Mc.10:21 o de Ièsous emblepsas autô ègapèsen auton
Et Jésus, l'ayant regardé, l'aima
Mc.10:17 Comme Jésus se mettait en chemin, un homme
accourut, "prosdramôn" et se jetant à genoux "gonupetèsas"
devant lui: Bon maître "didaskale agathe", lui demanda-t-il, que
dois-je faire pour hériter la vie éternelle? 18 Jésus
lui dit: Pourquoi m'appelles-tu bon? Il n'y a de bon que Dieu seul. 19
Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d'adultère;
tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de
faux témoignage; tu ne feras tort à personne; honore ton
père et ta mère. 20 Il lui répondit: Maître,
j'ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse. 21
Jésus, l'ayant regardé, "emblepsas" l'aima, "ègapèsen"
et lui dit: Il te manque une chose "en se hysterei"; va, vends tout ce
que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel.
Puis viens, et suis-moi. 22 Mais, affligé "stugnasas"
de cette parole, cet homme s'en alla tout triste "lupoumenos"; car il avait
de grands biens. 23 Jésus, regardant autour de lui "periblepsamenos"
dit à ses disciples: Qu'il sera difficile à ceux qui ont
des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu!
Mt.19:16 Et voici, un homme s'approcha, "proselthôn"
et dit à Jésus: Maître "didaskale", que dois-je faire
de bon "agathon" pour avoir la vie éternelle? 17 Il
lui répondit: Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon? Un seul
est le bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements.
18 Lesquels? lui dit-il. Et Jésus répondit: Tu
ne tueras point; tu ne commettras point d'adultère; tu ne déroberas
point; tu ne diras point de faux témoignage; 19 honore ton
père et ta mère; et: tu aimeras ton prochain comme toi-même.
20 Le jeune homme lui dit: J'ai observé toutes ces choses;
que me manque-t-il encore? "ti eti hysterô" 21 Jésus
lui dit: Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes,
donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens,
et suis-moi. 22 Après avoir entendu ces paroles, le
jeune homme s'en alla tout triste "lupoumenos"; car il avait de grands
biens. 23 Jésus dit à ses disciples: Je vous le dis
en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume
des cieux.
Lu.18:18 Un chef interrogea Jésus, et dit: Bon
maître "didaskale agathe" que dois-je faire pour hériter la
vie éternelle? 19 Jésus lui répondit: Pourquoi
m'appelles-tu bon? Il n'y a de bon que Dieu seul. 20 Tu connais les
commandements: Tu ne commettras point d'adultère; tu ne tueras point;
tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage;
honore ton père et ta mère. 21 J'ai, dit-il,
observé toutes ces choses dès ma jeunesse. 22 Jésus,
ayant entendu cela, lui dit: Il te manque encore une chose "eti en soi
leipei": vends tout ce que tu as, distribue-le aux
pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux.
Puis, viens, et suis-moi. 23 Lorsqu'il entendit ces paroles, il devint
tout triste "perilupos"; car il était très riche. 24
Jésus, voyant "idôn" qu'il était devenu tout triste,
dit: Qu'il est difficile à ceux qui ont des richesses d'entrer dans
le royaume de Dieu!
Contexte: Jésus vient de prendre des bébés
dans ses bras, il se met en route vers Jérusalem. Pressentant que
c'était peut-être la dernière occasion qu'il aurait
d'entrer en relation avec Jésus, un jeune homme riche, ne voulant
pas laisser passer l'occasion, arrive en trombe et se jette aux pieds de
Jésus, si Jésus a accueilli les bébés, il devrait
aussi l'accueillir, devait-il se dire en lui-même.
Il laisse de côté son prestige et les bonnes
manières qu'on lui a enseigné et se jette aux pieds d'un
homme que ses pairs méprisent, tant pis si ces amis se moquent de
lui. C'est qu'il voit Jésus différemment des autres riches
Lu.16:13-14, il a perçu la bonté de Jésus en le voyant
agir avec les petits enfants. Il s'adresse à Jésus en disant:
«Bon maître», la remarque de Jésus ne met pas
en doute la sincérité du jeune homme, elle n'a pour but de
lui faire remarquer que seul Dieu est vraiment bon (Ro.2:4) elle dirige
l'attention sur la personne de Dieu.
