Échanges sur une liste de discussion
concernant les maladies d'Alzheimer,
de Parkinson et les hallucinations

Voici les réponses d'Esther à trois questions sur la maladie d'Alzheimer et ensuite les commentaires que cela a engendré :

1- Connaissez-vous des chrétiens atteints de cette maladie ?

Je connais 3 personnes que je visitent régulièrement, elles sont de religion catholique,

2- Comment cela se passe-t-il au niveau de leur foi avant que leur capacité intellectuelle se dissipe graduellement ?
Impossible de répondre à cette question pour moi ,car il est difficile de prévoir exactement l'évolution de la maladie, et les symtômes que présenteras un individu, l'ordre dans lequel les symptômes apparaissent, ainsi que la vitesse de la progression de la maladie est unique à chaque individu, la perte de mémoire chez une personne est progressive; selon l'endroit où siège la lésion du tissu cérébral.
3- Comment cela se passe-t-il quand une chrétienne rencontre une personne atteinte de la maladie Alzheimer ou démence sénile de type Alzheimer pour lui apporter de l'aide dans son quotidien et pour lui témoigner l'amour de Dieu ?
Même si la personne atteinte de la maladie Alzeihmer ne comprends pas les mots qu'elle lui dit, la malade sent toujours la façon que le message lui est transmis: les expressions du visage, les attitudes , les gestes sont décodés et font que la personne chrétienne est une amie à accepter ou une ennemie à fuir ou à agresser. La communication non-verbale d'un enfant de Dieu face à une personne atteinte d'Alzheimer représente 80 % du message qu'elle veut lui communiquer. Certes le 20 % verbale ( 7 % la parole, 13% le ton ) est important pour comprendre et raisonner, mais c'est le 80% de non-verbal qui fait la différence et qui fait que le message est écouté et retenu. Si le comportement du corps ne confirme pas la parole, le message est oublié et seul le geste est entendu. Notre comportement doit être l'amour de Dieu manifesté en nous. Nous sommes appelés à aimer, à la manière dont IL nous a aimés. Offrons une présence, un sourire, une main chaleureuse réconfortante, pour les personnes atteintes d 'Alzheimer. L'affectivité siège dans la partie basse du cerveau, région dont l'atteinte est très tardive au cours de l'évolution de la maladie d'Alzheimer. Voici un verset, que j'ai reçu un matin, avant de faire ma visite chez une personne malade, «Puisque vous êtes les enfants que Dieu aime, efforcez-vous d'agir comme lui. Que votre façon de vivre soit inspirée par l'amour, à l'exemple de Christ qui nous a aimés et a donné sa vie pour nous, comme une offrande et un sacrifice d'agréable odeur qui plait à Dieu». Éphésiens 5 :1 Parole vivante

- Esther --- Affection en Christ.


Ma mère est atteinte de la maladie de Parkinson, maladie qui n'est pas sans rappeler les caractéristiques de l'Alzheimer, la démence sénile, l'aphasie motrice et sensorielle.

Elle est chrétienne. Il lui arrive de prier toute seule, elle chante aussi des cantiques. Elle a des absences avec des hallucinations. Mais aussi des crises caractérielles ou il semble qu'elle prend un malin plaisir à embêter les autres.

Beaucoup plus que la parole, c'est la présence à côté du malade qui est importante, avec le non dit.

- Pierre-Antoine


En fait je rejoins Esther dans son excellent mail qui décrit plus notre comportement à nous bien portants qu’aux malades qui restent imprévisibles en raison de cette affreuse maladie.

Le malade dira des choses erronées et souffrira de toutes sortes d’hallucinations. C’est notre façon de réagir face aux comportements embarrassant qui importent.

Mon père qui souffrait de Parkinson souffrait également en fin de vie d’Alzheimer, les deux maladies sont étroitement liées, nous avait dit le neurologue.

