La langue est un petit membre,
un feu, un monde d'iniquit.


Si tu ne peux pas rpter ce que tu me dis propos de quelqu'un devant la personne concerne, tais-toi, c'est de la calomnie et a vient du diable !

Si tu as quelque chose redire propos de quelqu'un, va le lui dire, tu lui donneras ainsi l'occasion de changer, mais si tu vas le dire d'autres, tu contribues crer un foss entre cette personne et les autres ; tu vas ainsi contre l'oeuvre de Dieu qui nous appelle l'unit.

Pr.11:12 Celui qui mprise son prochain est dpourvu de sens, Mais lhomme qui a de lintelligence se tait. 13 Celui qui rpand la calomnie dvoile les secrets, mais celui qui a lesprit fidle les garde.

Jacques 3:5 De mme, la langue est un petit membre, et elle se vante de grandes choses. Voici, comme un petit feu peut embraser une grande fort! 6 La langue aussi est un feu; cest le monde de liniquit. La langue est place parmi nos membres, souillant tout le corps, et enflammant le cours de la vie, tant elle-mme enflamme par la ghenne.

Voici une mditation de Maurice Capelle ce sujet.

Ces expressions (la langue est un petit membre, un feu, un monde d'iniquit), fortes il est vrai, mais combien justes, manent de Dieu Lui-mme et leur porte n'est nullement exagre. Pour les justifier, il suffit de penser tel innocent ruin, qui un faux tmoignage a apport le dshonneur, la mort peut tre; telle femme couverte du mpris de la socit par la calomnie; tel homme trop confiant, dup par des mensonges; des enfants scandaliss par des propos malsains.

Mais sans aller puiser des preuves dans ces fautes graves et en demeurant dans le cercle d'observations que nous fournit notre propre exprience, nous n'aurons que trop d'occasions de reconnatre que de nos paroles lgres, de nos propos inconsidrs, de nos simples plaisanteries, de nos petites mdisances peuvent sortir bien des choses affligeantes pour nos frres et leur causer bien du chagrin.

En gnral, on ne se fait pas une juste ide des consquences funestes que peuvent entraner des paroles, on ne songe gure qu' l'effet produit au moment o elles se prononcent.

Mais suivez-les, je vous prie, dans leur rapide voyage de bouche en bouche, et vous serez effrays des ravages qu'elles vont faire. Ce ne sera, si vous le voulez bien, qu'une simple mdisance, qu'on ne fera que rpter. Mais pourquoi celui qui l'entend la cacherait-il celui que la rptera ensuite? Et si cette parole se rpercute d'cho en cho qui la redisent tout tour, faudra-t-il beaucoup de temps, je vous le demande, pour qu'une famille, une assemble, voire un village en soient informs? Ce fait d'abord racont avec exactitude, sera dnatur, grossi. Ce qui tait vrai le matin se trouvera faux le soir. Rpt devant des inconnus ou des indiffrents, il parvient l'oreille d'un ami, d'un protecteur, d'un matre ... quels rsultats nfastes: brouilles entre voisins, reproches entre parents, perte de confiance d'un suprieur, etc ... et voil les fruits amers d'une simple mdisance.

Mais prenons un autre exemple. Suivons un jugement tmraire: on n'affirme pas que le fait soit vrai, on le suppose seulement. Trop tard, le trait est parti. Le premier a dit: "Peut tre", le second ajoute "C'est probable" puis "plus que probable", et le troisime dira "C'est certain" avec un geste qui va loin ... et enfin chacun dira "On l'a vu".

Puis, pour tout rparer, mais plutt pour tout gter, un ami officieux rapporte l'accus ce que l'on a dit de lui. Alors, la cible de toute cette mdisance, le point de mire des flches acres, celui autour de qui gravite ce tourbillon de mchancet, s'indigne que l'on scrute ses intentions, s'irrite, recherche, remonte la source du bruit, se plaint et se justifie. Ceux qui ont dit et rpt ne veulent pas avoir tort, de l, explications, disputes, vengeance, et chacun se retire en emportant dans le coeur une blessure qui saignera toute la vie.

