iv>
 
   
 
Les écrits des Pères Apostoliques - Extraits de «Contre les hérésies» - Irénée de Lyon
P.28 Pr.2 Nous ne voulons pas que certains soient emportés par ces ravisseurs comme des brebis par des loups, trompés qu'ils sont par les peaux de brebis dont ils se couvrent, eux dont le Seigneur nous a commandé de nous garder, eux qui parlent comme nous, mais pensent autrement que nous. C'est pourquoi après avoir lu les commentaires des disciples de Valentin, après avoir rencontré certains d'entre eux et avoir pénétré à fond leur doctrine, nous avons jugé nécessaire de te manifester, cher ami, leurs prodigieux et profonds mystères, que «tous ne comprennent pas» Mt.19:11 parce que tous n'ont pas craché leur cerveau.

Première partie

Exposé de la doctrine de Ptolémée

P.39 I.3.6 Ils retiennent captifs loin de la vérité ceux qui ne gardent pas solidement leur foi en un seul Dieu Père tout-puissant et un seul Jésus-Christ, Fils de Dieu

P.48 I.6.2. Comme l'or, déposé dans la fange, ne perd pas son éclat mais garde sa nature, la fange étant incapable de nuire en rien à l'or, ainsi eux-mêmes, disent-ils, quelles que soient les oeuvrent hyliques (terrestres; ulh: matière) où ils se trouvent mêlés, n'en éprouvent aucun dommage et ne perdent pas leur substance pneumatique.

P.49 I.6.3. Les plus «parfaits» d'entre eux commettent impudemment toutes les actions défendues, celles dont les Écritures affirment que «ceux qui les font ne posséderont point l'héritage du royaume de Dieu» Ga.5:21. Les uns ont secrètement commerce avec les femmes qu'ils endoctrinent, comme l'ont fréquemment avoué, avec leurs autres erreurs, des femmes séduites par certains d'entre eux et revenues ensuite à l'Église de Dieu. D'autres, procédant ouvertement ont arraché à leurs maris pour se les unir en mariage, les femmes dont ils s'étaient épris.

P.49 I.6.4. Et ils commettent beaucoup d'autres infamies et impiétés, nous, qui par crainte de Dieu nous gardons de pécher même en pensée ou en parole, nous nous voyons traiter par eux de gens simples et qui ne savent rien, cependant qu'ils s'exaltent eux-mêmes au delà de toute mesure, se décernant les titres de «parfaits» et de «semence d'élection».

P.60 I.9.2. La fausseté de leur exégèse saute donc aux yeux. En fait, Jean proclame un seul Dieu tout-puissant et un seul Fils unique, le Christ Jésus, par l'entremise de qui tout a été fait; c'est lui le Verbe de Dieu, lui le Fils Unique, lui l'Auteur de toutes choses, lui la vraie Lumière éclairant tout homme.

P.61 I.9.3. Apprenez donc, insensés, que Jésus, qui a souffert pour nous 1Pi.2:21, qui a habité parmi nous Jn.1:14, ce Jésus même est le Verbe de Dieu,... le Fils unique du Dieu unique

P.63 I.9.4. Ainsi en va-t-il de celui qui garde en soi, sans l'infléchir, la règle de vérité qu'il a reçue par son baptême: il pourra reconnaître les noms, les phrases et les paraboles provenant des Écritures, il ne reconnaîtra pas le système blasphématoire inventé par ces gens-là. Il reconnaîtra les pierres de la mosaïque, mais il ne prendra pas la silhouette du renard pour le portait du Roi. En replaçant chacune des paroles dans son contexte et en l'ajustant au corps de la vérité, il mettra à nu leur fiction et en démontra l'inconsistance.

La règle de la vérité apparaît comme un bref énoncé où s'exprime l'essentiel de la foi de l'Église.

Deuxième partie

Unité de la foi de l'Église et variations des systèmes hérétiques

1. Unité de la foi de l'Église

Les données de la foi

P.66 I.10.2 Si les langues diffèrent à travers le monde, le contenu de la Tradition est un et identique. De même que le soleil, cette créature de Dieu, est un et identique dans le monde entier, de même cette lumière qui est la prédication de la vérité brille partout et illumine tous les hommes qui veulent parvenir à la connaissance de la vérité.

I 20:2 De même la parole: Souvent ont-ils désiré entendre une seule de ces paroles, mais ils n'ont pas eu personne qui la leur dise.

I.21:2 La rédemption, selon les gnostiques, fait descendre dans les profondeurs de l'abîme.  

II 19:8 Il n'est pas nécessaire de boire la mer toute entière pour savoir si l'eau est salée.

 II 22:4 0-50 ans l'âge parfait d'un maître. No.4:3     Au surplus, s'il n'avait que trente ans lorsqu'il vint au baptême, il avait l'âge parfait d'un maître lorsque, par la suite, il vint à Jérusalem, de telle sorte qu'il pouvait à bon droit s'entendre appeler maître par tous : car il n'était pas autre chose que ce qu'il paraissait, comme le disent les docètes, mais, ce qu'il était, il le paraissait aussi. Étant donc maître, il avait aussi l'âge d'un maître. Il n'a ni rejeté ni dépassé l'humaine condition et n'a pas aboli en sa personne la loi du genre humain, mais il a sanctifié tous les âges par la ressemblance que nous avons avec lui. C'est, en effet, tous les hommes qu'il est venu sauver par lui-même —, tous les hommes, dis-je, qui par lui renaissent en Dieu : nouveau-nés, enfants, adolescents, jeunes hommes, hommes d'âge. C'est pourquoi il est passé par tous les âges de la vie : en se faisant nouveau-né parmi les nouveau-nés, il a sanctifié les nouveau-nés; en se faisant enfant parmi les enfants, il a sanctifié ceux qui ont cet âge et est devenu en même temps pour eux un modèle de piété, de justice et de soumission; en se faisant jeune homme parmi les jeunes hommes, il est devenu un modèle pour les jeunes hommes et les a sanctifiés pour le Seigneur. C'est de cette même manière qu'il s'est fait aussi homme d'âge parmi les hommes d'âge, afin d'être en tout point le Maître parfait, non seulement quant à l'exposé de la vérité, mais aussi quant à l'âge, sanctifiant en même temps les hommes d'âge et devenant un modèle pour eux aussi. Finalement il est descendu jusque dans la mort, pour être le Premier-né d'entre les morts, celui qui a la primauté en tout l'Initiateur de la vie, antérieur à tous les hommes et les précédant tous.

