La mdisance, un spulcre ouvert
Dans son langage habituel, l'criture se sert des divers membres du corps pour exprimer les mouvements criminels de l'me. Elle dit par exemple : "Ils ont aiguis leur langue comme la langue du serpent; leur langue est un glaive tranchant;" (Ps 139,4 et 56,5) et plusieurs personnes entendent ces paroles de la langue elle-mme. Cependant elles ne s'appliquent point la langue, qui est l'oeuvre de Dieu; mais aux discours meurtriers qui percent les hommes et qui frappent d'une faon plus redoutable que le glaive.
"Leur langue est un glaive tranchant. - Les lvres de leur coeur sont trompeuses, et dans leur coeur ils ont dit le mal," est-il crit encore, non du membre corporel, mais des discours trompeurs. De mme, dans ce passage : "Toute la terre n'avait qu'une lvre," l'criture ne veut point enseigner que tous les hommes n'avaient qu'une lvre; elle dsigne simplement sous ce nom l'unit de langage. C'est pourquoi ces mots : "Toute la terre n'avait qu'une lvre," sont suivis de ceux-ci : "Et tous les hommes n'avaient qu'une voix." Pareillement, en disant : "Leur gosier est un spulcre bant," (Ps 5,11) elle ne s'en prend pas au gosier lui-mme, mais aux propos pernicieux, aux doctrines de mort qu'il profre. Qu'est autre chose le spulcre que le rceptacle des ossements et des corps des trpasss ? Or, telles sont les bouches des hommes qui accusent le Crateur; telles sont les bouches des hommes qui tiennent des propos obscnes, injurieux, et qui de leur gosier ne laissent sortir que des discours d'une dpravation qui inspire le dgot. Qu'il n'en sorte au contraire que de suaves odeurs, homme et non une odeur de mort : faites-en un trsor digne du Roi et non un spulcre digne de Satan. Si vous en faites un spulcre, du moins fermez-le, afin qu'il ne s'en exhale pas une odeur ftide. Vos penses sont-elles mauvaises, ne les exprimez pas dans votre langage; qu'elle restent au fond de votre me, et elles seront bientt touffes. Hommes comme nous sommes, une foule de penses perverses, honteuses, repoussantes, se prsentent bien des fois notre esprit; ayons seulement le soin de ne pas leur permettre de paratre la faveur des paroles, et elles perdront leur force par suite de cette compression, et elles disparatront. Si l'on enfermait dans une fosse des btes froces d'espces diffrentes, il suffirait de fermer l'ouverture suprieure de la fosse pour qu'elles fussent bientt suffoques; mais, qu'on y laisse une faible issue, de faon ce que l'air y puisse pntrer, on les soulage beaucoup, et bien loin de prir, elles n'en sont que plus redoutables. Ainsi en est-il pour les penses mauvaises qui naissent dans notre me : barrez-leur tout passage vers le dehors, vous en viendrez promptement bout; laissez-les l'aide du discours paratre la lumire, elles n'en deviendront que plus redoutables; permettez-leur au moyen de la langue, de respirer l'aise, et bientt de l'habitude des propos honteux vous glisserez dans l'abme des mauvaises actions. Aussi le prophte parle-t-il non d'un spulcre ordinaire, mais d'un "spulcre bant", indiquant de la sorte la leon que je viens de dvelopper. Effectivement, celui qui tient des propos mauvais ne se borne pas se dshonorer lui-mme, il cause encore le plus grand dommage son prochain et ceux qui partagent son entretien. Si l'on ouvrait les spulcres, la contagion envahirait les villes; de mme, lorsque s'ouvrent en libert les bouches propos honteux, elles rpandent autour d'elles la plus pernicieuse contagion. Aussi faut-il absolument mettre nos bouches une porte, des verrous, des freins. Qu'il n'y et au temps dont nous parlons qu'une langue unique, nous venons de le dmontrer; il nous reste dire pour quelle raison il s'en introduisit plusieurs autres.