Mais un autre exemple encore. C'est une autre plaisanterie, faite non pas aux dpens d'un absent, mais sur un homme prsent qui s'efforce de le prendre en riant. S'il est vif d'esprit, il renvoie la flche, et, de rponse en rponse, on arrive des paroles acerbes, amres, ironiques, et chacun veut sortir en vainqueur de la joute oratoire. Si la victime est timide, elle est d'autant plus douloureusement blesse qu'elle ne peut arracher le trait de son coeur pour le renvoyer son adversaire ...

Mais quelle peine, quelle colre contenue, quelle haine peut tre fermente dans ce coeur outrag ... alors que l'amour n'agit pas avec inconvenance, ne fait pas de mal son prochain. Dans la bouche de l'Homme parfait, point de fraude, dit le prophte, mais des paroles de grce.

Je sais que toutes les mdisances, tous les jugements tmraires, toutes les railleries n'auront pas des consquences aussi graves, mais faut-il, la guerre, que vingt balles portent pour tuer un homme? Faut-il vingt traits pour faire saigner un coeur? Ne reste-t-il pas, dans la vie de celui qui ne sait pas veiller sur sa langue, assez de mdisance, de raillerie, de paroles vaines et dplaces, de mchancet peut tre, pour souiller bien des rputations, brouiller bien des amis.

Qui pourra jamais dire le mal accompli de cette manire? Personne, parce que la voie souterraine et sombre qu'il emprunte chappe l'observateur le plus attentif. Il est pratiquement impossible de suivre, de bouche en bouche, une parole prononce et rpte. Il est surtout impossible d'apprcier le trouble qu'elle apporte dans les esprits, mais chacun peut connatre l'effet que produit sur son coeur une parole nuisible profr en sa prsence. Et, malgr soi, il retient dans sa mmoire une prvention, une certaine rpugnance que la bonne conduite de celui qui l'accuse ne russit pas toujours dtruire.

Si, de chaque trait lanc, de chaque flche dcoche il reste quelques traces douloureuses, quelle sera la somme de mal produite pour une langue qui, durant une vie entire, aura sem mdisances, propos inconsidrs, railleries, etc ...? Et dois-je le dire, les enfants tmoins de ces propos prtent une oreille attentive et y sont bien plus intresss qu' la lecture d'un chapitre de la Bible.

Encore, on ne croit pas faire un mauvais usage, on parle d'un absent, on ne dit pas de mal, on raconte simplement son histoire. Tout est vrai, rien n'est omis, on l'a vu soi-mme. D'ailleurs, tout le monde le sait; le rpter n'apprend rien personne ... mais il ne fait pas que cela s'oublie! Du reste, on reconnat l'absent de bonnes qualits, on les cite, on les numre, on en relve le prix ... mais, ajoute-t-on avec un aire de fausse commisration, c'est bien dommage qu' ct de cela il y ait telle ou telle chose ... part cela, i lest bien brave ... enfin, qui n'a pas ses dfauts?

Voyez, c'est comme tel autre qui ne lui ressemble pas cet gard, mais qui, d'un autre ct, tombe dans des excs contraires; je l'ai d'ailleurs remarqu, ainsi un jour ... ici recommence une nouvelle histoire, encore vritable, cite en exemple. Avec cela, dit-on, je ne lui en veux nullement, je lui rendrais volontiers service ... Cela s'est pour l'avenir. Pour le prsent, on le dchire innocemment, on l'gratigne, on le blesse ...