Il avait des hallucinations, il voyait des gens dans le jardin, des voitures, une petite fille avec une jambe de cuivre dans le salon, des choses parfois invraisemblables. En raison d’un lit médical dans sa chambre pour sa sécurité, il était persuadé qu’il dormait tous les soirs à l’hôpital. Fallait-il le reprendre ? Je ne le faisais pas, et lui disait de se tranquilliser par rapport à ce qu’il voyait, qu’il ne risquait rien, et je tentais de détourner la conversation. Ma mère n’agissait pas de la même manière et elle voulait absolument lui prouver que ce qu’il voyait était faux, ce qui finissait par lui faire penser qu’il était dément. Ma pauvre maman ne voulait pas reconnaître que son mari était en train de changer à ce point-là, elle désirait qu’il redevienne comme avant et son acharnement à essayer n’était pas la bonne solution.

En fait, j’avais trouvé la solution dans une revue des Témoins de Jéhovah qu’une amie T. J. m’avait prêtée et qui traitait du sujet précis. Tout n’est quand même pas à jeter et je vous livre le texte qui m’a inspiré et aidé au long de ses deux dernières années.

« Pour ce qui est de bien réagir face aux limites du malade, on peut également tirer une leçon de l’attitude de Jésus-Christ.

Jésus ne s’empressait pas de redresser la moindre idée fausse de ses disciples. Au contraire il lui arrivait de ne pas leur livrer certaines explications, qu’ils n’auraient pas saisies (Jean :1 16/12-12-3) si Jésus a compris les limites d’une personne en bonne santé, à combien plus forte raison devrions-nous être disposés à nous adapter aux idées bizarres mais inoffensives d’un adulte gravement malade ! Ce peut être attendre ou exiger trop du malade que de vouloir lui faire comprendre ce qu’il en est réellement. Au lieu de vous disputer avec lui pourquoi ne pas rester calme et changer adroitement de sujet ? Philippiens 4/5.

Quand le malade a des hallucinations, il est parfois plus charitable de faire comme si ce qu’il voit était réel que de vouloir le convaincre du contraire. Par exemple, il peut être perturbé par la vision d’un animal sauvage ou d’un intrus caché derrière le rideau. Ce n’est pas le moment de chercher à raisonner avec lui. Comprenez que ce qu’il « voit » est réel à ses yeux ; et que sa peur tout aussi réelle, doit être dissipée. Regardez derrière le rideau, et dites-lui que, s’il aperçoit de nouveau l’intrus, il vous le signale pour que vous puissiez l’aider. En allant dans le sens du malade, expliquent les professeurs Oliver et Bock dans leur livre « Maladie d’Alzheimer : pour aider sans s’épuiser », vous lui donnez « un sentiment de maîtrise sur les images d’épouvante que crée son cerveau. Il sait qu’il peut compter sur vous. » »

Affection en Christ

Christine


J'ai aucune expérience en se qui concerne la maladie, mais je connais très bien le monde des hallucinations.

Cela me ramène vieux en arrière où l'on consommait les hallucinogènes à outrance. Le LSD, la Spylo, l'Opium, la Mescaline, le Payot, le magic Maschrum et la pire la Datura. Au Mexique la Datura est sacrée, elle s'appelle la boisson des Dieu, et c'est spécialement les Sorciers Maya qui la consomme pour entrer en transe.

En règle générale les gens ont des hallucinations qu'ils arrivent à gérer et là on parle de bon trip.

Mais des fois ça tourne au cauchemar et les gens préfèrent le suicide plutôt que de vivre ces angoisses, et les hallucinations peuvent durer des semaines là on parle de rester croche sur un mauvais trip.

Dans ces moments si on essaie de raisonner la personne en essayant de lui prouver que ces visions sont irréelles, la personne panique deux fois plus et se referme de plus dans sa folie.