Il n'y a aucune référence écrite
où un rabbin juif ait été interpellé par «Bon
maître». L'étrangeté de cette interpellation
donne une raison de plus à la réplique de Jésus: «Pourquoi
m'appelles-tu bon?» . La désignation de Dieu comme étant
le Seul «bon» est en accord avec l'un des titres qu'on lui
donne dans les écrits juifs: «Le Bon du monde» «tova
shel olam». - Edersheim II P.339
Peut-être est-ce, en effet, la singularité
de la l'interpellation qui a fait que Matthieu ou ses traducteurs ont choisi
d'associer le mot «bon» à ce qui devait être fait
plutôt qu'à la personne de Jésus?
«que dois-je faire pour hériter la vie éternelle?»
C'est la question qui brûlait le plus dans le coeur de tout juif
religieux (cp. Lu.10:25 et les commentaires juifs du temps).
Marc et Luc ont la même formulation, tandis que
Matthieu (où ceux qui ont traduit son évangile de l'araméen
au grec) qui avait un goût prononcé pour la parénèse
(l'enseignement moralisateur) met plutôt les paroles suivantes, semblables,
mais qui ont une toute autre portée: Maître "didaskale", que
dois-je faire de bon "agathon" pour avoir la vie éternelle?
17 Il lui répondit: Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est
bon? Un seul est le bon.
Les deux discours sont incompatibles. Ou bien le jeune
homme a dit: Maître, que dois-je faire de bon ou bien il a dit: Bon
maître que dois-je faire... Ou bien Jésus lui a répondu:
Pourquoi m'appelles-tu bon? Il n'y a de bon que Dieu seul ou bien il a
dit: Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon? Un seul est le bon.
Marc et Luc semblent avoir retransmis le plus fidèlement
les paroles de Jésus tandis que l'évangile de Matthieu a
tripoté ses paroles pour appuyer son approche moralisante de Jésus,
«le sermonneur sur la montagne». D'ailleurs le parallèle
que Matthieu fait avec les paroles de Jésus est pour le moins boiteux.
Il compare les choses avec une personne, tandis que le parallélisme
se tient beaucoup plus dans Marc et Luc, bon maîre - bon Dieu; une
personne comparée avec personne. Dans Matthieu la réponse
de Jésus détonne.
La question du jeune chef est une qui revient à
répétition par les
disciples aux rabbis dans les écrits juifs. Parmi
les différentes réponses données, nous ne nous étonnons
guère qu'elles pointent aussi à l'observance de la loi. «Il
n'y a rien de bon à part la loi» - Talmud. - Edersheim II
P.339
Le côté moralisateur ressort encore chez
Matthieu quand il rajoute le commandement tu aimeras ton prochain comme
toi-même. La réponse du jeune homme est sincère,
la réaction de Jésus, qui est très intéressante,
le prouve:
Le jeune chef n'a pas essayé, comme l'autre pharisien,
de soulever une dispute rabbinique sur «qui est mon prochain»,
mais il a répondu, avec la sincérité d'un coeur honnête
qu'il avait gardé - en autant qu'il les connaissait - tous ces commandmeents
depuis son enfance. Edersheim II P.340
Mc.10:21 Jésus, l'ayant regardé, l'aima
Marc est le seul à nous apporter ce détail
révélateur. Jésus pénètre de son regard
le jeune homme, il voit son coeur, il sait ce qui est dans son coeur Jn.2:24-25,
1:47-48 et Jésus aime ce qu'il y voit. Jésus manifeste son
amour à ce jeune homme qui a fait fi de ce que ses amis penseraient
en le voyant s'abaisser devant Jésus. Quand Jésus voit quelqu'un
s'avancer vers lui humblement, son coeur se remplit d'amour pour cette
personne. Jésus a aimé le jeune homme riche de l'amour de
Dieu, de l'amour auquel il ne manque rien, d'un amour parfait. Cet amour
demande en retour aussi un amour parfait. Le jeune homme était assez
humble pour reconnaître qu'il n'avait pas cet amour malgré
son observations de tous les commandements. Mc.10:20 Le jeune homme
lui dit: J'ai observé toutes ces choses; que me manque-t-il encore?
Jésus le confirme en lui répondant: Il te manque une chose;
va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor
dans le ciel. Puis viens, et suis-moi.
Il te manque une chose et si tu veux être parfait
convit le même sens, car «être parfait» signifie
ne manquer de rien. Donc si quelqu'un manque de quelque chose, il n'est
pas parfait, il n'est pas complet. La pensée conviée dans
les trois évangiles est donc la même, même si les mots
exacts prononcés par Jésus ne peuvent être établis
autant de certitude qu'à l'accoutumé.
