L'Assemblée des Frères
Déroulement des réunions de l'Assemblée des Frères rapporté par George Muller
L'un ou l'autre d'entre nous, parfois plusieurs, priaient, puis c'était la lecture de la Bible ou d'un auteur chrétien et le chant des cantiques ; il arrivait aussi que l'un d'entre nous nous prononce quelques paroles d'exhortation. Ces réunions ont été pour moi un moyen de bénédiction, soit parce qu'elles m'ont remis, à plusieurs reprises, dans le droit chemin, soit parce que j'y trouvai un temps de rafraîchissement spirituel. Un certain jour où je me sentais misérable parce que j'avais été infidèle au Seigneur, j'ouvris mon coeur aux frères ; par leurs prières et leurs exhortations, ils me firent retrouver la communion avec Dieu. Je considère que l'obéissance à l'ordre: «N'oubliez pas nos saintes assemblées», est une chose essentielle. Même si, sur le moment, nous n'avons pas l'impression de retirer quelque bien de l'assistance aux réunions des fidèles, il n'en demeure pas moins que c'est l'un des moyens que Dieu emploie pour nous garder du mal. La froideur spirituelle résulte souvent de la négligence dans la fréquentation des assemblées.
Les premiers disciples communiaient chaque dimanche, Ac.20:17. Ceux qui communient affirment leur participation à tous les bienfaits acquis par la mort du Seigneur, et leur communion mutuelle 1Co.10:16,17. La plus grande liberté doit régner durant ce service pour l'exercice des dons d'enseignements et d'exhortation, pour la prière et l'action de grâces Ro.12:4,8 Ep.4:11-16. Comment les dons de chacun pourraient-ils s'exercer pour l'utilité de tous, si une seule personne faisait ce service?
D'après Ep.4 et Ro.12, il faut que le Saint-Esprit puisse agir librement par tel ou tel frère qu'il jugera bon d'employer, de telle sorte qu'un membre puisse travailler au bien d'un autre, en faisant valoir le don que le Seigneur lui a confié.
George Muller (1805-1898), est un allemand né
en Prusse, il décida d'aller en Angleterre pour aller chercher une
formation spirituelle. Par la suite, il décida de se séparer
de la Société Missionnaire de l'Église d'Angleterre:
«Je ne pouvais en toute conscience accepter d'être
consacré par des hommes inconvertis, qui s'attribueraient le pouvoir
de me confier un ministère. Comme la Parole de Dieu est notre seul
étendard et le Saint-Esprit notre seul Docteur, j'avais des objections
à rester attaché à une Église nationale. En
comparant ce que je connaissais de l'Église d'Angleterre et du continent
avec la Parole de Dieu, je compris que toutes les Églises nationales
- par le fait même qu'elles sont des Églises nationales, c'est-à-dire
le monde et l'Église mêlés - contiennent en elles-mêmes
des principes qui éloignent nécessairement de la Parole de
Dieu, mais sont incompatibles, aussi longtemps qu'elles demeurent telles,
avec une obéissance entière aux saintes Écritures.»
A partir des années 1840 George Muller (la branche
des frères larges) est reconnu, comme John Darby (la branche des
frères étroits), comme un chef de file du mouvement des Assemblées
des Frères chrétiens. Des centaines d'assemblées naissent
à travers le monde dans le sillage de ce puissant réveil.
« Assemblées de Frères » ou
« Assemblées Évangéliques » ou «
Frères de Plymouth ». Mouvement de réveil à
saveur millénariste, issu de l'Église Anglicane par son fondateur,
John Nelson Darby, pasteur anglican (1800-1882). Les fidèles récusent
l'appellation de « Darbystes » et ne veulent être que
des « Frères ».
Fondation, historique, origine :
A l'origine, des groupes de « Frères »
( « chrétiens », « saints »), se forment
en 1825 au Royaume-Uni autour d'une lecture assidue de la Bible et spécialement
des prophéties, en rupture avec les Églises officielles jugées
affadies. En 1828, Darby dénonce plus fortement encore la collusion
entre son Église et l'État, et devient un prédicateur
ambulant des « communautés libres » qui surgissent en
Europe et en Amérique. Il annonce la proche fin du monde et rassemble
le petit troupeau des vrais fidèles. Mais en 1848 son refus intransigeant
de toute collaboration avec les autres confessions fait éclater
le mouvement en Frères « étroits » et «
larges » (ouverts au autres chrétiens).
Doctrine, spiritualité, vision du groupe :
Toutes les Églises chrétiennes, infidèles
au Seigneur, ont été abandonnées par lui. Il n'existe
donc plus aujourd'hui qu'une Église spirituelle, invisible sans
organisation ni hiérarchie. L'Esprit-Saint continue à guider
chaque fidèle et chaque « Assemblée de Frère
». Ceux-ci pratiquent le baptême, et la Cène chaque
dimanche. Mais comme de simples symboles. Lecture littérale de la
Bible (proche venue du Seigneur, défaite de l'Antéchrist,
millénium). Pas d'organisation formelle du mouvement. Autonomie
de chaque groupe local. Les Frères « étroits »
font peu de prosélytisme. Les Frères « larges »
au contraire ont une activité apostolique importante (missions sous
la tente, camps, émissions radio « Paroles de vie »).
Style de vie rigoriste : il faut être « pur dans la foi, pur
dans la vie, pur dans l'enseignement ».
Étendue, diffusion :
Frères étroits : 170,000 essentiellement
en pays anglo-saxons. En France 15,000 en 110 lieux de cultes (CentreEst).
Revues : Le Messager Évangélique, La Bonne Nouvelle, Le Salut
de Dieu, L'Appel. Frères larges (" Assemblées Évangéliques
") : 1,6 million dans le monde (dont 240,000 en Angleterre, 120,000 en
Roumanie, 80,000 aux États-Unis. En France, 15,000 environ en 50
Assemblées. Revues : Semailles et Moissons, Certitude, Servir en
l'attendant, Le cahier des jeunes. " Ravinistes " (dissidence de 1891)
: très rigoriste (quelques centaines en France). Mais en 1960 des
Ravinistes secouent le joug pesant de Jim Taylor et s'ouvrent aux autres
chrétiens (ils rassemblent des groupes à Paris).
Sur le plan doctrinal:
John Darby a eu un grand impact sur le plan eschatologique en ravivant la doctrine prémillénariste et en développant un système dispensationaliste