Mais les hérétiques, pour pouvoir étayer leur fiction à l'aide de la parole de l'Ecriture : «... publier une année de grâce du Seigneur », disent qu'il a prêché pendant une seule année et qu'il a souffert sa Passion au douzième mois. Ce faisant, à l'encontre de leur propre doctrine et sans même s'en rendre compte, ils réduisent à néant toute l'œuvre du Seigneur et enlèvent à celui-ci la période la plus nécessaire et la plus honorable de sa vie, je veux dire celle de l'âge avancé, pendant laquelle il a été le guide de tous par son enseignement. Car comment aurait-il eu des disciples, s'il n'avait pas enseigné? Et comment aurait-il pu enseigner s'il n'avait pas eu l'âge d'un maître ? Quand il vint au baptême, il n'avait point encore accompli sa trentième année, mais était au début de celle-ci. Luc indique en effet l'âge du Seigneur en ces termes : « Jésus commençait sa trentième année », lorsqu'il vint au baptême. S'il a prêché pendant une seule année à partir de son baptême, il a souffert sa Passion à trente ans accomplis, alors qu'il était encore un homme jeune et n'avait point encore atteint un âge avancé. Car, tout le monde en conviendra, l'âge de trente ans est celui d'un homme encore jeune, et cette jeunesse s'étend jusqu'à la quarantième année : ce n'est qu'à partir de la quarantième, voire de la cinquantième année qu'on descend vers la vieillesse. C'est précisément cet âge-là qu'avait notre Seigneur lorsqu'il enseigna : l'Evangile l'atteste, et tous les presbytres d'Asie qui ont été en relations avec Jean, le disciple du Seigneur, attestent eux aussi que Jean leur transmit la même tradition, car celui-ci demeura avec eux jusqu'aux temps de Trajan. Certains de ces presbytres n'ont pas vu Jean seulement, mais aussi d'autres apôtres, et ils les ont entendus rapporter la même chose et ils attestent le fait. Qui croire de préférence ? Des hommes tels que ces presbytres, ou un Ptolémée, qui n'a jamais vu d'apôtres et qui, fût-ce en songe, n'a jamais suivi les traces d'aucun d'entre eux ?

Il n'est pas jusqu'aux Juifs disputant alors avec le Seigneur Jésus-Christ qui n'aient clairement indiqué la même chose. Quand en effet le Seigneur leur dit : « Abraham, votre père, a exulté à la pensée de voir mon jour ; il l'a vu, et il s'est réjoui », ils lui répondent : « Tu n'as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ? » Une telle parole s'adresse normalement à un homme qui a dépassé déjà la quarantaine et qui, sans avoir encore atteint la cinquantaine, n'en est cependant plus très loin. Par contre, à un homme qui n'aurait eu que trente ans, on aurait dit : « Tu n'as pas encore quarante ans. » Car, s'ils voulaient le convaincre de mensonge, ils devaient se garder d'outrepasser de beaucoup l'âge qu'on lui voyait : ils donnaient donc un âge approximatif, soit qu'ils aient connu son âge véritable par les registres du recensement, soit qu'ils aient conjecturé son âge en voyant qu'il devait avoir plus de quarante ans et, en tout cas, sûrement pas trente ans. Car il eût été tout à fait déraisonnable de leur part d'ajouter mensongèrement vingt ans, alors qu'ils voulaient prouver qu'il était postérieur à l'époque d'Abraham. Ils disaient ce qu'ils voyaient, et celui qu'ils voyaient n'était pas apparence, mais vérité. Le Seigneur n'était donc pas beaucoup éloigné de la cinquantaine, et c'est pour cela que les Juifs pouvaient lui dire : « Tu n'as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ? » Concluons-en que le Seigneur n'a pas prêché pendant une année seulement et qu'il n'a pas souffert sa Passion le douzième mois. Car jamais le temps écoulé de la trentième à la cinquantième année n'équivaudra à une année, à moins que peut-être ce ne soient des années d'une telle longueur qu'ils attribuent à leurs Eons siégeant en bon ordre auprès de l'Abîme dans le Plérôme — ces Eons dont le poète Homère a dit, inspiré lui aussi par leur Mère d'erreur : « Les dieux, assis auprès de Zeus, s'entretenaient ensemble sur un pavement d'or. »

Prétendue supériorité sur Jésus

P.262 II.32.3 Ils (les gnostiques) disent encore que leurs âmes proviennent de la même sphère que celle de Jésus, et ils se prétendent semblables et mêmes supérieurs à celui-ci. Mais, placés en face des oeuvres que celui-ci a faites pour le profit et l'affermissement des hommes, ils se trouvent n'accomplir rien de tel, rien qui ne puisse s'y comparer de quelque façon. Et s'ils font quelque chose, c'est, comme nous l'avons dit, par le moyen de la magie, dont l'intention est de tromper les sots. Loin de procurer un fruit ou profit quelconque à ceux en faveur de qui ils disent opérer des prodiges, ils se contentent d'attirer des enfants encore impubères et ils les mystifient en faisant surgir des apparences qui s'évanouissent aussitôt et ne durent même pas l'espace d'un instant: preuve qu'ils ressemblent, non à notre Seigneur Jésus, mais à Simon le Magicien. Au surplus, le Seigneur est ressuscité d'entre les morts le troisième jour, s'est manifesté à ses disciples et a été enlevé au ciel sous leurs yeux, tandis que ces gens-là meurent, mais ne ressuscitent pas et ne se manifestent à personne: cela prouve encore que leurs âmes ne ressemblent en rien à celle de Jésus.

II.32.4 S'ils disent que le Seigneur lui aussi n'a fait cela que d'une manière fantômatique, nous les amènerons aux écrits des prophètes et, d'après ces écrits mêmes, nous leur prouverons que tout ce qui le concerne a été à la fois annoncé par avance et réalisé de façon indubitable et que lui seul est le Fils de Dieu. C'est pourquoi aussi, en son nom, ses authentiques disciples, après avoir reçu de lui la grâce, oeuvrent pour le profit des autres hommes, selon le don que chacun avait reçu de lui. Les uns chassent les démons en toute certitude et vérité, si bien que, souvent, ceux-là mêmes qui ont été ainsi purifiés des esprits mauvais embrassent la foi et entrent dans l'Église; d'autres ont une connaissance anticipée de l'avenir, des visions, des paroles prophétiques; d'autres encore imposent les mains aux malades et leur rendent ainsi la santé; et même, comme nous l'avons dit, P.263 des morts ont été ressuscités et sont demeurés avec nous un bon nombre d'années. Et quoi donc? Il n'est pas possible de dire le nombre des charismes que, à travers le monde entier, l'Église a reçus de Dieu et que, au nom de Jésus-Christ, qui fut crucifié sous Ponce Pilate, elle met en oeuvre chaque jour pour le profit des gentils, ne trompant personne et ne réclamant aucun argent: car comme elle a reçu gratuitement de Dieu, elle distribue aussi gratuitement.

