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Pourquoi louer Dieu ?
Que faisons-nous tous sans exception lorsqu'on nous donne ou qu'on nous
montre quelque chose de très beau ou d'excellent ? Nous en faisons l'éloge. Nous
nous extasions devant un nouveau-né : ''Regardez cette belle frimousse ! Et
comme il a de beaux cheveux ! Et ses petites menottes ! Quel charmant bébé !''
Nous ne tarissons pas de compliments non plus à l'égard de l'être aimé qui
revient après une longue absence : '' Tes yeux sont comme un ciel sans nuage !
Ta chevelure ondule comme de la soie !'' Nous nous extasions devant un coucher
de soleil dont les rayons embrasent encore les nuages suspendus au-dessus de
l'océan. Nous félicitons le sportif qui renouvelle un exploit.
C'est en
se débattant avec l'idée que Dieu, non seulement désirait nos louanges, mais
qu'il les exigeait que les réflexions suivantes sont venues à l'esprit de C.S.
Lewis.
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- John Piper
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Mais l'essentiel à propos de la louange, qu'elle concerne Dieu ou
d'autres choses, m'échappait curieusement. Pour moi, cela se résumait à dire des
compliments, à approuver, à rendre honneur. Je n'avais pas encore remarqué que
tout bonheur déborde spontanément en louanges même si parfois, par timidité ou
par crainte d'ennuyer les autres, on se tait. Le monde résonne de louanges :
l'amoureux complimente l'être aimé, le lecteur fait l'éloge de son poète favori,
le promeneur s'extasie devant un paysage, le joueur s'enthousiasme pour son jeu
préféré - on est en admiration devant le temps qu'il fait, les vins, un service
de table, de grands acteurs, de puissants moteurs, des chevaux de course, de
grandes écoles, certains pays, des personnages historiques, des enfants, des
fleurs, des montagnes, des timbres rares, des scarabées, parfois même devant des
hommes politiques ou des savants. Je n'avais jamais remarqué que les esprits les
plus humbles, et en même temps les plus équilibrés et les plus larges étaient
enclins à louer davantage que les esprits maniaques, inadaptés,
mécontents...
Je n'avais pas non plus remarqué que tout en s'exatsiant
devant ce qu'ils estiment, les gens nous encouragent implicitement à nous
associer à leurs louanges: ''N'est-elle pas ravissante ? N'était-ce pas
formidable? Ne pensez-vous pas que c'est sublime? '' En exhortant chacun à louer
Dieu, les psalmistes ne font que ce que tout un chacun fait quand il parle de ce
qui le captive. Ma difficulté à adorer Dieu provenait de mon refus stupide
d'admettre devant Celui qui est estimable par excellence, le plaisir que nous
éprouvons à faire certaines choses, plaisir qui d'ailleurs motive toutes nos
actions.
Je pense que nous prenons plaisir à louer ce qui nous procure
du bonheur, parce que la louange ne se contente pas d'exprimer le plaisir
ressenti, elle le complète ; elle en est la consommation voulue. Ce n'est pas
simplement le besoin de faire des compliments qui pousse des amoureux à se dire
mutuellement combien ils se trouvent beaux ; le plaisir est incomplet tant qu'il
n'est pas exprimé. (Méditation sur les psaumes) Voilà où est la
solution ! Nous nous extasions devant ce qui nous réjouit parce que notre
bonheur n'est pas complet tant qu'il n'est pas exprimé dans la louange. Si nous
n'avions pas le droit de parler de ce que nous apprécions, de célébrer ce que
nous aimons, notre joie ne serait pas complète. Si Dieu nous aime suffisamment
pour que notre coupe déborde de joie, il ne doit pas simplement se donner à
nous, il doit aussi faire surgir la louange de nos coeurs, non pas pour masquer
sa faiblesse ou compenser des déficiences, mais parce qu'il nous aime et qu'il
veut que notre joie soit totale et parfaite ; une telle joie n'est possible que
si nous le connaissons et si nous le louons, lui, l'être le plus maginfique
entre tous.
- John Piper, extrait du livre PRENDRE PLAISIR EN DIEU
P.30-31
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