Il n'y avait pas en lui l'orgueil de la richesse, ni l'auto-suffisance
qu'elles engendrent si souvent; le jeune homme riche n'avait pas la paix,
c'est pourquoi il est venu en trombe, tout agité, se jeter
aux pieds de Jésus. Il lui manquait quelque chose.
Si la paix du monde peut être obtenue en ne manquant
de rien sur le plan matériel, cette paix est factive et ne peut
satisfaire l'âme à laquelle le péché fait la
guerre. Il peut y avoir trève à l'extérieur, mais
les hostilités n'ont point de relâchement à l'intérieur.
Tel était l'état de ce jeune homme riche,
tout ce que le monde offrait de paix, il l'avait, et il savait que cela
n'était pas suffisant, il lui manquait encore quelque chose.
La plupart des gens aujourd'hui n'ont pas tout ce que
le monde a à offrir et ils sont sous l'impression qu'ils parviendront
à la paix et à la tranquilité quand ils auront tout
obtenu ce que le monde a à offrir, quand ils auront réussi.
Ils ne savent pas que c'est seulement un mirage que le monde offre. Le
jeune homme le savait. C'est pourquoi il est parti à la fine course
après Jésus pour ne pas laisser passer sa chance d'accéder
à la vraie paix.
Le jeune homme riche voulait avoir la paix avec Dieu Ro.5:1,
la vie éternelle.
Jésus lui répondit à l'inverse de
la réponse du monde. Débarasse-toi de ce qui ne te donne
qu'une paix artificielle, incomplète, et alors tu pourras accéder
à la vraie paix qui surpasse toute connaissance en apprenant à
dépendre de moi et non du matériel, alors tu seras complet,
ta paix sera parfaite.
Deux visions du monde diamétralement opposées
se confrontaient ici.
Le jeune homme allait-il accepter de renouveler sa pensée
et de faire le pas de foi en délaissant sa citerne de paix crévassée
pour aller s'abreuver à la source de paix vive?
Il a oublié l'exhortation de David: Ps.62:11 «Quand
les richesses s'accroissent, n'y attachez pas votre coeur». Il s'est
en allé tout triste, incomplet, lui manquant encore quelque chose,
l'essentiel... il ne goûtera pas à la paix que Jésus
seul peut donner.
Voici ce qui manquait au jeune homme riche selon Edersheim
II P.340-342
"Jésus a vu en lui ce qui manquait pour qu'il venir
et suivre Christ: c'est la pauvreté terrestre et la richesse
céleste, un coeur totalement fixé sur suivre Christ: et ceci
ne pouvait lui arriver à moins qu'il soit prêt à tout
abandonner. Pour lui, c'était son test, pour nous cela peut être
d'autres choses. Cependant tous nous avons un manque; quelque chose de
profond dans notre coeur, que nous n'avons peut-être jamais connu,
et que nous devons réaliser et qui doit être abandonné,
si nous voulons suivre Christ. Sans renoncement, on ne peut suivre Christ
(without forsaking, there can be no following). Telle est la loi du Royaume
- elle
est ainsi, parce que nous sommes des pécheurs,
parce que le péché est non seulement la seule perte de ce
qui est bon, mais aussi la possession de quelque chose d'autre à
sa place.
Le Rabbinisme décrit avec un langage extravagant
les misères de la pauvreté «C'est pire que toutes les
plaies d'Égypte mises ensemble» - Babba B. 116a, «pire
que toutes les autres misères» - Betsa 32b, «la pire
affliction qui peut tomber sur un homme» Shem. R. 31
Une telle possibilité n'avait jamais entrée
dans son esprit: cette pensée était terriblement alarmante.
C'était une surprise terrible, une sentence de mort pour sa vie,
de vie pour sa mort.
Le rabbinisme n'avait jamais demandé ceci; s'il
demandait de faire l'aumône, c'était une odieuse gloriole;
et c'était même défendu de donner toutes ses possessions
(Arach. 8:4), tout au plus 1/5 des possessions pouvait être dédicacé.
(Ketub 50a) -
Un amour parfait demande un amour parfait 1Jn.4:18-21.
Dieu aime l'homme parfaitement, de tout son coeur, de tout son être,
de toute sa force, il aime l'homme comme lui-même, c'est pourquoi
il n'attend et ne se contentera de rien de moins de la part de l'homme.