II. 32.5 Et ce n'est pas en invoquant des Anges qu'elle fait cela, ni par des incantations ou toutes sortes d'autres pratiques magiques; c'est en toute pureté et au grand jour, en faisant monter des prières vers le Dieu qui a fait toutes choses et en invoquant le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, qu'elle accomplit des prodiges pour le profit des hommes et non pour les tromper. Si donc, même maintenant, le nom de notre Seigneur Jésus-Christ procure ces bienfaits et guérit en toute certitude et vérité tous ceux qui, n'importe où, croient en lui - ce que ne fait pas le nom de Simon, ni de Ménandre, ni de Carpocrate, ni de quelque autre que ce soit - , il est clair que, s'étant fait homme et ayant vécu avec l'ouvrage par lui modelé, il a en toute vérité tout accompli par la puissance de Dieu, selon le bon plaisir de Père de toutes choses, de la manière que les prophètes avaient annoncée.

Prétendue transmigration des âmes

II.33.1 Quant à leur prétendu passage dans des corps successifs, nous le réfutons à partir du fait que les âmes n'ont absolument aucun souvenir d'événements antérieurs.

P.264 II.33.2 Ne pouvant répondre à ces arguments, Platon, ancien athénien qui fut le premier à imtroduire cette doctrine, fit intervenir le breuvage de l'oubli, pensant échapper par là à la difficulté: sans fournir la moindre preuve, il déclara péremptoirement que les âmes entrant dans cette vie sont abreuvées d'oubli, avant d'entrer dans le corps, par le "démon" qui préside à cette entrée.

III 6:5 Je t'invoque donc ... toi qui es le seul vrai Dieu au-dessus duquel il n'est point d'autre Dieu, toi qui, par notre Seigneur Jésus-Christ, vas jusqu'à octroyer le don du Saint-Esprit; donne à quiconque lira cet écrit de reconnaître que tu es le seul vrai Dieu, d'être affermi en toi et de se séparer de toute doctrine hérétique, négatrice de Dieu.

III, 9:1 Ni les prophètes, ni les apôtres, ni le Seigneur Christ, parlant absolument, n'ont reconnu pour Seigneur et Dieu personne d'autre que Celui qui est de façon exclusive Dieu et Seigneur ... Il n'y a donc qu'un seul et même Dieu, le Père de notre Seigneur".

P.353 III 16:7 Marie lui dit cela parce qu'elle avait hâte de voir le signe merveilleux du vin et voulait participer à la coupe du raccourci avant le temps. Le Seigneur repoussa sa hâte inopportune.   III. 18:1 Ce que nous avions perdu en Adam nous le retourvons en Christ.

III, 19:2 Que pas un seul d'entre les fils d'Adam ne soit appelé Dieu ou Seigneur au sens absolu de ces termes, nous l'avons montré par les Écritures, mais que le Christ, d'une manière qui lui est propre, à l'exclusion de tous les hommes de tous les temps soit proclamé Dieu, Seigneur, Roi Éternel, Fils Unique et Parole incarnée, et cela aussi bien par tous les prophètes que par les apôtres et par l'Esprit lui-même, voilà ce qui est loisible de constater... Parce que seul entre tous, il a reçu la génération éclatante qui lui vient du Père Très-Haut et parce qu'il a accompli aussi la naissance éclatante qui lui vient de la Vierge.

P.390 III. 23:5 De fait, par la ceinture qu'il se fit, Adam montra son repentir, car c'est de feuilles de figuier qu'il se couvrit, alors qu'il existait bien d'autres feuilles qui eussent moins molesté son corps, il se fit ainsi un vêtment accordé à sa désobéissance, parce qu'il était terrifié par la crainte de Dieu; pour réprimer l'ardeur pétulante de sa chair, - car il avait perdu son esprit ingénu et enfantin et il en était venu à la pensée du mal - il s'entoura, lui et son épouse, d'un frein de continence, dans la crainte de Dieu et l'attente de sa venue, comme s'il eût voulu dire: «Puisque cette robe de sainteté que j'avais reçue de l'Esprit, je l'ai perdue par ma désobéissance, je reconnais maintenant qu eje mérite un tel vêtement, qui n'apporte au corps aucune jouissance, mais qui le pique au contraire et le déchire». Et sans doute eût-il gardé toujours ce vêtement, pour s'humilier lui-même, si le Seigneur, qui est miséricordieux, ne les avait revêtus de tuniques de peaux à la place des feuilles de figuier.

III. 24:1 Là où est l'Église, là est aussi l'Esprit de Dieu et la où est l'Esprit de Dieu, là est l'Église et toute grâce. Et l'Esprit est la vérité.

IV 14:1 Suivre le Seigneur, c'est avoir part au salut.

IV 20:7 La gloire de Dieu c'est l'homme vivant, la vie de l'homme c'est la vision de Dieu.  

P.499 IV 27:2 Nous ne devons donc pas nous enorgueillir, dit le presbytre, ni censurer les anciens, mais craindre nous-mêmes que, si, après avoir connu le Christ, nous faisions une chose qui déplaire à Dieu, nous ne puissions plus obtenir le pardon de nos fautes et ne soyons exclus de son royaume. C'est pourquoi Paul a dit: «S'il n'a pas épargné les branches naturelles, il pourrait fort bien ne pas t'épargner non plus, toi qui, n'étant qu'un olivier sauvage, as été enté sur l'olivier franc et rendu participant de sa sève. Ro.11:21,17.    

IV 29:2 Pharaon se précipitât dans l'océan de l'incrédulité.

P.558 IV.40.1 C'est ce qui a été dit par le prophète: «Je suis un Dieu jaloux, qui fait la paix et crée le mal» pour ceux qui se repentent et se tournent vers lui, il fait la paix et l'amitié et il établit l'union; mais pour ceux qui ne se repentent pas et fuient sa lumière, il a préparé un feu éternel et des ténèbres extérieures, qui sont un mal pour ceux qui y tombent.

V 6:3 Les juifs jusqu'à maintenant chassent les démons par ce nom même (YHWH), car tous les êtres craignent l'invocation de celui qui les a faits.

P.594 V 9:4 L'Apôtre dit à bon droit les paroles déjà citées: «La chair et le sang ne peuvent hériter du royaume de Dieu» 1Co.15:50. C'est comme s'il disait: «Ne vous y trompez pas! Si le Verbe de Dieu n'habite pas en vous et si l'Esprit du Père ne vient pas en vous, et si vous menez une vie vaine et quelconque, alors, comme n'étant rien d'autre que chair et sang, vous ne pourrez hériter du royaume de Dieu.»

