1, 1. Nous vous écrivons, frères, au sujet des martyrs
et du bienheureux Polycarpe, qui, par son martyre, a pour ainsi dire mis
le
sceau à la persécution en la faisant cesser. Presque
tous les événements antérieurs sont arrivés
pour que le Seigneur nous montre
encore une fois un martyre conforme à l'Évangile. 2.
Comme le Seigneur, en effet, Polycarpe a attendu d'être livré,
pour que nous
aussi nous soyons ses imitateurs, sans regarder seulement à
notre intérêt, mais aussi à celui du prochain (cf.
Ph 2, 4). Car c'est le
fait d'une charité vraie et solide que de ne pas chercher seulement
à se sauver soi-même, mais aussi à sauver tous les
frères.
II, 1. Bienheureux donc et généreux tous ces martyres
qui sont arrivés selon la volonté de Dieu. Car il nous faut
être assez pieux
pour attribuer à Dieu la puissance sur toutes choses. 2. Qui
n'admirerait la générosité de ces héros, leur
patience, leur amour pour
le Maître ? Déchirés par les fouets, au point qu'on
pouvait voir la constitution de leur chair jusqu'aux veines et aux artères
intérieures, ils demeuraient fermes si bien que les spectateurs
eux-mêmes en gémissaient de compassion. Ils en vinrent à
un tel
degré de courage que pas un d'entre eux ne dit un mot ni ne
poussa un soupir. Ils nous montrèrent à tous que dans leurs
tortures
les généreux martyrs du Christ n'étaient plus
dans leur corps, ou plutôt que le Seigneur était là
qui s'entretenait avec eux. 3.
Attentif à la grâce du Christ, ils méprisaient
les tortures de ce monde, et en une heure ils achetaient la vie éternelle.
Le feu même
des bourreaux inhumains était froid pour eux, car ils avaient
devant les yeux la pensée d'échapper au feu éternel
qui ne s'éteint
pas, et des yeux de leur coeur ils regardaient les biens réservés
à la patience, biens que l'oreille n'a pas entendus, que l'oeil
n'a pas
vus, auxquels le coeur de l'homme n'a pas songé (1 Co 2, 9 ;
cf. Is 64, 3), mais que le Seigneur leur a montrés, à eux
qui n'étaient
plus des hommes, mais déjà des anges. 4. De même
ceux qui avaient été condamnés aux bêtes enduraient
te terribles supplices ;
on les étendit sur des coquillages piquants, et on leur fit
subir toutes sortes de tourments variés pour les amener à
renier, si
possible, par ce supplice prolongé.
III, 1. Le diable machinait contre eux toutes sortes de supplices, mais
grâce à Dieu, il ne put l'emporter contre aucun d'entre eux.
Le généreux Germanicus fortifiait leur timidité
par sa constance ; il fut admirable dans la lutte contre les bêtes
; le proconsul voulait
le fléchir et lui disait d'avoir pitié de sa jeunesse
; mais il attira sur lui la bête en lui faisant violence, voulant
être plus vite délivré de
cette vie injuste et inique. 2. Alors toute la foule, étonnée
devant le courage de la sainte et pieuse race des chrétiens, s'écria
: " A
bas les athées ; faites venir Polycarpe. "
IV. Mais l'un d'entre eux, nommé Quintus, un Phrygien récemment
arrivé de Phrygie, fut pris de peur à la vue des bêtes.
C'est lui
qui avait entraîné quelques frères à se
présenter spontanément avec lui devant le juge. Le proconsul,
par ses prières instantes,
réussit à le persuader de jurer et de sacrifier. C'est
pourquoi, frères, nous ne louons pas ceux qui se présentent
d'eux-mêmes,
puisque ce n'est pas l'enseignement de l'Évangile.
V, 1. Quant à l'admirable Polycarpe, tout d'abord il ne se troubla
pas à ces nouvelles, mais il voulait rester en ville ; mais la plupart
cherchaient à le persuader de s'éloigner secrètement.
Il se retira donc dans une petite propriété située
non loin de la ville, avec un
petit nombre de compagnons ; nuit et jour il ne faisait que prier
pour tous les hommes et pour les Églises du monde entier,
comme c'était son habitude. 2. Et étant en prière,
il eut une vision, trois jours avant d'être arrêté :
il vit son oreiller entièrement
brûlé par le feu ; et se tournant vers ses compagnons
il leur dit : " Je dois être brûlé vif. "
VI, 1. Comme on continuait à le chercher, il passa dans une autre
propriété, et aussitôt arrivèrent ceux qui le
cherchaient. Ne le
trouvant pas, ils arrêtèrent deux petits esclaves, et
l'un d'eux, mis à la torture, avoua. 2. Il lui était donc
impossible d'échapper,
puisque ceux qui le livraient étaient dans sa maison ; et l'irénarque,
qui avait reçu le même nom qu'Hérode, était
pressé de le
conduire au stade ; ainsi lui, il accomplirait sa destinée,
en entrant en communion avec le Christ, tandis que ceux qui l'avaient livré
recevraient le châtiment de Judas lui-même.