C'est le propre de celui qui aime d'être aimé avec la même
intensité en retour, sinon son amour sera frustré et il sera
malheureux."
Voilà donc avec quel amour Jésus a aimé
le jeune homme riche. Jésus lui a demandé quelque chose de
très difficile, mais à celui à qui on a beaucoup donné,
on exige aussi beaucoup. Ce jeune homme venait d'expérimenter l'amour
parfait, total de Dieu, cet amour qui, s'il l'avait laissé s'installer
en lui Jn.17:26, lui aurait fait regarder tous ses biens comme de la boue,
Ph.3, et il aurait la volonté et la force Ph.2:13, de répondre
à l'invitation de Jésus viens, et suis-moi, il serait
parti lui aussi tenter de saisir Christ, comme Paul, ne se contentant pas
seulement de se jeter à ses pieds, mais mettant tous ses efforts
à saisir afin d'être lui-même saisi et pris dans les
bras de Jésus, comme les petits enfants.
Mais il n'a pas voulu redevenir comme un petit enfant
et repartir à zéro, dépossédé, pauvre
comme eux, il n'a pas voulu perdre sa vie afin de la regagner, et il n'a
réalisé qu'il ne pouvait servir deux maîtres à
la fois, c'est pourquoi il s'est en allé très triste. Autant
la joie habite le coeur de celui qui perd sa vie pour Jésus (Zachée,
l'éthiopien) autant la tristesse est le lot de celui qui s'en détache.
Dieu vit la même chose dans son coeur, il se réjouit de voir
un pécheur se repentir Lu.15:7 et il est attristé de voir
quelqu'un persister dans le péché Mc.3:5, Ep.4:30-32.
C'est pourquoi Jésus, quand il a regardé
ses disciples après le départ du jeune homme, avait sûrement
lui aussi de la tristesse dans les yeux. Ses disciples en étaient
abasourdis, Jésus, qui avait fait cesser la tempête, n'avait
pas pu faire, malgré tout son amour, que le jeune homme crut en
lui. Les disciples venaient de réaliser que la grâce n'était
pas irrésistible, ils comprenaient bien que ceux qui étaient
hostiles à Jésus n'entrent pas dans le royaume des cieux,
mais ce jeune homme... il était tout ouvert!
Les disciples se sont mis à avoir encore plus peur
après que Jésus leur eut dit qu'il était plus facile
à un chameau de passer par le trou d'un aiguille que pour un riche
d'entrer dans le ciel. Si Jésus a voulu détendre l'atmosphère
en reprenant une expression typiquement exagérée de l'époque,
les disciples n'en ont été encore que plus convainvu que
nul ne pourrait être sauvé:
Mais qui peut être sauvé?
Si le chameau, le plus gros animal de la Palestine ne
passe pas, la brebis non plus ne peut pas passer par le trou d'un aiguille,
en fait, aucun animal ne peut passer par là, même pas le moucheron,
qui était le plus petit animal connu.
Non seulement. les disciples venaient de réaliser
que la grâce n'était pas irrésistible, mais aussi que
le pouvoir de se sauver n'appartient pas à l'homme. Augustin et
Pélage sont confondus, les disicples sont étonnés...
Pour calmer ses disciples, Jésus ramène
leurs yeux sur la personne de Dieu, Dieu est capable de sauver l'homme,
si celui-ci répond à son appel. Et Pierre de répondre:
On a tout quitté pour te suivre, Jésus, on a fait ce que
tu as demandé au jeune homme riche, vas-t-on passer par la porte
étroite, par le trou de l'aiguille?
Et là, la réponse sécurisante de
Jésus; celui qui répond à mon appel et qui quitte
tout pour moi sera mesuré de la même manière. Celui
qui reçoit l'amour de Jésus et aime ainsi Jésus en
retour peut être assuré que cet amour restera avec lui jusque
dans la vie éternelle en autant qu'il y persévère
jusqu'à la fin 2Co.6:1, Mt.24:13, Col.1:22-23.
L'assurance du salut est pour celui qui demeure inébranlable
dans la grâce de Dieu par le moyen de la foi avec la force que Dieu
lui communique. S'il se retire, s'il se soustrait à cette grâce,
Hé.12:15., Ga.5:4, Dieu ne prendra plus plaisir en lui Hé.10:38
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