V 10:1 Il parle ainsi de peur que, en complaisant à la chair, nous ne rejetions la greffe de l'Esprit:   V 20:2 L'Église a été plantée comme un paradis dans le monde.

P.655 V 29:1 Les païens eux-mêmes, qui n'ont ni voulu voir la lumière de la vérité, mais, tels des rats, se sont enfoncés dans la profondeur de leur folie, ont été justement considérés par l'Écriture Es.40:15, 17, comme une goutte d'eau suspendue à une cruche, comme un grain de poussière dans une balance, comme un pur néant: ils sont utiles aux justes, autant que la tige est utile pour la croissance du blé, et la paille pour la combustion en vue du travail de l'or. Et c'est pourquoi, à la  fin, lorsque l'Église sera enlevée d'un seul coup d'ici-bas, «il y aura, est-il dit, une tribulation telle qu'il n'y en a pas eu depuis le commencement et qu'il n'y en aura plus» Mt.24:21. Car ce sera le dernier combat des justes, et les vainqueurs seront couronnés de l'incorruptibilité.

V 29:2 C'est pourquoi aussi, dans la bête qui doit venir, aura lieu la récapitulation de toute iniquité et de toute tromperie, afin que toute la puissance de l'apostasie, ayant confluée vers elle et s'étant ramassée en elle, soit jetée dans la fournaise de feu Ap.19:20. C'est donc à juste titre que le nom de la bête aura le chiffre de 666, récapitulant en lui le mélange de mal qui se déchaîna avant le déluge par suite de l'apostasie des anges Ge.6:1 - car Noé avait 600 ans, lorsque le déluge survint sur la terre et anéantit les êtres vivants de la terre à cause de la génération perverse du temps de Noé Ge.4:1 -, récapitulant ainsi toute l'erreur idolâtrique postérieure au déluge et le meurtre des prophètes et le supplice du feu infligé aux justes - car la statue dressée par Nabuchodonosor avait 60 coudées de hauteur et 6 coudées de largueur Da.3:1 et c'est pour avoir refusé de l'adorer qu'Ananias, Azarias et Misael furent jetés dans la fournaise de feu, P.656 prophétisant par cela même qui leur arrivait l'épreuve du feu que subiront les justes à la fin des temps: toute cette statue a été, en effet, une préfiguration de l'avènement de celui qui prétendra se faire adorer lui seul par tous les hommes sans exception.


Deux citations:

«L'homme ne sera jamais tranquille, sauf en Dieu.»

«L'Esprit de Dieu est multiple dans son influence intérieure.»


Irénée de Lyon commentant Justin Martyr 131 : «Par contre le peuple qui croyait en Dieu n'était plus sous le pouvoir des anges mais sous celui du Seigneur «car la part du Seigneur fut son peuple Jacob» De.32:9»


La prédication des apôtres et ses preuves

- Irénée de Lyon

2 L'homme étant un être vivant composé d'âme et de corps, il faut tenir compte des deux éléments. Et comme de part et d'autre peuvent venir des chutes, on distingue la sainteté du corps qui pratique la continence, réprime les appétits coupables et proscrit les actes mauvais, et la sainteté de l'âme, qui consiste dans l'intégrité de la foi en Dieu, sans rien y ajouter ni rien en retrancher. Car la piété se flétrit et se corrompt par la souillure et l'impureté du corps; elle se brise, se souille, perd son intégrité, quand l'erreur pénètre l'âme. La piété conservera sa splendeur et sa beauté aussi longtemps que la vérité demeurera dans l'âme et la pureté dans le corps. Que sert de connaître le vrai en paroles, si l'on profane son corps, par des actes dégradants ? À quoi bon posséder la sainteté du corps, si la vérité n'habite pas l'âme ? Car elles se réjouissent l'une l'autre, elles s'harmonisent et unissent leurs efforts pour mener l'homme devant Dieu.

1. Exposé de la prédication des apôtres

4. Or, voici ce que nous assure la foi telle que les presbytres, disciples des apôtres, nous l'ont transmise. Tout d'abord, elle nous oblige à nous rappeler que nous avons reçu le baptême pour la rémission des péchés, au nom de Dieu le Père, et au nom de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui s'est incarné, est mort et ressuscité, et dans l'Esprit-Saint de Dieu. Par elle, nous savons que ce baptème est le sceau de la vie éternelle et la régénération en Dieu, afin que nous soyons, non plus seulement les fils des hommes mortels, mais aussi les enfants de ce Dieu éternel et indéfectible. Nous devons nous rappeler que Dieu est l'être éternel, qu'il est au-dessus de toutes les choses créées; tout est placé sous son domaine. Tout ce qui dépend de lui a été créé par lui. Dieu n'est pas maître et seigneur de biens d'autrui mais de ce qui lui appartient. Tout est à lui. Voilà pourquoi Dieu est le Maître souverain et tout vien de lui.

En effet, les choses créées tirent nécessairement le principe de leur existence d'une cause première. Or Dieu est le principe de tout, parce qu'il n'a été créé par personne et que tout a été créé par lui. Il est donc nécessaire d'admettre qu'il y a un Dieu, Père, qui a fait et façonné toutes choses, qui a mené à l'existence, qui contient tout et rien n'étreint. Ce tout comprend également l'univers, et dans l'univers, l'homme. Or l'univers a été créé par Dieu.

5. Voici donc l'exposé de la doctrine. Un seul Dieu, le Père, incréé, invisible, créateur de tout, au-dessus duquel il n'y a pas d'autre Dieu. Ce Dieu est intelligence et c'est pourquoi il a fait les créatures par le Verbe. Et Dieu est esprit, aussi est-ce par l'Esprit qu'il a embelli toutes choses, comme le dit le prophète: «Par la Parole du Seigneur, les cieux ont été créés, et dans son Esprit est toute leur force Ps.33:6 version LXX». C'est le Verbe qui pose la base, c'est-à-dire qui travaille pour donner à l'être sa substance et le gratifie de l'existence, et c'est l'Esprit qui procure à ces différentes forces leur forme et leur beauté ; c'est donc avec justesse et convenance que le Verbe est appelé Fils, tandis que l'Esprit est appelé Sagesse de Dieu. Aussi l'apôtre Paul dit très justement: «Un seul Dieu, le Père, qui est au-dessus de tous, et par tous et en nous tous Ep.4:6» En effet, celui qui est au-dessus de tous, c'est le Père, mais celui qui est avec tous, c'est le Verbe, puisque par son moyen tout a été fait par le Père ; et celui qui est en nous tous, c'est l'Esprit, qui crie: «Abba, Père!» Ga.4:6 et qui façonne l'homme à la ressemblance de Dieu. Or, l'Esprit montre le Verbe, et pour cette raison, le sprophètes annonçaient le Fils de Dieu. Mais le Verbe sert de lien à l'Esprit ; et c'est pourquoi l'interprète des prophètes, c'est lui : il a conduit et élève l'homme jusqu'au Père.