Mais par contre si on rentre dans le jeux de la personne et que l'on accepte ces hallus comme réelles, la personne se détend et ne se sent plus tout seul dans son monde, et là on peut devenir une vraie aide pour la personne et éviter une issue fatale

Là on est dans des cas extrêmes d'hallucination, mais je pense que pour la personne malade le principe doit être le même. Ça doit être sécurisant pour elle de savoir qu'elle n'est pas toute seule dans ces moments et qu'une personne extérieure la comprenne plus que d'essayer de prouver que cela n'existe pas.

Donc moi je pense que tu as entièrement raison Christine et que c'est la bonne solution d'aller dans le sens du malade.

Que le Seigneur vous donne sa paix qui elle est réelle et qui surpasse toute intelligence....

- Jean-Da


Cette maladie semble assez courante. Ma grand-mère avait été atteinte d'Alzheimer il y a une vingtaine d'années avant de mourir, vous avoir lu à cette époque m'aurait aidé à savoir comment communiquer avec elle, je ne savais vraiment pas comment le faire. Maintenant grâce à vous si la situation se représente je serai moins dépourvu.

Se pourrait-il que ceux qui gardent leur pensée très active pourraient retarder la maladie d'Alzheimer? De grands savants ont travaillé très tard dans leur vie. Les juifs bougent constamment quand ils prient, ils encouragent beaucoup les études et la réflexion aussi. Je me demande si cela aurait une incidence aussi pour prévenir la sénilité.

Je pense aussi à des hommes comme John Wesley qui a prêché jusqu'à 88 ans ou à un frère avec un coeur de prière dans notre église qui est resté bien lucide jusqu'à sa mort à 97 ans. Et il y a aussi Maurice Ray qui est venu enseigner au début d'avril 2001 à Dunham tout près de chez moi, il a 86 ans.

- Yvan


Oui sans nul doute Yvan. L’activité cérébrale et je dirai même spirituelle retarde les effets du vieillissement, telle une crème anti-ride. ;-))

Et j’opterai même pour l’activité spirituelle cérébrale ;-) qui est un antidote réellement puissant. La lecture de la Bible est un bon moyen de s’enrichir spirituellement, intelligemment et même émotionnellement. La prière l’est tout autant sinon plus. La prière fait marcher l’imagination, il ne suffit pas de marmonner quelques mots sans grande profondeur mais de se projeter près du Père, tout près, pour Lui parler. Et pour ceux qui ont des malades dans leur entourage, particulièrement ceux qui souffrent de maux neurologiques qui les privent parfois de leur raison, n’oubliez pas le contact physique qui reste important une main sur l’épaule, un geste empreint de chaleur et d’affection aidera le malade à rester en prise sur le monde extérieur. Prenez garde lors de ses « absences » à ce que vous dites en sa présence, il se peut qu’il ne soit jamais très loin malgré tout.

Et pour les moments de lucidité, il reste le moyen de l’amener doucement vers le Seigneur. Même pour le plus récalcitrant des hommes, la maladie rapproche des choses spirituelles, n’en doutez jamais. Parlez-lui de Dieu, doucement, pas question de faire une étude biblique, mais d’amour, et même de la mort sans parler de la sienne, parlez de la vôtre. Ne soyez pas gêné face au sujet abordez-le avec calme et sérénité.

À mon sens tout malade est en recherche d’une libération, même s’il ne le fait pas voir.

Affection en Christ

Christine


Il se trouve que des hommes à l'activité cérébrale intense ont été atteint de ces maladies.
Des savants inconvertis et des hommes de Dieu pareillement.

Je crois qu'il ne faut pas confondre effets du viellissement et destruction des cellules du cerveau.

L'activité intellectuelle retarde l'effet du vieillissement, elle ne prémunit pas de l'apparition de la maladie.

Des hommes de Dieu remarquables sont morts atteint dans la force de l'âge de maladies graves.

La sclérose en plaque frappe aussi des enfants de Dieu.

Cordialement en Christ.

- Pierre-Antoine Eldin










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