrive que des gens parlent en langues lors de leur conversion mais on conviendra que ce n'est pas la norme. Ce qu'on rencontre plutôt aujourd'hui c'est la réaction joyeuse de l'eunuque après que Philippe l'eut baptisé dans l'eau au nom du Seigneur Jésus :

Ac.8:35 Alors Philippe, ouvrant la bouche et commençant par ce passage, lui annonça la bonne nouvelle de Jésus. 36 Comme ils continuaient leur chemin, ils rencontrèrent de l'eau. Et l'eunuque dit: Voici de l'eau; qu'est-ce qui empêche que je sois baptisé? 37 Philippe dit: Si tu crois de tout ton coeur, cela est possible. L'eunuque répondit: Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. 38 Il fit arrêter le char; Philippe et l'eunuque descendirent tous deux dans l'eau, et Philippe baptisa l'eunuque. 39 Quand ils furent sortis de l'eau, l'Esprit du Seigneur enleva Philippe, et l'eunuque ne le vit plus. Tandis que, joyeux, il poursuivait sa route,

C'est ainsi que j'ai moi-même vécu ma conversion en 1977, j'étais tout seul dans ma chambre, tout joyeux en ce jour de novembre d'avoir goûté à l'amour de Dieu manifesté à la croix, de savoir que mes péchés étaient maintenant pardonnés et que j'allais passer l'éternité avec Jésus. Cela m'avait mis vraiment de bonne humeur ! Je n'ai pas parlé en langues, je n'ai pas prophétisé non plus, peut-être parce qu'il n'y avait personne pour m'entendre ou probablement surtout parce que ce n'était pas nécessaire pour que je reçoive le Saint-Esprit.

En 1987, j'ai vécu l'expérience pentecôtiste. Je suis allé entendre Len Lindstrom, un conférencier qui parcourt la planète en faisant des soirées d'évangélisation. À la fin de la rencontre, je m'étais avancé et sa femme m'avait imposé les mains. Elle s'était mise à parler en langues et quelques secondes plus tard, je me suis mis à faire de même. Elle est partie satisfaite après quelques instants, me disant que j'avais maintenant la puissance du Saint-Esprit pour témoigner efficacement. J'ai continué à parler en langues tout seul quelques minutes, puis cela a cessé.

Personne ne s'est occupé de donner l'interprétation de mon parler en langues, étant occupés à vivre leur propre expérience spirituelle ou trop loin pour m'entendre dans le brouhaha général. Ce qui fait que je ne saurais jamais ce que j'ai pu dire pendant que mon intelligence était stérile. On ne se souciait manifestement pas de suivre les recommandations de Paul à ce sujet dans 1Co.14. Ce qui importait pour eux, c'était que j'étais baptisé du Saint-Esprit, le parler en langues étant le signe à leur yeux qui le manifestait. Je vous ai déjà démontré la faiblesse exégétique de ce langage, je ne reviendrai pas là-dessus. Ce n'est pas parce que les Pentecôtistes mélangent le sens des termes doctrinaux que le Saint-Esprit n'était pas présent en train d'agir dans mon coeur, cette soirée-là. Je ne sais pas trop au juste ce que le Saint-Esprit a fait en moi, je suis sûr qu'il n'y avait rien de démoniaque là-dedans et je n'ai jamais été tourmenté par des esprits mauvais, au contraire, mais cela m'a apporté beaucoup de joie. Je prends donc cela comme une bénédiction spirituelle.

En revenant de la soirée, ma femme m'avait fait remarquer que j'étais particulièrement joyeux, tiens donc, comme à ma conversion. Cela se comprend facilement, la joie est le fruit de l'Esprit, Ga.5:22. Et quand on est rempli du Saint-Esprit, on est naturellement rempli de joie !

Je n'ai jamais parlé en langues depuis ce temps, non parce que je ne le voulais pas, mais cela ne m'est jamais venu à la bouche, si on peut dire cela ainsi. Plusieurs me témoignent qu'ils sont édifiés en parlant en langues et je le crois, Paul disait cela aussi, 1Co.14:4. Au moins, il y a d'autres sources d'édification auxquelles j'ai pu abreuver mon âme ; la méditation, la prière, la lecture, l'enseignement, la communion fraternelle, la louange, l'adoration, etc.