6. Voici la règle de notre foi, la base de l'édifice et le fondement de notre conduite: Dieu le Père, incréé, insaisissable, invisible, Dieu unique, créateur de tout ; c'est le premier article de notre foi. Quant au second, le voici: c'est le Verbe de Dieu, le Fils de Dieu, Jésus-Christ, notre Seigneur, qui est apparu aux prophètes en la forme décrite dans leurs oracles, et selon l'économie du Père. Par lui, tout a été fait ; à la fin des temps pour récapituler et contenir toutes choses, il s'est fait homme, né des hommes, il s'est rendu visible et palpable, afin de détruire la mort et de manifester la vie et rétablir l'union entre Dieu et l'homme. Quant au troisième article, c'est le Saint-Esprit, par qui les prophètes ont prophétisé, les pères ont appris les choses divines, les justes ont été guidés, dans la voie de la justice ; c'est lui qui dans les derniers temps a été répandu d'une manière nouvelle sur l'humanité, pour ramener à Dieu l'homme reouvenlé sur la terre.

7. Pour cette raison, lors de notre nouvelle naissance, le baptême évoque ces trois articles, en nous faisant renaître avec Dieu le Père, par la médiation de son Fils, avec le Saint-Esprit. Car ceux qui portent l'Esprit de Dieu sont amenés au Verbe, c'est-à-dire au Fils, et le Fils les prend et les offre à son Père, et le Père leur communique l'incorruptibilité. Ainsi donc sans l'Esprit, on ne peut voir le Verbe de Dieu ; et sans le Fils, nul ne peut arriver au Père ; puisque la connaissance du Père, c'est le Fils, et la connaissance du Fils de Dieu s'obtient par le moyen de l'Esprit-Saint ; mais c'est le Fils qui, par office, distribue l'Esprit, selon le bon plaisir du Père, à ceux que le Père veut et comme le Père le veut.

8. A l'égard des croyants, Dieu est comme un Père, car à la fin des temps il a ouvert l'alliance de la filiation adoptive. Par rapport aux Juifs, il est comme un Maître et un législateur ; car au milieu des temps les hommes ont oublié Dieu, s'étant éloignés de lui et révoltés contre lui, il les a mis en esclavage par le moyend e la loi, afin de leur apprendre qu'ils ont un Maître, créateur et principe, par qui nous sommes gratifiés d'un souffle de vie, et que nous lui devons un culte d'adoration, le jour et la nuit. À l'égard des Gentils, il est créateur et souverain. Mais en même temps il est pour tous nourricier, roi et juge ; parce que personne ne peut échapper à son jugement,, ni juif ni gentil, pas plus que le croyant prévaricateur que l'ange.

Quant à ceux qui maintenant ne croient pas à sa bonté, ils connaîtront sa puissance au jour du jugement. À ce propos, le bienheureux apôtre dit:

Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance? 5 Mais, par ton endurcissement et par ton coeur impénitent, tu t'amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu, 6 qui rendra à chacun selon ses oeuvres; Ro.2:4-6

C'est lui qu'on appelle dans la loi le Dieu d'Abraham et le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob, Dieu des vivants, encore que la grandeur et la sublimité de ce Dieu soit inénarrable.

9. Or le monde est entouré de sept cieux, où habitent des puissances innombrables, les anges et les archanges qui sont les liturges du Dieu tout-puissanr et auteur de toutes choses. Non point que Dieu ait besoin des anges, mais il ne veut pas les laisser inactifs, inutiles. Pour cela, l'Esprit de Dieu est multiple dans son influence intérieure. Le prophète Esaïe, en énumérant les 7 dons, parle de cet Esprit qui reposera sur le Fils de Dieu, c'est-à-dire sur le Verbe au moment de son incarnation. Et en effet :

L'Esprit de l'Eternel reposera sur lui: Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l'Eternel. Es.11:2

Or le premier ciel, le plus élevé, celui qui contient les autres, c'est la sagesse ; le second, c'est celui d'intelligence ; le troisième, celui de conseil, et le quatrième, à partir d'en haut en descendant, c'est celui de force ; et le cinquième, celui de science ; et le sixème, celui de piété ; et le septième est ce firmament-ci, plein de la crainte de cet Esprit qui illumine les cieux. Or Moïse en a reçu l'image dans le candélabre à sept branches, qui étant continuellement allumé dans le sanctuaire. En effet, il a établi le culte à l'image des cieux, ce pourquoi le Verbe lui dit:

40 Regarde, et fais d'après le modèle qui t'est montré sur la montagne.

10. Or, ce Dieu est glorifié par son Verbe, qui est son Fils éternel ; et par l'Esprit Saint, qui est la sagesse du Père de tous. Et leurs puisances qu'on appelle Chérubins et Séraphins, glorifient Dieu par leur chant sans fin ; et toutes les créatures célestes doivent rendre gloire à Dieu, le Père de tous. C'est lui qui, par son Verbe, a composé le monde entier et à ce monde appartiennent aussi des anges. Il a donné au monde entier des lois pour que haque être se tînt à sa place sans dépasser les limites fixées par Dieu, et accomplît l'oeuvre prescrite à chacun d'eux.

11. Il imprima sa propre ressemblance à sa créature, afin que jusque dans son aspect extérieur elle soit l'image de Dieu. Car l'homme a été placé sur terre pour y être l'image de Dieu. Pour donner la vie à l'homme, Dieu souffla sur son visage, un souffle de vie, pour le rendre semblable à lui dans son âme et dans son corps.

18. Et le mal, se répandant et se propageant de plus en plus, finit par atteindre toute la race humaine, au point qu'il ne restât plus parmi eux que quelque rare semence de justice. Et en effet, des unions illégitimes avaient lieu sur la terre ; des anges ayant eu commerce avec les filles des enfants des hommes, celles-ci leur donnèrent des enfants qui, à cause de leur taille extraordinaire, furent appelés fils de la terre, c'est-à-dire géants. Or, les anges firent présent à leurs femmes de leçons de malice, car ils leur enseignèrent les vertus des plantes et des légumes, l'emploi des couleurs et le fard, la découverte des matières précieuses, la magie, les haines, les amours, les passions, les philtres d'amour, les secrets de la sorcellerie, toute sorte de divination et d'idolâtrie que Dieu déteste : tout cela, en pénétrant dans le monde, y répandit un torrent de maux, et la justice alla en s'affaiblissant.