Mais, en attendant , occupons-nous de considrations plus pratiques : exerons notre langue supporter le frein, ne pas profrer indistinctement tout ce qui se prsente l'esprit, ne pas accuser nos frres, ne pas nous dchirer et nous dvorer mutuellement. Certainement les morsures corporelles sont moins cruelles que les morsures opres par les paroles : les premires s'attaquent au corps, les secondes l'me, la rputation, et causent d'incurables blessures; celles-ci nous exposent en mme temps un chtiment d'autant plus terrible que les blessures faites seront plus graves. Ce qui enlvera de plus au dtracteur toute excuse, c'est qu'il ne pourra couvrir d'aucun prtexte, soit bon, soit mauvais, sa conduite perverse. Bien que les autres pchs aient des motifs draisonnables, ils en ont nanmoins : ainsi un dbauch satisfera sa passion, un voleur fuira la pauvret, un meurtrier assouvira sa haine; mais le dtracteur ne saurait allguer aucune raison. Dites-moi donc quelle somme sa conduite lui vaudra, quelle passion elle satisfera ? Tout ce que l'on trouvera de ce ct, ce sera de l'envie; et, comme l'envie n'est appuye sur aucune raison, soit bonne, soit mauvaise, elle est par cela mme de tout point inexcusable. Voulez-vous tout accuser ? je vous fournirai pour cela une juste et large matire. Voulez-vous profrer quelque mdisance ? dites vos propres pchs. Il est crit : "Dites vos pchs, et vous serez justifi." (Is 43,26) Voil une accusation qui vous donnera, avec du mrite et une couronne, la justice mme. " Le juste, est-il dit encore, commence toujours son discours par s'accuser," et non par accuser autrui. (Prov 18,17) Si vous accusez autrui, vous serez chti : si vous vous accusez vous-mme, vous serez rcompens. Rien ne prouve l'avantage que l'on trouve s'accuser de ses pchs comme cette sentence : "Le juste commence toujours par s'accuser lui-mme." Mais, s'il est juste, pourquoi s'accuse-t-il ? et, s'il s'accuse, comment est-il juste ? car le juste est au-dessus de toute accusation. C'est pour vous apprendre que, ft-il pcheur, ds lors qu'il accuse ses pchs, il en est justifi : voil pourquoi il est dit : "Le juste commence toujours son discours par s'accuser lui-mme." Et que signifie cette expression : Le juste "commence son discours," Faites bien attention : dans tout jugement il y a deux parties, la partie qui dnonce et la partie dnonce; la partie qui accuse et la partie accuse; l'une des deux doit rendre compte de sa conduite, l'autre n'y est point oblige. Or, la parole est toujours donne en premier lieu l'accusateur, qui n'a aucun compte rendre de ce qui le regarde. Ici c'est le contraire : tes-vous oblig de rendre compte de vos actes, ouvrez la bouche le premier, afin de vous soustraire aux consquences du jugement; n'attendez pas que l'accusateur prenne la parole. Quoique au nombre des accuss, dclarez vos fautes avant qu'aucune charge n'ait t introduite contre vous. La langue est un glaive tranchant : gardons-nous bien de blesser le prochain avec ce glaive; contentons-nous d'en user pour retrancher les parties gtes qui compromettent notre salut. Voulez-vous une preuve de l'usage o sont les justes de s'accuser eux-mmes au lieu d'accuser les autres ? coutez Paul s'crier : "Je rends grces Celui qui m'a fortifi, au Christ qui m'a jug fidle et qui m'a charg de ce ministre, moi qui ai d'abord t blasphmateur, perscuteur, dtracteur." (1 Tim 1,12-13) Voil comment il s'accuse lui-mme. " Le Christ, dit-il encore, est venu dans le monde sauver les pcheurs, desquels je suis le premier. -Je ne suis pas digne du nom d'aptre, ayant perscut l'glise de Dieu." (Ibid.,1( et 1 Cor 15,9)

Le voyez-vous en toute occasion se dprcier lui-mme ? C'est qu'il connaissait les avantages de ce genre d'accusation qui a pour fruit la justice. Toutes les fois qu'il avait s'accuser lui-mme, l'Aptre le faisait sans mnagement; mais, quand il voit juger la mauvaise conduite du prochain, il prend le ton le plus svre et il dit aux fidles : "Ne jugez point avant le temps; car le Seigneur viendra, et Il portera la lumire jusqu'au plus pais des tnbres, et Il mettra dcouvert les secrets des coeurs." (1 Cor 4,5) Laissez tout jugement Celui qui connat tous les mystres du genre humain. Alors mme que vous croiriez connatre parfaitement la conduite de votre frre, vous tes plus d'une fois induit en erreur. " Qui peut connatre ce qui se passe dans l'homme, sinon l'esprit qui est en lui ?" (1 Cor 2,11) Combien d'hommes que l'on mprise et que l'on ddaigne actuellement, resplendiront d'un clat plus vif que celui du soleil ! Combien, parmi les plus grands et les plus illustres, ne seront alors que poussire et spulcres blanchis ? Vous avez entendu Paul se dprcier lui-mme, et rappeler sans cesse dans les termes les plus vhments et les plus nergiques les pchs dont il n'avait cependant aucun compte rendre; car s'il s'tait rendu coupable, avant le baptme, d'outrages et de blasphmes, ces fautes, le baptme les avait effaces. S'il en rappelle le souvenir, ce n'est pas qu'il doive en rendre compte, mais pour faire clater la divine misricorde et montrer ce qu'il tait avant d'tre transform et chang en aptre, lui nagure perscuteur. Si l'Aptre n'oublie pas les fautes qu'il avait commises avant le baptme, plus forte raison ne nous faut-il pas oublier celles que nous avons commises aprs le baptme. Quelle cause pourrions-nous allguer, quelle indulgence mriter, si nous ne nous rappelions pas les prvarications dont le compte nous sera demand, alors que l'Aptre revient constamment sur des prvarications complte-ment effaces, et si, ngligeant nos propres fautes, nous nous occupions indiscrtement des fautes du prochain ? coutez Pierre s'crier : "Retire-toi de moi, car je suis un homme pcheur. " (Luc 5,8) coutez encore Matthieu publiant son premier genre de vie, s'appelant Publicain, et ne rougissant pas de faire connatre son premier tat. Comme ils n'avaient aprs le baptme aucun crime se reprocher, ils mentionnaient leur conduite antrieure, nous enseignant de la sorte ne faire aucune attention aux fautes d'autrui, mais nous proccuper de nos propres fautes et nous en entretenir continuellement.