D'autres fois encore on ne croit pas faire un mauvais usage de sa langue, on donne simplement son avis: soyez prudent avec lui, c'est la thse gnrale. Mais bientt, sous un fallacieux prtexte, sans mme peut tre s'en apercevoir, on passe au particulier, alors on ajoute: "Ne faites rien sans prendre vos mesures avec cet homme.", il pourrait vous tromper, ou se tromper lui-mme ... enfin, je ne puis rien vous dire de formel, je ne le connais pas suffisamment, vous le connaissez sans doute mieux que moi. Mais enfin, je puis vous donner le conseil de prendre toutes vos prcautions. Je parle dans votre intrt, etc ...

Alors quel est le rsultat le plus clair de ces paroles sans fondement? L'auditeur intress coute avec attention, ses soupons sont veills, sa confiance est dtruite pour toujours; il gardera par devers lui une fausse opinion de celui qui tait l'objet de l'entretien, et les consquences nfastes de cet avis ne sauront jamais tre apprcies leurs valeurs.

Quelles raisons donner de tels conseils? Une seule: le plaisir de se faire couter, de se donner une importance capitale dans les relations entre amis.

Un autre coute seulement, approuve d'un sourire. Par complaisance, il ajoute un mot la conversation (il faut bien rpondre qui l'interroge), puis y abonde aussi en citant son trait.

Celui-l commence par faire une loge pour tre mieux cru quand il fera la critique, et ainsi il pourra s'attribuer le mrite de l'impartialit. Quelqu'un citera un tort. Mais ce sera pour l'excuser. Quelqu'un d'autre parlera de ses propres dfauts afin de pouvoir, en toute libert, numrer ceux des autres.

Il faudrait des pages pour commenter tout le mal que la langue peut faire. Pour passer le temps (alors que Dieu dit de la racheter) quelqu'un plaisante; un second approuve, retient la plaisanterie pour pouvoir, le cas chant, la replacer avec autant de succs. Les manifestations de ce mal sont innombrables. Sans remords, on prend un secret plaisir rpandre le venin de la calomnie sur ses frres. Ce n'est pas que l'on ignore qu'il est injuste d'attaquer un absent ...Si quelqu'un pense tre religieux et qu'il ne tienne pas sa langue en bride, le service religieux de cet homme est vain (Jacques 1:26).

On peut mettre le mors aux chevaux pour les faire obir. Toute espce de btes sauvages a t dompte par l'homme, mais pour la langue, personne n'est parvenu la dompter ni l'asservir.

Remontons la source. La Parole de Dieu, toujours pntrante, nous livre les origines secrtes de ce vice. Elle dclare: "De l'abondance du coeur, la bouche parle.".

Mditons ces quelques mots de la Bible, et souvenons-nous que: "de toute paroles oiseuses que les hommes auront prononces, ils devront rendre compte au jour du jugement". Quels sont les remdes? La crainte de Dieu, sa Parole, son Esprit, son Amour dans nos coeurs.

La crainte de dplaire au Dieu qui nous a sauvs, nous a rachets, nous a donnes une telle part et une telle esprance. Sa Parole qui nous donne de si puissants correctifs quand elle trouve l'cho dans nos coeurs: "Tu n'iras pas et l, mdisant parmi ton peule" (Lvitique 19). Son Esprit qui nous conduit dans toute la vrit. Son amour qui nous porte donner notre vie pour nos frres.

Je rappellerai ci un trait connu de l'histoire d'Esope, fabuliste grec. Son matre Xanthus lui ayant donn l'ordre d'acheter au march ce qu'il y avait de meilleur et rien autre chose, Esope acheta des langues qu'il fit accommoder toutes les sauces. Les convives ne tardrent pas s'en dgoter. "H, qui a-t-il de meilleur que la langue? C'est le lien de la vie civile, la cl des sciences, l'organe de la vrit et de la raison."

Et bien, reprit Xanthus, qui prtendait l'embarrasser, achte-moi demain ce qu'il y a de pire. Le lendemain, Esope, ne fit encore servir que des langues disant que la langue est la pire des choses qui soit au monde. "C'est la mre de tous les dbats, la nourrice de tous les procs, la source des divisions et des guerres. Si elle est l'organe de la vrit, elle est aussi celui de l'erreur, et pire de la calomnie".