31. Or c'est lui qui a uni l'homme à Dieu et qui a opéré la communion entre Dieu et l'homme.

34. L'arbre de la connaissance et l'arbre de la croix

Et ce péché auquel le bois avait donné naissance a été effacé par le bois de l'obéissance, sur lequel a été cloué le Fils de l'homme, obéissant à Dieu ; ainsi, en abolissant la science du mal, il a introduit et distribué la science du bien. Voilà pourquoi le Verbe parle par la bouche du prophète Ésaïe, en révélant d'avance ce qui doit s'accomplir - puisque être prophète, c'est annoncer l'avenir. Or, le Verbe, par ce moyen, parle en ces termes : «Je ne refuserai pas et contredirai pas. J'ai présenté mon dos aux coups et mes joues aux soufflets, et je n'ai pas soustrait mon visage à d'ignominieux carchats» Es.50:6. Or, par l'obéissance qu'il a pratiquée jusqu'à la mort en étant attaché sur le bois, il a expié l'antique désobéissance provoquée par le bois.

Verbe tout-puissant de Dieu, sa présence invisible s'étend à la création entière et en soutient la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur : tout est gouverné par le Verbe de Dieu. Il a été crucifié, lui le Fils de Dieu, en ces quatre dimensions, lui dont l'univers portait déjà l'empreinte cruciforme. S'étant rendu visible, il devait nécessairement manifester de manière sensible, sur la croix, son action invisible. Car c'est lui qui illumine les hauteurs, c'est-à-dire les cieux, qui scrute les profondeurs de la terre ; il parcourt l'étendue de l'Orient à l'Occident, il attient l'immense espace du Nord au Midi, et appelle à la connaissance de son Père les hommes partout dispersés.

La promesse faite à Abraham s'accomplit

35. C'est Jésus qui a rempli la promesse faite par Dieu à Abraham, promesse de rendre sa postérité aussi nombreuse que les astres du ciel ; le Christ, en effet, l'a accomplie, lui qui est né de cette Vierge descendante d'Abraham. (...)

La promesse à David et la maternité de Marie

36. (...) Ce qu'il y a de particulier et d'unique dans cette naissance, c'est que l'enfant est le fruit de la concpetion particulière et unique d'une femme et non le fruit du vouloir charnel mi du sang mêlé, afin que soit manifeste ce fait singulier, spécial et unique : l'enfant est le rejeton d'uen vierge, appartenant à la famille de David, il est roi pour l'éternité sur la maison de David et sa royauté ne connaîtra pas de fin.

Victoire du salut

37. C'est ainsi qu'il opérait glorieusement notre salut, qu'il accomplissait la promesse faite à nos pères et qu'il réparait l'antique désobéissance. Le Fils de Dieu devint donc fils de David et fils d'Abraham ; car il a accompli la promesse, en récapitulant tout en lui pour nous rendre la vie. Le Verbe de Dieu s'est fait chair, grâce à la Vierge, afin de détruire la mort et de rendre la vie à l'homme. Car avant sa venue, nous étions dans les liens du péché, en naissant coupables et sujets à la mort.

Naissance, mort et résurrection du Christ

38. Ainsi donc Dieu le Père, plein de miséricorde, nous envoya le Verbe, créateur, descendu pour nous sauver. Il s'est manifesté à nous aux lieux mêmes ou nous avons perdu la vie et a brisé les liens dans lesquels nous étions engagés. Sa lumière nous est apparu, elle a dissipé les ténèbres de notre prison et elle a sanctifié notre naissance, abolissant la mort et rompant les chaînes mêmes dans lesquels nous étions enlacés. Et en opérant sa propre résurrection, il est devenu lui-même le premier-né d'entre les morts, il a ressuscité en lui l'homme déchu et l'a fait monter jusqu'au plus haut des cieux, jusqu'à la droite de la gloire de Dieu. Ainsi Dieu l'avait promis par son prophète en ces termes: «Et je relèverai la tente écroulée de David» Am.9:11, c'est-à-dire le corps qu'il tenait de David. Voilà ce que notre Seigneur Jésus-Christ a véritablement accopli, en opérant glorieusement notre salut. Il nous ressuscite véritablement, en nous ramenant sains et saufs auprès du Père.

Si quelqu'un n'admet pas la naissance d'une Vierge, comment admettra-t-il sa résurrection d'entre les morts ? Car il n'y a rien d'étonnant, de merveilleux, ni d'étrange à ce que celui qui n'a pas eu de naissance soit ressuscité des morts, mais nous ne pouvons pas parler de résurrection à son égard, puisque l'être exempt de naissance, l'immortel ne peut tomber sous les coups de la mort. Celui qui n'aurait pas eu le commencement de l'homme, comment pourrait-il en avoir la fin?

Le primat du Ressuscité

39. Il n'est pas né, il n'est pas mort non plus ; et s'il n'est pas mort, il n'a pas non plus ressuscité des morts, il n'a pas triomphé de la mort et n'en a pas détruit l'empire ; et si la mort n'a pas été vaincue, comment pourrons-nous nous élever jusqu'à la vie, nous qui, dès le commencement, sommes tombés sous le scoups de la mort? Or ceux qui n'admettent pas le salut de l'homme, qui ne croient pas que Dieu doive les ressusciter les morts, ceux-là méprisent aussi la naissance de notre Seigneur. Le Verbe de Dieu, ayant daigné se faire chair, s'est soumis à cette naissance pour nous, afin de montrer la résurrection de la chair et d'avoir la primauté sur tous au ciel. Car il est le premier-né au conseil du Père, le verbe parfait, gouvernant tout et réglant tout par lui-même sur la terre ; il est le premier-né de la Vierge, homme juste, saint, pieux, bon, agréable à Dieu, parfait en tout, sauvant de l'enfer tous ceux qui marchent à sa suite ; il est le premier-né d'entre les morts et le guide qui conduit à la vie de Dieu.

40. Et c'est ainsi que le Verbe de Dieu a la primauté sur tout ; car étant vrai homme, en même temps que le conseiller admirable et le Dieu fort, il a de nouveau appelé l'homme à jouir de l'union initme avec Dieu, aifn que, grâce à cette communion avec lui, nous participions à son incorruptibilité.

