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Le millénium; les 3 grandes positions; prémille, amille et postmille
Ap.20:7 Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison. 8 Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; leur nombre est comme le sable de la mer.
Aux yeux de la plupart des commentateurs, la différence entre les trois grandes écoles d'interprétation des prophéties se situe au niveau du millénium.
1°) LE PREMILLENARISME
La vue la plus ancienne, partagée par l'Église des premiers siècles, est connue aujourd'hui sous le nom de prémillénarisme u chiliasme. Selon cette doctrine, le millénium désigne un règne messianique et terrestre d'une durée de mille ans qui débute à partir du retour de Christ. Le nombre mille, en grec chiliôs, a donné naissance au mot chiliasme. Il apparaît à quiconque étudie l'histoire de la doctrine, que le prémillénarisme était bien la position des premiers croyants. Pour les partisans de cette vue, le Christ lui-même enseignait que son retour devai têtre suivi par l'établissement de son royaume ici-bas : voir Mt 20.20-23 ; Luc 1.32,33 ; 22.29,30; Actes l.6,7. Les deux premiers siècles semblent n'avoir connu aucune controverse sur ce point. Très tôt, le prémillénarisme a compté de nombreux adhérents, comme Papias qui connaissait l'apôtre Jean, et beaucoup d'autres, au nombre desquels Augustin, Jean le Presbytre, et une partie des Douze dont André, Pierre, Philippe, Thomas, Jacques, Jean et Matthieu.
G.N.H. Peters inclut aussi parmi les prémillénaristes des deux premiers siècles des hommes tels que Clément, Barnabé, Hermas, Ignace et Polycarpe. C'est seulement vers la fin du second siècle et le début du troisième que cette vue semble avoir été remis en question bien qu'a cette époque de nombreux prémillénaristes aient continué de se manifester par leurs écrits, en particulier Cyprien (200-258), Commodien (200-270), Népos (230-280), Coracion (250-311) et autres Lactance (240-330). Quoique l'appartenance de certains des personnages cités plus haut à cette doctrine ait été mise en doute, il est incontestable que Népos et Commodien en ont été d'ardents défenseurs en Afrique du Nord. D'ailleurs, même les adversaires du chiliasme reconnaissent l'existence d'un vaste consensus prémillénariste pendant les trois premiers siècles.
2°)L'AMILLENARISME
L'amillénarisme, ainsi appelé depuis le 19ème siècle, aborde la prophétie sous un autre angle. Cette vue rejette l'existence d'un règne millénaire consécutif au retour du Christ. Bien que les amillénaristes hésitent à se réclamer de fondateurs particuliers, ils font généralement remonter leurs origines à l'école égyptienne d'Alexandrie vers l'an 190 de notre ère. Quelques rares auteurs avancent même une date plus précoce, tel Landis, qui s'efforce de rattacher ce mouvement au Christ et aux apôtres. La plupart des amillénaristes en situent cependant le point de départ entre les deuxième et troisième siècles, bien que des érudits comme Berkhof aient tendance à faire quelque peu violence aux faits en prétendant qu'à cette époque la doctrine était déjà en plein essort. En réalité, si l'on en constate les premiers balbutiements pendant la demière décennie du deuxième siècle, cet enseignement s'est surtout manifesté au cours du troisième siècle. Au nombre des premiers amillénaristes, on peut citer Gaïus, dont les écrits remontent au troisième siècle, et Clément d'Alexandrie qui enseignait à l'école d'Alexandrie entre 193 et 220. Au troisième siècle, Origène(185-254), un disciple de Clément, et Dyonisus (190-265), ont mené le combat contre le prémillénarisme. Les amillénaristes reconnaissent que l'école d'Alexandrie rejetait l'interprétation littérale des Écritures, et en particulier celle de la prophétie, et qu'elle considérait la Bible toute entière comme une vaste allégorie dont la signification profonde était masquée par la formulation même du texte. Elle s'efforçait de marier idéalisme platonicien et textes bibliques, entreprise exigeant l'adoption d'un système d'interprétation non littéral. Les amillénaristes admettent que l'école d'Alexandrie était dans l'erreur en ce sens qu'elle niait la plupart des doctrines cardinales de l'Église. WH. Rutgers écrit au sujet de Clément d'Alexandrie : «Clément, charmé par les sirènes de la philosophie