VII, 1. Prenant avec eux l'esclave,--c'était un vendredi vers
l'heure du souper--, les policiers et les cavaliers, armés comme
à
l'ordinaire, partirent comme pour courir " après un bandit "
(cf. Mt 26, 55). Et tard, dans la soirée, survenant tous ensemble,
ils le
trouvèrent couché dans une petite chambre à l'étage
supérieur. Il pouvait encore s'en aller dans une autre propriété,
mais il ne le
voulut pas et dit : " Que la volonté de Dieu soit faite. " 2.
Apprenant donc que les agents étaient là, il descendit et
causa avec eux ;
ils s'étonnaient de son âge et de son calme, et de toute
la peine qu'on prenait pour arrêter un homme aussi âgé.
Aussitôt, à l'heure
qu'il était, il leur fit servir à manger et à
boire autant qu'ils voulaient ; il leur demanda seulement de lui
donner une heure pour
prier à son gré. 3. Ils le lui accordèrent, et
debout, il se mit à prier, rempli de la grâce de Dieu au point
que deux heures durant il
ne put s'arrêter de parler, et que ceux qui l'entendaient en
étaient étonnés et que beaucoup se repentirent d'être
venus arrêter un si
saint vieillard.
VIII, 1. Quant enfin, il cessa sa prière, dans laquelle il avait
rappelé tous ceux qu'il avait jamais rencontrés, petits et
grands,
illustres ou obscurs, et toute l'Église catholique répandue
par toute la terre, l'heure étant venue de partir, on le fit monter
sur un
âne, et on l'emmena vers la ville ; c'était jour de grand
sabbat. 2. L'irénarque Hérode et son père Nicétès
vinrent au-devant de lui,
et le firent monter dans leur voiture ; assis à côté
de lui, ils essayaient de le persuader en disant : " Quel mal y a-t-il
à dire : César
est Seigneur, à sacrifier, et tout le reste, pour sauver sa
vie ? " Lui, d'abord, ne répondit pas, et, comme ils insistaient,
il dit : " Je
ne ferai pas ce que vous me conseillez. " 3. Alors, ne réussissant
pas à le persuader, ils lui dirent toutes sortes d'injures, et il
le
firent descendre de la voiture si précipitamment qu'il se déchira
le devant de la jambe. Sans se retourner, et comme si rien ne lui
était arrivé, il marchait allègrement ; il allait
vers le stade, et il y avait un tel tumulte dans le stade que personne
ne pouvait s'y faire
entendre.
IX, 1. Quand Polycarpe entra dans le stade, une voix du ciel se fit
entendre : " Courage, Polycarpe, et sois un homme. " Personne
ne vit celui qui parlait, mais la voix, ceux des nôtres qui étaient
là l'entendirent.
Enfin, on le fit entrer, et le tumulte fut grand quant le public apprit
que Polycarpe était arrêté. 2. Le proconsul se le fit
amener et lui
demanda si c'était lui Polycarpe. Il répondit que oui,
et le proconsul cherchait à le faire renier en lui disant : " Respecte
ton grand
âge " et tout le reste qu'on a coutume de dire en pareil cas
; " Jure par la fortune de César, change d'avis, dis : A bas les
athées. "
Mais Polycarpe regarda d'un oeil sévère toute cette foule
de païens impies dans le stade, et fit un geste de la main contre
elle, puis
soupirant et levant les yeux, il dit : " A bas les athées. "
3. Le proconsul insistait et disait : " Jure, et je te laisse aller, maudis
le
Christ " ; Polycarpe répondit : " Il y a quatre-vingt six ans
que je le sers, et il ne m'a fait aucun mal ; comment pourrais-je
blasphémer mon roi qui m'a sauvé ? "
X, 1. Et comme il insistait encore et disait : " Jure par la fortune
de César ", Polycarpe répondit : " Si tu t'imagines que je
vais jurer
par la fortune de César, comme tu dis, et si tu fais semblant
de ne pas savoir qui je suis, écoute je te le dis franchement
: Je suis
chrétien. Et si tu veux apprendre de moi la doctrine du christianisme,
donne-moi un jour, et écoute-moi. " 2. Le proconsul
répondit : " Persuade cela au peuple. " Polycarpe reprit : "
Avec toi, je veux bien discuter ; nous avons appris en effet à donner
aux autorités et aux puissances établies par Dieu le
respect convenable, si cela ne nous fait pas tort. Mais ceux-là,
je ne les estime
pas si dignes que je me défende devant eux. "
XI, 1. Le proconsul dit : " J'ai des bêtes, et je te livrerai
à elles si tu ne changes pas d'avis. " Il dit : " Appelle-les, il
est impossible
pour nous de changer d'avis pour passer du mieux au pire, mais il est
bon de changer pour passer du mal à la justice. " 2. Le
proconsul lui répondit : Je te ferai brûler par le feu
puisque tu méprises les bêtes, si tu ne changes pas d'avis.