41. (...) les apôtres, fortifiés par l'Esprit-Saint, furent envoyés par lui dans le monde entier pour opérer la vocation des Gentils, montrer aux hommes le chemin de la vue, les arracher à l'idolâtrie, à la fornication et à la cupidité, et purifier leurs âmes et leurs corps par le baptême de l'eau et de l'Esprit. Les apôtres donc, après avoir distribué et communiqué aux croyants cet Esprit qu'ils avaient eux-mêmes reçu du Seigneur, ont établi et organisé l'Église. (...) Ainsi donc ceux qui croient, qui aiment le Seigneur et vivent dans la sainteté, la justice et la patience, le Dieu de tous accordera la vie éternelle par la résurrection des morts, et cela par les mérites de celui qui est mort et ressuscité. Jésus-Christ.à qui il a donné la royauté universelle, l'autorité et le pouvoir de juger les vivants et les morts. Les apôtres, en prêchant la parole de la vérité les ont instruits à garder leur corps et leur âme sans souillure pour la résurrection.

42. L'Esprit Saint dans l'Église

Mais pour que les croyants se gardent tels, il faut que l'Esprit Saint reste étroitement uni à eux. Donné par Dieu au baptême, l'Esprit Saint demeure en celui qui le reçoit aussi longtemps qu'il vit dans la vérité et dans la sainteté, dans la justice et la patience. Car c'Est aussi par la vertu de cet Esprit que les croyants ressusciteront, quand le corps sera de novueau uni à l'âme et entrera dans le royaume de Dieu. Tels sont donc les fruits produits par la bénédiction de Japhet et manifestés par le moyen de l'Église, c'est-à-dire la vocation des païens, qui ont attendu patiemment d'entrer dans la maison de Sem, selon la promesse de Dieu. Par la voix des prophètes, l'Esprit de Dieu a annoncé d'avance que tout cela serait ainsi, afin d'affermir la foi en ceux qui adorent Dieu en vérité. Car ce qui est absolument impossible à notre nature et pour ce motif pouvait provoquer le doute parmi les hommes, Dieu l'a fait annoncer d'avance par les prophètes. Dès lors que la chose est annoncée depuis très longtemps et qu'elle s'accomplit finalement telle qu'elle a été prédite, nous pouvons en conclure que c'est Dieu seul qui nous a révélé d'avance notre salut.

2. Les preuves de la prédication des apôtres: le Christ, accomplissement des Écritures

43. Le Fils de Dieu

En toutes choses, il est nécessaire de croire à la parole de Dieu, car Dieu est véridique en tout. Il faut croire particulièrement qu'il y a un Fils de Dieu et qu'il existe non pas seulement au moment où il va apparaître au monde, mais même avant la création du monde. Moïse, qui le premier l'a prédit, s'exprime ainsi en hébreu: «Bareshit bara Elohim basan bénouam samentharès.», ce qui signifie: «Le Fils était au commencement ; Dieu créa ensuite le ciel et la terre» Ge.1:1. C'est aussi ce que certifie le prophète Jérémie en ces termes : «Je t'ai engendré avant l'étoile du matin et ton nom est avant le soleil» Ps.110:3, et c'est avant la création du monde, puisque les astres ont été formés en même temps que le monde. Et le même prophète dit encore : «Heureux celui qui était avant de devenir homme». Note Pour Dieu, en effet, le Fils était au commencement avant la création du monde, mais pour nous, c'est depuis qu'il nous est apparu. Auparavant pour nous, il n'était pas, car nous ne le connaissions pas. Pour cela son disciple Jean nous déclare qu'il est le Fils de Dieu, qu'il était auprès du Père avant que le monde fût, que par lui toutes les créatures existent et affirme: «Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu ; tout a été fait par lui et sans lui rien n'a été fait» Jn.1:1-3.

45. L'échelle est l'image de la croix qui allait de la terre jusqu'au ciel. C'est par la croix que ceux qui croient en Jésus montent au ciel.

47. Or, le Père est Seigneur, et le Fils est Seigneur. Le Père est Dieu et le Fils est Dieu : car celui qui est né de Dieu est Dieu, Ainsi donc, par l'essence même et la nature de son être, on démontre qu'il n'y a qu'un seul Dieu, mais, en même temps, le dessein de notre salut montre qu'il existe un Fils et un Père. Puisque le Père de tous est invisible et inaccessible aux êtres créés, ceux qui doivent s'approcher de Dieu reçoivent nécessairement par le Fils accès auprès du Père. Plus manifestement encore et plus clairement, David dit à propos du Père et du Fils : «Ton trône, ô Dieu, est établi pour les siècles des siècles. Tu as aimé la justice et haï l'iniquité. C'est pourquoi Dieu t'a oint d'une huile d'allégresse, de préférence à tes compagnons (Ps.45:6-7).» Puisqu'il est Dieu, en effet, le Fils doit recevoir du Père, c'est-à-dire de Dieu, le trône du royaume éternel et être sacré de l'huile de l'onction, bien plus que ses compagnons. L'huile de l'onction, c'est l'Esprit; et ses compagnons, ce sont les prophètes, les justes, les apôtres et tous ceux qui reçoivent la participation à son royaume, c'est-à-dire ses disciples.

49. À son tour, le prophète Esaïe a dit: «Ainsi parle Dieu le Seigneur à mon Oint le Seigneur, que j'ai pris par la main droite pour réduire à l'obéissance devant lui les nations» Es.45:1.

51. Le Fils se dit lui-même serviteur du Père, à cause de son obéissance à son Père; car tout enfant est serviteur de son père, même chez les hommes.

52. Voici ce qu'attestent les Écritures : le Christ est le Fils de Dieu qui existe avant toute la création. Sans cesser d'être avec le Père et auprès de lui, le Christ s'est de plus en plus rapproché et joint aux hommes, il est le roi de l'univers, puisque le Père a mis tout ce qui esite sous sa domination, et il est le sauveur de ceux qui croient en lui.

78. Dans Jérémie, on trouve la prédiction de la mort de Jésus et de sa descente aux enfers: «Et le Seigneur, le Saint d'Israël, s'est souvenu de ses morts, de ceux qui dorment déjà dans le sein de la terre, et il est descendu vers eux pour leur annoncer son salut et pour les délivrer.» La cause de sa mort est indiquée : sa descente aux enfers était le salut des trépassés.

95. Nous en devons plus regarder en arrière, c'est-à-dire retourner à l'ancienne Loi. Nous avons reçu le Seigneur de la Loi, le Fils de Dieu ; par la foi en lui, nous apprenons à aimer Dieu de tout notre coeur et le prochain comme nous-mêmes. Mais l'amour envers Dieu exclut tout péché, et l'amour envers le prochain défend de faire ce qui peut nuire au prochain.

