C'était en plein hiver, et les provisions manquaient. La
réserve de flocons d'avoine nécessaire au porridge quotidien était
épuisée. Elle se mit au lit, confiante que le lendemain il serait
pourvu à sa subsistance. Mais le matin, une tempête de neige faisait
rage au dehors, les chemins se bloquaient, pas moyen de chercher au
secours.
Elle alluma son feu, mit l'eau et le sel dans la casserole....
«Maintenant, se dit-elle, je vais aller demander le reste au Seigneur.»
Elle entra sans sa chambre, se mit à genoux et après avoir remercié
Dieu du soin qu'il avait toujours eu pour elle, elle lui dit combien
elle était démunie.
Pendant qu'elle priait, il lui sembla entendre frapper. Oui,
des coups retentissaient avec toujours plus de vigueur. Elle ouvre et
reconnaît, toute couverte de neige, la fille d'un fermier voisin qui
entre et jette un sac à terre.
«Je ne sais pas ce qui a pris à mon père ce matin, dit-elle,
mais il ne m'a pas laissée tranquille jusqu'à ce que je parte pour vous
apporter ces provisions et...»
Mais soudain elle interrompt son discours et regarde avec
stupeur la vieille croyante qui, sans l'écouter davantage, les mains
jointes, déjà remerciait son Dieu à haute voix.
- La Bonner semence, 5 décembre 2001.