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Dieu

 
 

LA SOUVERAINETÉ DE DIEU

''Notre Dieu est au ciel, il fait tout ce qu'il veut'' P.115:3

D'après ce texte, Dieu a le droit et le pouvoir de faire tout ce qui le rend heureux. C'est ce que signifie l'affirmation : Dieu est souverain. (...)

Comment affirmer la félicité de Dieu à cause de sa souveraineté quand tellement de choses permises par lui ici-bas vont à l'encontre des commandements qu'il a révélés dans l'Écriture ? Comment peut-on affirmer que Dieu est heureux, alors que tant de péché et de misère s'étalent sur terre ?

Jonathan Edwards ne prétends pas avoir élucidé le mystère. Toutefois, il nous aide à trouver une façon d'éviter les contradictions tout en restant fidèles à la Parole de Dieu. Il déclare en substance que l'infinie complexité de la pensée divine est telle que Dieu est capable de regarder le monde à travers deux objectifs de focales différentes, l'un qui rapporche l'objet (téléobjectif), l'autre qui élargit le champ (grand angle).

Quand Dieu observe un événement douloureux ou ignoble à travers le téléobjectif, il voit la tragédie et le péché tels qu'ils sont, et en éprouve colère et peine.

''Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt - oracle du Seigneur, l'Éternel'' (Ez.18:32).

Toutefois, lorsqu'il observe les mêmes choses à travers le grand angle, il aperçoit le péché ou la tragédie avec leurs ramifications, en rapport avec tout ce qui mène à eux et qui résulte d'eux. Il voit l'ensemble des liens et des conséquences, qui forment une extraordinaire mosaïque qui se déploie jusque dans l'éternité. Dans toutes ses parties, le bien comme le mal, cette mosaïque lui procure un plaisir infini.

En particulier, la mort du Christ était la volonté et l'oeuvre de Dieu le Père. Esaïe écrit:

''Et nous, nous l'avons considéré comme atteint d'une plaie, comme frappé de Dieu et humilié.... Il a plu à l'Éternel de le briser par la souffrance'' (Es.53:4,10).

On imagine pourtant sans peine que lorsque Dieu le Père a vu l'agonie de son Fils bien-aimé et la méchanceté humaine qui l'a conduit à la croix, il ne pouvait se séjouir de ces choses en elles-mêmes (observées sous un angle restreint). Dieu a en horreur le péché et la souffrance de l'innocent.

Néanmoins, d'après Hé.2:10, Dieu a estimé qu'il fallait cette souffrance et cette mort pour élever à la perfection l'auteur du salut. Dieu a donc voulu ce qu'il avait en horreur. Il l'avait en dégoût uniquement s'il le regardait au téléobjectif, pas dans la perspective du grand angle de l'éternité. Dans la perspective d'ensemble des choses, Dieu le Père a pu considérer la mort de son Fils comme un moyen prodigieux pour démontrer sa justice (Ro.3:25-26), amener son peuple à la gloire (Hé.2:10) et inspirer à jamais la louange des multitudes célestes (Ap.5:9-13).

C'est pourquoi, lorsque j'affirme que la souveraineté de Dieu est le fondement de son bonheur, je n'ignore ni ne minimise la colère et la douleur que Dieu éprouve à l'égard du péché. Mais je ne déduis pas non plus de son courroux ou de sa douleur que Dieu est un Dieu frustré qui est incapable de contrôler parfaitement sa création. Il a conçu de toute éternité, et réalise irrésistiblement avec chaque événement qui se produit, le merveilleux canevas de l'histoire du salut. La contemplation de ce chef-d'oeuvre, avec ses parties sombres et ses parties lumineuses, remplit son coeur de joie.

Puisque le coeur de notre Père déborde d'un bonheur profond et inébranlable, soyons assurés que lorsque nous cherchons notre félicité en lui, nous ne le trouverons jamais d'humeur morose. Il n'a rien d'un Père frustré, maussade et irrité, qui demande à ce qu'on le laisse tranquille : c'est un Père dont le coeur est si plein de joie que celle-ci déborde pour abreuver tous ceux qui ont soif.

Extrait tiré du livre PRENDRE PLAISIR EN DIEU P.17,23-24 par John Piper (à lire absolument).

Écoutez ou lisez en cliquant ici l'excellent sermon en anglais de John Piper sur Romains 9 touchant l'élection et la souveraineté de Dieu