96. Ainsi donc la Loi ne doit plus être notre pédagogue. Nous conversons avec le Père, nous nous tenons en sa présence face à face, devenus enfants sans malice, et fermes en toute justice et pureté. La Loi n'a plus à dire : «Ne sois pas adultère», à celui qui ne songe même pas à une femme étrangère ; «Ne tue pas», à celui qui a repoussé de son coeur tout sentiment de colère et de haine ; «Tu ne désireras pas le champ de ton prochain, ni son boeuf, ni son âne», à ceux qui amassent des trésors pour le ciel ; «Oeil pour oeil, dent pour dent», à celui qui n'a aucun ennemi, mais qui traite tous les hommes comme son prochain, et qui par conséquent n'est pas capable de lever la main pour se venger.

La loi n'exigera plus la dîme de celui qui a consacré tous ses biens à Dieu, et qui a quitté son père, sa mère et tous les siens pour suivre le Verbe de Dieu; elle m'a pas à commander de chômer un jour fixe à celui qui observe chaque jour le sabbat, c'est-à-dire qui vit dans le temple de Dieu, temple qui est le corps de l'homme, s'employant au service du culte de Dieu et pratiquant à toute heure la justice. Car j'aime la piété et non les sacrifices, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes. Os.6:6

Mais il est impie celui qui me sacrifie un boeuf, comme s'il immolait un chien, et celui qui m'offre de la fleur de farine comme si c'était le sang d'un porc. Es.66:3.

97.Par l'incovation du nom de Jésus-Christ, crucifié sous Ponce-Pilate, Satan a été éloigné des hommes et partout où l'un de ceux qui croient en lui et l'invoquent en accomplissant sa volonté, Jésus s'approche, se présente et exauce les demandes de ceux qui s'adressent à lui d'un coeur pur. Recevant ainsi le saut, nous louons sans cesse Dieu, qui par son infinie, par son insondable, par son inscrutable sagesse, nous a sauvés et, du haut du ciel, nous a annoncé le salut, à savoir l'avènement visible de notre Seigneur, c'est-à-dire sa vie humaine. Nous ne pouvions nous procurer cette grâce par nous-mêmes ; toutefois ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu.

C'est pourquoi Jérémie dit à ce sujet:

3:28 Ils sont morts d'avoir manqué d'intelligence, ils se sont perdus eux-mêmes par leur sottise.
29 Qui est monté au ciel, pour prendre la Sagesse et la ramener de là-haut?
30 Qui a franchi la mer, pour la trouver là-bas et l'emporter à prix d'or?
31 Personne ne connaît l'accès de la Sagesse ni ne peut deviner le moyen de l'atteindre.
32 Mais Dieu, qui connaît tout, connaît bien la Sagesse; grâce à son intelligence, il l'a découverte. Il a organisé la terre pour toujours et l'a peuplée d'animaux.
33 Il envoie la lumière, et la voilà partie; il la rappelle, et elle obéit en tremblant.
34 Les astres brillent, à leur poste, tout joyeux.
35 Dieu fait l'appel, et ils répondent: "Présent!" Chacun répand sa lumière avec joie pour Celui qui l'a créé.
36 Ce Créateur est notre Dieu, il n'a pas son égal.
37 C'est lui qui a trouvé tout le chemin qui mène à la Sagesse et qui l'a indiqué au peuple de Jacob, son serviteur, au peuple d'Israël, son bien-aimé. (3-38) C'est depuis ce temps-là qu'on la voit sur la terre et qu'elle vit parmi les humains.
4:1 La sagesse est dans le livre des commandements de Dieu, c'est la Loi, qui est éternelle. Quiconque la saisit va vers la vie, quiconque la délaisse va vers la mort.

Baruch 3:28-4:1

Il donne le nom de Jacob et d'Israël au Fils de Dieu. Celui-ci ayant reçu de son Père le pouvoir de nous rendre la vie, l'a ensuite mise à notre portée, lorsque, descendant vers nous qui étions si éloignés de lui, il est apparu sur la terre et a vécu avec les hommes. Il a étroitement uni l'Esprit de Dieu le Père avec la créature de Dieu et l'homme est devenu à l'image et à la ressemblance de Dieu.

99. D'autres ne reçoivent pas les dons de l'Esprit Saint et repoussent loin d'eux la grâce prophétique, cette grâce qui, entretenue, permet à l'homme de porter des fruits de vie divine ; ce sont ceux dont parle Esaïe : «Car ils seront, dit-il, comme le térébinthe au feuillage flétri, et comme un jardin sans eau» Es.1:30 ; et ceux-là ne servent de rien à Dieu, puisqu'ils ne peuvent rapporter aucun fruit.


croyant prévaricateur: croyant qui manque par intérêt ou mauvaise foi aux devoirs du chrétien)

retour dans le texte

Cette citation de Genèse 1:1 ne correspond pas à celle que nous avons présentement (Au commencement Dieu créa les cieux et la terre). Voir la note ci-dessous:

retour dans le texte

Il s'agit d'une citation inconnue attribuée au prophète Jérémie. Certains affirment que les juifs ont ôté ou modifié les passages de l'Ancien Testament qui faisaient mention trop directement de Jésus-Christ. Comme cela est difficilement vérifiable puisque nous n'avons pas de manuscrits datant d'avant la venue de Jésus-Christ, il est plus prudent de ne pas se prononcer doctement sur ce point.

retour dans le texte

Irénée suit une lecture qui se rapproche de la version LXX du Psaume 110:3. meta sou arch en hmera thv dunamewv sou, en taiv lamprothsi twn agywn sou ek gastros pro ewsforon egennhsa se. With thee is dominion in the day of thy power, in the splendours of thy saints: I have begotten thee from the womb before the morning. (traduction anglaise de la LXX). En français: La domination est avec toi au jour de ta puissance, dans les splendeurs de tes saints: je t'ai enfanté de mon sein avant le matin.

La version hébraïque est traduite plutôt en français ainsi par Louis Segond: Ton peuple est plein d'ardeur, quand tu rassembles ton armée; Avec des ornements sacrés, du sein de l'aurore Ta jeunesse vient à toi comme une rosée.

La Bible de Jérusalem a suivi une piste mitoyenne, on dirait:

3 A toi le principat au jour de ta naissance, les honneurs sacrés dès le sein, dès l'aurore de ta jeunesse.

retour dans le texte

Citation attribuée à Jérémie tantôt à Ésaïe, qui se trouve déjà dans le Dialogue avec Tryphon de Justin, 72:4. Selon A.G. Hamman, elle peut avoir été forgée par les judéo-chrétiens pour appuyer bibliquement la descente aux enfers.

retour dans le texte

Texte au complet sur la page suivante:

http://remacle.org/bloodwolf/eglise/irenee/table.htm





Pour vous préparer à rencontrer Dieu,

voici les 5 pas vers le ciel









Vous êtes sur la page :



Et vous êtes arrivé de la page :


Cliquez ici pour y retourner



Nous sommes jeudi 14 décembre 2017