Ces paroles prononces 500 ans avant Jsus Christ sont toujours d'application.

Mais qui ce sujet de la mdisance, et considrons ensemble le bien immense qu'a fait et que peut faire ce petit membre. La bnignit (indulgence, douceur, condescendance affectueuse) de la langue est un arbre de vie (Proverbes 15:4).

L'ptre de Jacques au chapitre 3 place trois choses devant nous. D'abord le trs petit gouvernail d'un navire, ensuite un petit feu qui allume une grande fort et enfin une fontaine qui fait jaillir par la mme ouverture le doux et l'amer.

Le petit gouvernail amne au port la navire et sa cargaison si prcieuse, et ce malgr les lments contraires. C'est l'image du bien que la langue peut faire lorsqu'elle est bride et que nous sommes rendus capables de gouverner notre manire de parler par les principes de la nouvelle nature en Christ. Par elle, nous bnissons le Seigneur et Pre (et nous savons que la louange est biensante, chose agrable Dieu et qui est appele bonne - Psaume 147). Par elle aussi, ceux qui craignent l'Eternel durant un temps particulirement mauvais, relat dans le livre de Malachie, parlent l'un l'autre et captivent ainsi l'attention du Grand Dieu qui a fait les cieux et la terre, de telle sorte que l'Ecriture dit: "Il a t attentif".

Par la langue encore, nous nous consolons l'un l'autre (1 Thessaloniciens) en nous occupant du glorieux retour du Seigneur Jsus Christ. Par elle, nous nous difions l'un l'autre sur notre sainte foi. Et ainsi, encourags, nous poursuivons la route qui est devant nous. Par elle, nous pouvons faire connatre l'oeuvre merveilleuse de notre Sauveur, nous pouvons nous exciter l'un l'autre l'amour et aux bonnes oeuvres, remuer les coeurs de telle sorte que la Personne de Christ nous devienne toujours plus sensible. Ainsi, nous pouvons acqurir un titre que l'on ne rencontre pas souvent dans les Saintes Ecritures: "fils de consolation".

Par elle, nous pouvons ramener un gar dans le bon chemin, sauver une me de la mort et couvrir une multitude de pchs. Par elle, nous pouvons aussi consoler la veuve et l'orphelin; nous pouvons dire des choses si prcieuses de la Personne de Jsus quand notre langue est comme le style d'un crivain habile.

Par elle, nous pouvons parler de Celui qui a t crucifi, amener une me la connaissance de ce si grand salut et permette au Ciel de se rjouir. Nous pouvons galement bnir ceux qui nous perscutent et, service si prcieux, nous prions.

L'ternit livrera tous les secrets rsultats de ce travail de la prire, de l'intercession et de la supplication.

L'Ecclsiaste dit: "Les paroles de la bouche du sage sont pleines de grce" ... ou, en quelque sorte, sment la salut.

La langue peut tre bien employe pour chanter les louanges du Seigneur et ainsi permettre la joie selon Dieu de s'extrioriser; "Si quelqu'un est joyeux qu'il chante des cantiques".

Ecoutons la voix de la sagesse. Le psalmiste peut dire: "Toutes les paroles de sa bouche sont selon sa justice et en elle rien de pervers ni de tortueux" et David ajoute, comme un prend garde solennel: "La parole n'est pas encore sur ma langue que voil, Eternel, tu la connais toute entire".

Dieu est l'auditeur attentif de toutes nos conversations. Qu'Il nous donne la grce d'y songer davantage. Et si nous le ralisons, la chose est certaine, Il nous bnira.

"Celui qui garde sa langue garde son me de dtresse" et encore "Le rapporteur divise les intimes amis".

- Maurice Capelle






Pour vous prparer rencontrer Dieu,

voici les 5 pas vers le ciel









Vous tes sur la page :



Et vous tes arriv de la page :


Cliquez ici pour y retourner



Nous sommes dimanche 16 dcembre 2018