Un jour un général
d'armée m'a invité personnellement dans son bureau pour que je lui parle de la
foi. Quand je suis arrivé, plusieurs personnes attendaient d'être reçues. Je
suis entré le premier. Mon entretien était avec le général seul mais mon entrée
immédiate était pour les autres un signe de l'honneur qui m'était fait. Il en
est ainsi du parler en langues. Les langues païennes désormais privilégiées sont
admises au protocole privé du Roi des rois. C'est à Dieu seul qu'ils parleront
mais ce sera très « parlant » pour les autres.
Deuxième ligne de défense
Sur ce point encore j'ai tenté de résister dans mon fortin-minus. Je
l'appelle minus parce qu'il se situait en dehors de la Bible. C'était le fortin
des expériences dont finalement on s'entretenait plus que de la Parole de Dieu.
Or rien n'est plus sujet à caution que l'expérience. C'est pourquoi je n'ai pas
voulu m'y engager dans ce livre. C'est un terrain bien trop mouvant.
(1) Matt.10 : 6 (2) Matt.10 : 5 (3) 1 Cor.14 : 21
J'ai deux sortes de livres sur ma table de travail. Il y a ceux qui à grands
renforts d'anecdotes rapportent des témoignages vécus, prouvés, qui tous
militent en faveur d'un parler en langue qui s'adresserait bel et bien aux
hommes. Il y a les autres avec leurs contre-témoignages qui démystifient la
chose. Dans ce domaine de l'expérience ou de l'anti-expérience les forces en
présence sont à peu près égales ; je m'en tiendrai au principe « sola scriptura
». J'ai été personnellement l'objet de prophéties dites au travers du parler en
langue. D'autres que moi l'ont été et quelques-uns peuvent même affirmer que ce
qu'on a dit d'eux était vrai et que les choses se sont passées comme elles ont
été dites. Or, de telles expériences ne peuvent pas être niées. Mais enfin !
s'est écrié un cher ami, j'ai entendu une prophétie en langue qui me concernait
et elle s'est accomplie dans ma vie ! Cet ami était-il sérieux ou voulait-il
plaisanter? Eh bien soit, vous comme moi nous avons entendu cette forme de «
vérité », il y a eu accomplissement donc, le ciel a parlé. En sommes-nous sûr ?
Parce que le ciel a aussi parlé dans la Bible et ce qui y est dit contredit
cette expérience. L'expérience affirme que dans le parler en langue c'est le
ciel qui parle aux hommes tandis que la Bible dit que ce sont les hommes qui
parlent au ciel.1 A qui vais-je donner raison ? A ce que Dieu dit ou à ce que
dit mon expérience ? Job semble avoir connu ce dilemme quand il a dit : « J'ai
fait plier ma volonté à ta Parole. »2
L'expérience ! Mais elle est partout dans la vie et elle ne prouve pas
grand-chose.
Même l'occultisme !
Il arrive à l'horoscope de ne pas se tromper ! Des millions de gens sont
prêts à en témoigner ; ça c'est l'expérience.
Les parois de la chapelle de Notre-Dame de la Garde à Marseille sont
couvertes de plaquettes reconnaissantes attestant des exaucements miraculeux ;
ça c'est l'expérience.
Madame Soleil dit des choses extraordinairement vraies parfois.
Deux voyantes américaines ont prédit l'une l'assassinat de J.F. Kennedy et
l'autre l'attentat contre le président Reagan et ce fut vrai. Les béquilles et
prothèses suspendues dans la grotte de Lourdes accréditent-elles la doctrine
mariale ? Parce que cela aussi c'est de l'expérience.
Le radiesthésiste qui vous indique le lieu d'un objet perdu à des centaines
de kilomètres de là rien qu'en passant son pendule sur une carte Michelin c'est
aussi de l'expérience.
L'expérience n'est-elle pas prouvée quand le même radiesthésiste vous dit,
sans même vous ausculter, le nom de la maladie dont vous souffrez ? Des milliers
de gens y croient et ont recours à ces pratiques parce que la réalité de
l'expérience les empêche de voir le côté occulte et divinatoire de ces choses.
Sola scriptura
Mais, me suis-je récrié tout un temps, c'est dans le domaine des expériences
bibliques et spirituelles que notre recherche de la vérité se situe ! Ta Parole
est la Vérité3 fut la réponse qui me revenait toujours à l'esprit; et en dehors
de la Parole le diable peut nous fournir des expériences à la pelle ; il peut
alors très bien se déguiser en anges de lumière4 et nous dire des vérités. Car
si c'est le Saint-Esprit qui parle là où il y a tant soit peu de vérité, dans
quelle catégorie faut-il classer celle d'Actes 16 où dans la ville européenne de
Philippes une jeune fille douée d'un extraordinaire don de prophétie, se met à
suivre deux hommes qu'elle n'a jamais rencontrés et crie à qui veut l'entendre
que ces hommes sont des serviteurs de Dieu et qu'ils annoncent la Parole du
salut.5 Cela aussi c'est de l'expérience. Mais c'était un démon qui parlait et
Paul lui a fait vider les lieux. Tant que cette jeune fille pouvait dire ces
vérités, elle était dans l'erreur ; ce n'est que quand elle n'a plus pu rien
dire qu'elle a été dans la vérité !
(1) 1 Cor.14 : 2 (3) Jean.17 : 17 (1) Actes.16 : 17
(2) Job.23 : 12 (4) 2 Cor.11 : 14
Pharaon aussi
De l'expérience ! Pharaon en avait tant qu'il en voulait. Ses magiciens
changeaient l'eau en sang, faisaient proliférer les grenouilles et changeaient
des bâtons en serpents.1 C'était vrai, c'était authentique ; vrais aussi
l'expérience et le témoignage de ces femmes en Jérémie 44 : 16 et 17 « ... quand
nous offrions de l'encens à la reine du ciel, nous avions du pain pour nous
rassasier, nous étions heureux et nous n'éprouvions pas de malheur. Et depuis
que nous avons cessé d'offrir de l'encens à la reine du ciel et de lui faire des
libations nous avons manqué de tout et nous avons été consumés par l'épée et par
la famine... » Qui dit mieux ! ?
Qu'est-ce qui détermine qu'une chose est vraie ou fausse ? le témoignage vécu
ou la Parole de Dieu ? Quand Dieu dit que celui qui parlait en langue ne
s'adressait pas aux hommes, que faut-il renier, cette Parole qui le dit ou le
témoignage qui contredit cette Parole ? Entre les « expériences » et la Bible un
choix s'est imposé à moi. Ce choix je l'ai fait. Je me suis rangé du côté de
l'écriture et contre ces pseudo-témoignages. A mes lecteurs de faire leur choix.
- G.F. Rendal dans son "Je parle en langues plus que vous tous"
A ce texte pertinent je me permets la nuance suivante, ce n'est pas parce
qu'une expérience n'a pas de précédent biblique qu'elle est à rejeter pour
autant, le fruit qu'elle porte est aussi un critère à considérer à mon avis, si
cela stimule à la consécration et la sanctification, c'est le fruit du
SAINT-Esprit. Les écritures contiennent toute la doctrine nécessaire à notre foi
Jude 3, mais je ne penserais pas qu'elles contiennent la somme de toutes les
expériences spirituelles pouvant être le fruit de l'Esprit.
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