" Polycarpe lui dit :
" Tu me menaces d'un feu qui brûle un moment et peu de temps
après s'éteint ; car tu ignores le feu du jugement à
venir et du
supplice éternel réservé aux impies. Mais pourquoi
tarder ? Va, fais ce que tu veux. "
XII, 1. Voilà ce qu'il disait et beaucoup d'autres choses encore
; il était tout plein de force et de joie et son visage se remplissait
de grâce. Non seulement il n'avait pas été abattu
ni troublé par tout ce qu'on lui disait, mais c'était au
contraire le proconsul qui
était stupéfait ; il envoya son héraut au milieu
du stade proclamer trois fois : " Polycarpe s'est déclaré
chrétien. " 2. A ces paroles
du héraut, toute la foule des païens et des Juifs, établis
à Smyrne, avec un déchaînement de colère, se
mit à pousser de grands cris
: " Voilà le docteur de l'Asie, le père des chrétiens,
le destructeur de nos dieux ; c'est lui qui enseigne tant de gens à
ne pas
sacrifier et à ne pas adorer. " En disant cela, ils poussaient
des cris et demandaient à l'asiarque Philippe de lâcher un
lion sur
Polycarpe. Celui-ci répondit qu'il n'en avait pas le droit,
puisque les combats de bêtes étaient terminés. 3. Alors
il leur vint à
l'esprit de crier tous ensemble : " Que Polycarpe soit brûlé
vif ! " Il fallait que s'accomplît la vision qui lui avait été
montrée :
pendant sa prière, voyant son oreiller en feu, il avait dit
d'un ton prophétique aux fidèles qui étaient avec
lui : " Je dois être brûlé
vif " (V, 2).
XIII, 1. Alors les choses allèrent très vite, en moins
de temps qu'il n'en fallait pour les dire : sur-le-champ la foule alla
ramasser
dans les ateliers et dans les bains du bois et des fagots,--les Juifs
surtout y mettaient de l'ardeur, selon leur habitude. 2. Quand le
bûcher fut prêt, il déposa lui-même tous ses
vêtements et détacha sa ceinture, puis il voulut se déchausser
lui-même : il ne le faisait
pas auparavant, parce que toujours les fidèles s'empressaient
à qui le premier toucherait son corps : même avant son martyre,
il
était toujours entouré de respect à cause de la
sainteté de sa vie. 3. Aussitôt donc, on plaça autour
de lui les matériaux préparés
pour le bûcher ; comme on allait l'y clouer, il dit : " Laissez-moi
ainsi : celui qui me donne la force de supporter le feu, me donnera
aussi, même sans la protection de vos clous, de rester immobile
sur le bûcher. "
XIV, 1. On ne le cloua donc pas, mais on l'attacha. Les mains derrière
le dos et attaché, il paraissait comme un bélier de choix
pris d'un grand troupeau pour le sacrifice, un holocauste agréable
préparé pour Dieu.
Levant les yeux au ciel, il dit : " Seigneur, Dieu tout-puissant, Père
de ton enfant bien-aimé, Jésus-Christ, par qui nous avons
reçu
la connaissance de ton nom, Dieu des anges, des puissances, de toute
la création, et de toute la race des justes qui vivent en ta
présence, 2. je te bénis pour m'avoir jugé digne
de ce jour et de cette heure, de prendre part au nombre de tes martyrs,
au calice
de ton Christ, pour la résurrection de la vie éternelle
de l'âme et du corps, dans l'incorruptibilité de l'Esprit-Saint.