grecque, soumettait l'Écriture Sainte à cette interprétation allégorique et erronnée, à ce parti-pris outré contre tout ce qui était matériel, visible, tangible, tout ce qui se situait dans un contexte géographico-historique. La philosophie éthérée des platoniciens ne pouvait supporter la 'charnelle et sensuelle' vision eschatologique des prémillénaristes. La fondation même du chiliasme en fut ébranlée. Selon Robertson, les amarres du chiliasme et de son système d'interprétation non littéral n'y résistèrent pas. En dépit du fait que le gros de l'amillénarisme des deuxième et troisième siècles provenait d'un mouvement hérétique, Rutgers pense pouvoir affirmer que cette doctrine était prévalente au deuxième siècle pour la simple raison que les Pères de l'Église n'abordaient jamais le sujet de l'eschatologie. À partir de cet argument, et sans même citer un seul partisan de l'amillénarisme, Rutgers déclare: «Le chiliasme n'était soutenu par aucun des principaux Pères de l'Église, pas même par l'auteur inconnu de l'épître à Diognète». Il est exact que la plupart des premiers Pères de l'Église n'ont pas abordé la question du millénium. Cependant, le fait que des adeptes du prémillénarisme puissent être cités rend l'absence quasi complète d'adhérants à la cause amillénariste jusque dans les années 190 extrêmement éloquente. Bien qu'il soit difficile de ranger Bamabas, un des premiers Pères de l'Église, dans un camp ou dans l'autre, les amillénaristes ne le tiennent généralement pas pour l'un des leurs. En fait, jusqu'à l'an 190, il était impossible de vraiment classer qui que ce soit parmi les amillénaristes, alors que les troupes prémillénaristes restaient, au contraire, bien fournies. C'cst d'ailleurs pour cette raison que la plupart des amillénaristesse réclament de Saint Augustin (354-430). Célèbreévêque d'Hippone en Afrique du Nord, Saint Augustin mérite le titre de fondateur de l'amillénarisme. C'est lui qui a substitué à la méthode d'interprétation allégorique globale des Écritures, telle qu'elle se pratiquait au sein de l'école d'Alexandrie, un systéme d'interprétation allégorique restreint aux seuls écrits prophétiques, le reste de la Bible devant recevoir une interprétation grammaticale et historique normale. Saint Augustin est donc à l'origine de la tendance exégétique moderne, tendance dans laquelle se situent les grands Réformateurs comme Calvin et Luther, qui veut que toute interprétation rationnelle et fondamentale des Écritures en respecte la structure littéralect grammaticale, à l'exception toutefois de la prophétie qu'il convient de traiter de façon non littérale. C'est sur ce demier point que va porter toute la discussion entre les prémillénaristes et les amillénaristes
3°)LE POST-MILLENARISME
Le troisième grand courant eschatologique se nomme postmillénarisme. Il a ceci de particulier qu'il situe le retour du Christ à la fin du millénium. Pour les postmillénaristes comme pour les amillénaristes, le millénium, si on peut encore le nommer ainsi, expire avant le retour du Christ. Ce qui différencie les premiers des seconds, c'est que les postmillénaristes voient la victoire progressive de l'Évangile aboutir à la christianisation finale du monde ; la victoire de la Croix amenant alors le retour du Christ et l'instauration immédiate du royaume étemel.
Quoique des vues proches du postmillénarisme aientété partagées par quelques individus marquants de l'histoire de l'Église comme Joachim de Floris, un moine catholique du douzième siècle, la plupart des postmillénaristes se réclament de Daniel Whitby (1638-1725). Seuls quelques amillénaristes se réfèrent aux racines postmillénaristes du mouvement. Le postmillénariste A-H Strong déclare ouvertement: «Notre interprétation particulière d'Apocalypse 20.1-10 a été définie pour la première fois en substance par Whitby ». Le postmillénarisme s'accordait bien avec l'optimisme des 18ème et 19ème siècles, et répondait à l'attente générale d'un monde aux perspectives meilleures. Bien qu'il ait beaucoup perdu de sa force à l'heure actuelle, il était très en vogue parmi les théologiens conservateurs des 19ème et 20ème siècles, comme Charles Hodge.
Extrait de : "Le Roi et son Royaume : Un regard sur le millénium" de John Walvoord
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