Les Pentecôtistes distinguent entre réception du Saint-Esprit à la conversion et baptême du Saint-Esprit comme deuxième bénédiction plus tard dans la vie chrétienne, comme je l'ai fait remarquer concernant Corneille, cette compréhension est déficiente puisque ces termes sont synonymes. De plus, à part du cas des Samaritains, la réception du Saint-Esprit suit toujours de près le baptême d'eau au nom de Jésus qui est de son côté administré rapidement après la profession de foi.

Revenons à premier exemple de réception du Saint-Esprit par l'imposition des mains... Réfléchissons sur ce qui s'est passé en Samarie. Les disciples savaient depuis des années que des Samaritains étaient prêts à reconnaître Jésus comme sauveur du monde, relisez Jean 4. La dernière chose que Jésus avait dite à ses disciples avant de monter au ciel c'est qu'ils seraient ses témoins à Jérusalem, en Judée, en Samarie et jusqu'au bout du monde après la Pentecôte, Ac.1:8.

Pourtant, des mois plus tard, les apôtres étaient toujours à Jérusalem malgré la persécution permise par Dieu pour que les disciples s'enfuient et aillent propager l'évangile partout, Samarie y compris, cf. Ac.8.

Si les apôtres avaient été plus sensibles au Saint-Esprit, cela aurait été eux qui auraient été en Samarie, les Samaritains auraient pu recevoir le Saint-Esprit suivant leur baptême au nom de Jésus, comme cela se faisait habituellement. C'était aux apôtres d'ouvrir le royaume des cieux aux Samaritains, comme c'était aussi aux apôtres d'ouvrir le royaume des cieux aux païens, mais ceux-ci étaient très réticents à le faire à cause de leur culture juive qui tenait les Samaritains en la plus haute aversion et les païens comme impurs.

Devant cette entêtement des apôtres à demeurer à Jérusalem, le Saint-Esprit a finalement regardé ailleurs et fait appel à Philippe pour réaliser la prophétie de Jésus d'aller porter l'évangile en Samarie. Rempli du Saint-Esprit, l'obéissant Philippe fait fi des gigantesques barrières culturelles et bouleverse toute la Samarie par son message et les miracles qui l'accompagnaient, Ac.8:6-7. Hommes et femmes reçurent la Parole de Dieu (Ac.8:14) et se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus (Ac.8:12).

Les apôtres en entendent parler à Jérusalem et désignent Pierre et Jean pour aller vérifier ce qui s'était passé. La seule raison logique pour laquelle le Saint-Esprit n'était pas encore descendu sur les Samaritains, c'était à cause de la résistance des apôtres. Les apôtres, Pierre et Jean étaient les deux plus influents à cette époque, ils devaient voir que le Saint-Esprit avait aussi été donné aux Samaritains comme à eux pour faire fondre leurs préjugés tenaces et en être convaincus sans l'ombre d'un doute. C'était tout un choc pour un juif que Dieu veuille accueillir dans l'église les Samaritains qu'ils haïssaient depuis des siècles. Dieu a alors attendu leur arrivée pour que les deux apôtres constatent que les Samaritains ont reçu le Saint-Esprit de la même manière qu'eux et qu'ils ont leur part entière dans l'Église. Finalement, en retournant à Jérusalem, les apôtres ont dû se faire à l'idée, ils ont prêché l'évangile dans les villages de Samarie, Ac.8:25, rien de moins avait pu les convaincre de le faire, même pas le commandement de Jésus dans Ac.1:8.

Vous voyez à quel point c'est difficile de renverser des faux raisonnements, même chez des apôtres ?

Je vais vous en donner une autre preuve. Dans Ac.10, il a fallu que le Seigneur Jésus a trois reprises disent en songe à Pierre que les païens n'étaient pas impurs ! Autrement, jamais il n'aurait suivi les envoyés de Corneille et encore moins entré chez lui pour parler de Jésus à toute sa maisonnée. Les Juifs chrétiens de Jérusalem ne pensaient pas autrement, ils l'ont vertement critiqué d'avoir "commis le sacrilège" d'entrer dans la maison d'un païen (Ac.11:2-3). Pour eux, Pierre s'était souillé, il était maintenant impur ! Pierre a dû leur raconter de long en large comment c'était Jésus qui l'avait convaincu d'y aller et comment le Saint-Esprit l'avait confirmé en descendant sur les païens exactement comme cela leur était arrivé à la Pentecôte. Seulement ainsi, il arriva à les calmer.