Avec eux,
puissé-je être admis aujourd'hui en ta présence
comme un sacrifice gras et agréable, comme tu l'avais préparé
et manifesté
d'avance, comme tu l'as réalisé, Dieu sans mensonge et
véritable. 3. Et c'est pourquoi pour toutes choses je te loue, je
te bénis, je
te glorifie, par le grand prêtre éternel et céleste
Jésus-Christ, ton enfant bien-aimé, par qui soit la gloire
à toi avec lui et
l'Esprit-Saint maintenant et dans les siècles à venir.
XV, 1. Quand il eut fait monter cet Amen et achevé sa prière,
les hommes du feu allumèrent le feu. Une grande flamme brilla, et
nous vîmes une merveille, nous à qui il fut donné
de le voir, et qui avions été gardés pour annoncer
aux autres ces événements. 2.
Le feu présenta la forme d'une voûte, comme la voile d'un
vaisseau gonflée par le vent, qui entourait comme d'un rempart le
corps
du martyr ; il était au milieu, non comme une chair qui brûle,
mais comme un pain qui cuit, ou comme de l'or ou de l'argent brillant
dans la fournaise. Et nous sentions un parfum pareil à une bouffée
d'encens ou à quelque autre précieux aromate.
XVI, 1. A la fin, voyant que le feu ne pouvait consumer son corps, les
impies ordonnèrent au confector d'aller le percer de son
poignard. Quand il le fit, jaillit une quantité de sang qui
éteignit le feu, et toute la foule s'étonna de voir une telle
différence entre les
incroyants et les élus. 2. Parmi ceux-ci fut l'admirable martyr
de Polycarpe qui fut, en nos jours, un maître apostolique et
prophétique, l'évêque de l'Église catholique
de Smyrne ; toute parole qui est sortie de sa bouche s'est accomplie ou
s'accomplira.
XVII, 1. Mais l'envieux, le jaloux, le mauvais, l'adversaire de la race
des justes, voyant la grandeur de son témoignage et sa vie
irréprochable dès le début, le voyant couronné
de la couronne d'immortalité, et emportant une récompense
incontestée, essaya de
nous empêcher d'enlever son corps, bien que beaucoup d'entre
nous voulussent le faire pour posséder sa sainte chair. 2. Il
suggéra donc à Nicétès, le père
d'Hérode, le frère d'Akè, d'aller trouver le magistrat
pour qu'il ne nous livre pas le corps : " Pour
qu'ils n'aillent pas, dit-il, abandonner le crucifié et se mettre
à rendre un culte à celui-ci. " Il disait cela à la
suggestion insistante des
Juifs, qui nous avaient surveillés quand nous voulions retirer
le corps du feu. Ils ignoraient que nous ne pourrons jamais ni
abandonner le Christ qui a souffert pour le salut de tous ceux qui
sont sauvés dans le monde, lui l'innocent pour les pécheurs,--ni
rendre un culte à un autre. 3. Car lui, nous l'adorons, parce
qu'il est le fils de Dieu; quant aux martyrs, nous les aimons comme
disciples et imitateurs du Seigneur, et c'est juste, à cause
de leur dévotion incomparable envers leur roi et maître ;
puissions-nous,
nous aussi, être leurs compagnons et leurs condisciples.
XVIII, 1. Le centurion, voyant la querelle suscitée par les Juifs,
exposa le corps au milieu et le fit brûler comme c'était l'usage.
2.
Ainsi, nous pûmes plus tard recueillir ses ossements plus précieux
que des pierres de grand prix et plus précieux que l'or, pour les
déposer en un lieu convenable. 3. C'est là, autant que
possible que le Seigneur nous donnera de nous réunir dans l'allégresse
et la
joie, pour célébrer l'anniversaire de son martyre, de
sa naissance, en mémoire de ceux qui ont combattu avant nous, et
pour
exercer et préparer ceux qui doivent combattre à l'avenir.
XIX, 1. Telle fut l'histoire du bienheureux Polycarpe, qui fut, avec
les frères de Philadelphie, le douzième à souffrir
le martyre à
Smyrne ; mais de lui seul on garde le souvenir plus que des autres,
au point que partout les païens eux-mêmes parlent de lui. Il
fut
non seulement un docteur célèbre, mais aussi un martyr
éminent, dont tous désirent imiter le martyre conforme à
l'Évangile du
Christ. 2. Par sa patience, il a triomphé du magistrat inique,
et ainsi il a remporté la couronne de l'immortalité ; avec
les Apôtres et
tous les justes, dans l'allégresse, il glorifie Dieu, le Père
tout-puissant, et bénit notre Seigneur Jésus-Christ, le sauveur
de nos âmes
et le pilote de nos corps, le berger de l'Église universelle
par toute la terre.
