Option :Sortir du frame
Conclusion sur les pensées de Blaise Pascal

Le webmestre : Certains Évangéliques disent : «Peut-il sortir du catholicisme quelque chose de bon?» Je répond à cela: «viens et vois Jésus en formation dans Blaise Pascal»

Comme Paul l'avait fait avec Pierre et comme Luther un siècle avant lui, Pascal avait noté un comportement indigne chez le chef de l'Église, mais au lieu de l'envoyer promener comme Luther, il a plutôt pris la voie de Paul en le reprenant sévèrement sans toutefois aller jusqu'à briser la communion.

Le cheminement de Pascal est bouleversant car il montre comment Dieu s'y est pris pour faire maturer cet être imbu de lui-même en un être centré sur les autres. Cet apprentissage s'est fait par l'expérience de la vanité des jouissances mondaines pour satisfaire les besoins profonds et véritables du coeur, comme chez Salomon, mais aussi et surtout par l'expérience de la souffrance qui, au lieu de le faire se replier encore plus sur lui-même, le fait plutôt se détacher de lui-même et lui fait comprendre, compatir et soulager la misère des autres. Il a plu à Dieu de le briser par la souffrance.

Pascal n'a pas eu d'enfance mais il a connu l'enfance de la nouvelle créature, l'enfance spirituelle qui voit toutes chose sous un nouvel éclairage, à la lumière de l'Esprit, résultat de sa passion pour Jésus il se met à penser et à agir comme Jésus. Au lieu de rechercher la polémique et d'alimenter les divisions et les ressentiments comme il l'avait fait au début, il consacre ses dernières énergies à construire des ponts d'amour avec les plus démunis, il leur manifeste la bonté de Dieu à leur égard en leur distribuant ses biens et il s'associe à eux dans leur souffrance et la sienne.

La leçon à en tirer est grande, la maturité du chrétien se voit dans son détachement de lui-même et dans son dévouement au bien-être de son prochain, Lu.6:40, Ac.20:35, «Occupe-toi plus des autres», non pas dans sa connaissance théologique exceptionnelle comme il avait pensé pour un temps 1Co.8:1.

Pensées - Commentaires

100. Amour-propre

La nature de l'amour-propre et de ce moi humain est de n'aimer que soi et de ne considérer que soi.

Mais que fera-t-il? Il ne saurait empêcher que cet objet qu'il aime ne soit plein de défauts et de misères: il veut être grand, et il se voit petit; il veut être heureux, et il se voit misérable; il veut être parfait, et il se voit plein d'imperfections; il veut être l'objet de l'amour et de l'estime des hommes, et il voit que ses défauts ne méritent que leur aversion et leur mépris.

Cet embarras où il se trouve produit en lui la plus injuste et la plus criminelle passion qu'il soit possible de s'imaginer; car il conçoit une haine mortelle contre cette vérité qui le reprend, et qui le convainc de ses défauts. Il désirerait de l'anéantir, et, ne pouvant la détruire en elle-même, il la détruit, autant qu'il peut, dans sa connaissance et dans celle des autres; c.à.d. qu'il met tout son soin à couvrir ses défauts et aux autres et à soi-même, et qu'il ne peut souffrir qu'on les lui fasse voir, ni qu'on les voie.

C'est sans doute un mal que d'être plein de défauts mais c'est encore un plus grand mal que d'en être plein et de ne les vouloir pas reconnaître, puisque c'est ajouter encore celui d'une illusion volontaire.

Nous ne voulons pas que les autres nous trompent; nous ne trouvons pas juste qu'ils veuillent être estimés de nous plus qu'ils ne méritent; il n'est donc pas juste aussi que nous les trompions et que nous voulions qu'ils nous estiment plus que nous ne méritions. Ainsi, lorsqu'ils ne découvrent que des imperfections et des vices que nous avons en effet, il est visible qu'ils ne nous font point de tort, puisque ce ne sont pas eux qui en sont la cause; et qu'ils nous font un bien, puisqu'ils nous aident à nous délivrer d'un mal, qui est l'ignorance de ces imperfections.

Nous ne devons pas être fâchés qu'ils les connaissent, et qu'ils nous méprisent: étant juste et qu'ils nous connaissent pour ce que nous sommes, et qu'ils nous méprisent, si nous sommes méprisables.

Voilà les sentiments qui naîtraient d'un coeur qui serait plein d'équité et de justice. Que devons-nous donc dire du nôtre, en y voyant une disposition toute contraire?

Car n'est-il pas vrai que nous haïssons la vérité et ceux qui nous la disent, et que nous aimons qu'ils se trompent à notre avantage, et que nous voulons être estimés d'eux autres que nous ne sommes en effet?

Car est-il juste que nous les trompions? Il y a différents degrés dans cette aversion pour la vérité; mais on peut dire qu'elle est dans tous en quelque degré, parce qu'elle est inséparable de l'amour-propre. C'est cette mauvaise délicatesse qui oblige ceux qui sont dans la nécessité de reprendre les autres, de choisir tant de détours et de tempéraments pour éviter de les choquer.

Il faut qu'ils diminuent nos défauts, qu'ils fassent semblant de les excuser, qu'ils y mêlent des louanges et des témoignages d'affection et d'estime. Avec tout cela, la médecine ne laisse pas d'être amère à l'amour-propre. Il en prend le moins qu'il peut, et toujours avec dégoût, et souvent même avec un secret dépit contre ceux qui la lui présentent. Il arrive de là que, si on a quelque intérêt d'être aimé de tous, on s'éloigne de nous rendre un office qu'on sait nous être désagréable; on nous traite comme nous voulons être traités; nous haïssons la vérité, on nous la cache; nous voulons être flattés, on nous flatte, nous aimons à être trompés, on nous trompe.

C'est ce qui fait que chaque degré de bonne fortune qui nous élève dans le monde nous éloigne de la vérité, parce qu'on appréhende plus de blesser ceux dont l'affection est plus utile et l'aversion plus dangereuse.

Un prince sera la fable de toute l'Europe, et lui seul n'en saura rien. Je ne m'en étonne pas: dire la vérité est utile à celui à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent, parce qu'ils se font haïr. Or ceux qui vivent avec les princes aiment mieux leurs intérêts que celui du prince qu'ils servent; et ainsi, ils n'ont garde de lui procurer un avantage en se nuisant à eux-mêmes.

Ce malheur est sans doute plus grand et plus ordinaire dans les grandes fortunes; mais les moindres n'en sont pas exemptes, parce qu'il y a toujours quelque intérêt à se faire aimer des hommes.

Ainsi la vie humaine n'est qu'une illusion perpétuelle; on ne fait que s'entre-tromper et s'entre-flatter.

Personne ne parle en notre présence comme il en parle en notre abscence. L'union qui est entre les hommes n'est fondée que sur cette mutuelle tromperie; et peu d'amitiés subsiteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu'il n'y est pas, quoiqu'il en parle alors sincèrement et sans passion.

L'homme n'est que déguisement, que mensonge et hypocrisie, et en soi-même et à l'égard des autres. Il ne veut pas qu'on lui dise la vérité, il évite de la dire aux autres; et toutes ces dispositions, si éloignées de la justice et de la raison, ont une racine naturelle dans son coeur.

Pascal a bien décrit la vieille nature. Mais Jésus nous appelle à marcher dans la vérité, à ne plus nous mentir les uns aux autres, à nous reprendre afin de délaisser nos fautes et grandir à l'image de Jésus.

Col.3:9 Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses oeuvres Ga1:10 Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ.

Page d'accueil

Page précédente Page suivante