Ac.11:15 Lorsque je me fus mis à parler, le Saint-Esprit descendit sur eux, comme sur nous au commencement. 16 Et je me souvins de cette parole du Seigneur: Jean a baptisé d'eau, mais vous, vous serez baptisés du Saint-Esprit. 17 Or, puisque Dieu leur a accordé le même don qu'à nous qui avons cru au Seigneur Jésus-Christ, pouvais-je, moi, m'opposer à Dieu? 18 Après avoir entendu cela, ils se calmèrent, et ils glorifièrent Dieu, en disant: Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens, afin qu'ils aient la vie.

Notez le petit mot «donc» au verset 18, il est bien là dans le texte original grec aussi.

Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens, afin qu'ils aient la vie.

Ils étaient vraiment convaincus du contraire, ils étaient vraiment persuadés que le salut était seulement pour les Juifs ! Voilà comment des faux raisonnements empêchaient les apôtres d'obéir à Jésus en allant évangéliser les Samaritains et les païens. Mais Dieu est plus grand que nous, il finit toujours par renverser les forteresses dans nos pensées, cf. 2Co.10:3-5. À lui la gloire !

Appendice


Exégèse d'Ac.19:2

Ac.19:2 eipen prov autouv ei pneuma agion elabete pisteusantev oi de eipon prov auton all oude ei pneuma agion estin hkousamen

Ac.19:2 il leur dit: Avez-vous reçu le Saint-Esprit, quand vous avez cru? Ils lui répondirent: Nous n'avons pas même entendu dire qu'il y ait un Saint-Esprit.

Pour bien comprendre la question de Paul, remarquons que l'expression «quand vous avez cru?» traduit un seul mot en grec, le participe aoriste «pisteusantes». Il y a deux autres passages avec le verbe «croire» au participe aoriste «pisteusantes». Ils sont importants pour nous aider à déterminer comment traduire Ac.19:2.

Dans Luc 8:12 et Ep.1:13, le verbe croire est au participe aoriste comme dans Ac.19:2 :

Lu.8:12 oi de para thn odon eisin oi akouontev eita ercetai o diabolov kai airei ton logon apo thv kardiav autwn ina mh pisteusantev swywsin

Lu.8:12 Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent; puis le diable vient, et enlève de leur coeur la parole, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés.

Ep.1:13 en w kai pisteusantev esfragisyhte tw pneumati thv epaggeliav tw agiw

Ep.1:13 en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis

Ce que ces versets nous disent:

Lu.8:12 Dès que nous croyons nous sommes sauvés. Non pas, croyez et vous serez sauvés un de ces jours dans le futur. Non, dès notre conversion, nous sommes sauvés.
Ep.1:14 Dès que nous croyons, nous sommes scellés du Saint-Esprit, non pas, croyez et un de ces jours vous serez scellés du Saint-Esprit. Non, dès notre conversion, nous sommes scellés du Saint-Esprit.

Dès que les gens croyaient, ils se faisaient baptiser au nom du Seigneur Jésus, ils étaient sauvés et ils recevaient le Saint-Esprit. Les deux exemples que nous avons examiné - les Samaritains dans Ac.8 et les disciples de Jean-Baptiste dans Ac.19 - ne sont donc pas la norme de l'expérience habituelle de la réception du Saint-Esprit, sinon l'immense majorité des chrétiens dans les églises évangéliques n'auraient pas reçu le Saint-Esprit puisque l'imposition des mains n'y est pas pratiquée après le baptême d'eau.

Si on n'a pas reçu le Saint-Esprit,
alors on n'a pas l'Esprit de Christ.

Et si on n'a pas l'Esprit de Christ,
on ne lui appartient pas.

Et si on ne lui appartient pas,
alors on n'est pas sauvés.

Et si on n'est pas sauvés
alors on est perdus.

Et si on est perdus
alors on s'en va en enfer pour l'éternité !


La conclusion que j'en tire est que l'imposition des mains n'est pas obligatoire pour recevoir le Saint-Esprit même si Celui-ci peut parfois être donné par l'imposition des mains. Il n'est pas question de limiter Dieu en balisant la manière qu'Il doit procéder pour qu'Il répande son Esprit. Les cas qu'on a vu montrent justement que le Seigneur est flexible et sait s'ajuster aux situations.

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