XX, 1. Vous aviez désiré être informés avec
plus de détail sur ces événements ; pour l'instant,
nous vous en avons donné un récit
sommaire par notre frère Marcion. Quand vous aurez pris connaissance
de cette lettre, transmettez-la aux frères qui sont plus loin
pour qu'eux aussi glorifient le Seigneur qui fait son choix parmi ses
serviteurs.
2. A celui qui, par sa grâce et par son don, peut nous introduire
tous dans son royaume éternel par son fils unique Jésus-Christ,
à
lui la gloire, l'honneur, la puissance, la grandeur dans les siècles
(cf. 1 Tm 6, 16 ; 1 P. 4, 11 ; Jude 25 ; Ap 1,16; 5,13 ; etc.).
Saluez tous les saints (cf. Rm 16, 15; Hé 13, 24; etc.)
Ceux qui sont avec nous vous saluent, et aussi Erariste qui a écrit
cette lettre, avec toute sa famille.
XXI. Le bienheureux Polycarpe a rendu témoignage au début
du mois de Xanthique, le deuxième jour, le septième jour
avant les
calendes de mars, un jour de grand sabbat, à la huitième
heure. Il avait été arrêté par Hérode,
sous le pontificat de Philippe de
Tralles, et le proconsulat de Statius Quadratus, mais sous le règne
éternel de notre Seigneur Jésus-Christ ; à lui soit
la gloire,
l'honneur, la grandeur, le trône éternel de génération
en génération. Amen.
Appendice. XXII, 1. Nous vous souhaitons bonne santé, frères,
marchez selon l'Évangile, dans la parole de Jésus-Christ
; avec
lui, gloire à Dieu le Père et au Saint-Esprit, pour le
salut des saints élus. C'est ainsi que témoigna le bienheureux
Polycarpe ;
puissions-nous marcher sur ses traces, et être trouvés
avec lui dans le royaume de Dieu.
2. Gaïus a transcrit cette lettre sur le manuscrit d'Irénée,
disciple de Polycarpe ; Gaïus a vécu avec Irénée.
Et moi, Socrate, je l'ai
copiée d'après la copie de Gaïus. La grâce
soit avec tous.
3. Et moi, à mon tour, Pionius, je l'ai copiée sur l'exemplaire
ci-dessus ; je l'ai recherché, après que le bienheureux Polycarpe
me
l'eût montré dans une révélation, comme
je le raconterai par la suite. J'ai rassemblé les fragments presque
détruits par le temps ;
que le Seigneur Jésus-Christ me rassemble aussi avec ses élus
dans le royaume du ciel ; à lui la gloire avec le Père et
le
Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Amen.
Appendice du manuscrit de Moscou. 1. Gaïus a copié ceci
dans les écrits d'Irénée ; il avait vécu avec
Irénée, qui fut disciple de
saint Polycarpe. 2. Cet Irénée, qui était à
Rome à l'époque du martyre de l'évêque Polycarpe,
instruisit beaucoup de personnes.
On a de lui beaucoup d'écrits très beaux et très
orthodoxes ; il y fait mention de Polycarpe, disant qu'il avait été
son disciple ; il
réfuta vigoureusement toutes les hérésies et nous
transmet la règle ecclésiastique et catholique, telle qu'il
l'avait reçue du saint. 3. Il
dit aussi ceci : Marcion, d'où viennent ceux qu'on appelle les
marcionites, ayant un jour rencontré saint Polycarpe, lui dit :
" Reconnais-nous, Polycarpe. " Mais lui dit à Marcion : " Je
reconnais, je reconnais le premier-né de Satan. " 4. On lit aussi
ceci
dans les écrits d'Irénée : Au jour et à
l'heure où Polycarpe souffrit le martyre à Smyrne, Irénée
se trouvant à Rome entendit une
voix pareille à une trompette qui disait : Polycarpe a été
martyrisé.
5. Comme on l'a dit, c'est donc dans les écrits d'Irénée
que Gaïus a copié ceci, et Isocrate à Corinthe l'a transcrit
sur la copie de
Gaïus. Et moi, Pionius, à mon tour je l'ai copié
sur l'exemplaire d'Isocrate, que j'avais recherché d'après
une révélation de saint
Polycarpe. J'en ai rassemblé les fragments presque détruits
par le temps. Que le Seigneur Jésus-Christ me rassemble aussi avec
ses élus dans la gloire du ciel ; à lui la gloire avec
le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles.
Amen.