Au surplus, il n'est point de remde plus capable d'effacer nos pchs, que de nous en souvenir sans cesse, que de nous en accuser toujours. C'est en s'criant : "Mon Dieu, sois propice moi pcheur," que le Publicain expia une infinit de crimes." (Luc 18,13) Et, si le pharisien devint indigne de toute justice, c'est parce qu'il oublia de repasser dans son me ses fautes, et qu'il condamna tous les hommes sans exception par ce langage : "Je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont tous ravisseurs, injustes, adultres, ni comme ce Publicain." (Ibid., 11) De l ce conseil de Paul : "Que chacun prouve ses oeuvres, et alors il aura lieu de se glorifier en lui-mme et non en autrui." (Gal 6,4) Voulez-vous maintenant apprendre de quelle manire les justes de l'Ancien Testament se traitaient ce sujet, prtez l'oreille leur langage; il est en harmonie avec celui que vous avez entendu tout l'heure. "Mes iniquits, disait David, se sont leves au-dessus de ma tte; elles ont pes sur moi comme un accablant fardeau." (Ps 37,5) - "Malheur moi, s'criait Isae, car je ne suis qu'un homme et mes lvres sont impures." (Is 6,5) Les trois enfants qui avaient t plongs dans la fournaise, et qui avaient offert pour le Seigneur leur corps la mort, se mettaient au dernier rang des pcheurs : "Nous avons pch, disaient-ils, nous avons commis l'iniquit." (Dan 3,29)Et pour-tant quelle beaut, quelle puret que celles de leur me ! Eussent-ils fait quelques pchs, ils avaient t tous consums par la flamme de la fournaise. Mais ce n'est point leur hrosme qui fixe leurs regards, c'est de leurs fautes qu'ils se souviennent. Daniel aussi, aprs avoir t enferm dans la fosse aux lions, aprs mille preuves, s'accusa lui-mme, et n'accusa jamais le prochain. Pourquoi cela ? parce que traiter le prochain en mauvaise part dans ses paroles, attire l'indignation du Seigneur; se condamner au contraire soi-mme rend le Seigneur misricordieux et propice : est-on juste, on en devient plus juste; est-on pcheur, on chappe toute condamnation, et l'on mrite indulgence. En consquence, occupons-nous, non des fautes d'autrui, mais de nos fautes nous; scrutons notre conscience, parcourons notre vie tout entire, recherchons avidement chacune de nos prvarications, et, sans jamais nous-mmes mdire du prochain, n'coutons jamais non plus le langage de la mdisance. A ce pch est rserv un terrible chtiment. N'est-il pas crit : "Vous n'accueillerez pas les vains propos ?" (Ex 23,1) Il n'y a pas : Vous ne croirez pas les vains propos, mais : "Vous ne les accueillerez pas. " Fermez donc vos oreilles, interdisez-en l'accs tout propos mdisant, et montrez que le dtracteur ne vous inspire pas moins d'aversion et de haine vous qu' sa victime elle-mme. Imitez le prophte qui disait : "Celui qui mdisait en secret de son prochain, je l'avais en horreur. (Ps 100,5) Il ne dit pas : je ne croyais pas ses paroles, je n'coutais pas son langage, mais bien : "je le repoussais comme j'eusse repouss mon propre ennemi."

Il y a des personnes qui croient trouver une excuse dans cette singulire prire : Seigneur, ne m'impute point pch d'avoir entendu tel langage. A quoi bon cette excuse, quoi bon cette indulgence que vous rclamez ? Gardez le silence et vous ne serez point mis en cause; gardez le silence et vous n'aurez rien redouter. Pourquoi vous mettre dans l'embarras et du ct de Dieu, et du ct des hommes ? pourquoi vous exposer de graves accusations ? pourquoi vous charger d'un fardeau trop lourd ? N'est-ce point assez d'avoir rendre compte de vos propres pchs sans y aller ajouter la responsabilit des pchs d'autrui ? Vainement parleriez-vous de la sorte : ce n'est point d'avoir entendu que vous tes responsable, c'est encore de la dtraction elle-mme. Parce que vous ne vous tes pas tu aprs avoir en-tendu, votre responsabilit en a t augmente d'autant : "Vous serez justifi d'aprs vos propres paroles, et par vos propres paroles vous serez condamn." (Mt 12,37) Si je tiens ce langage si j'exprime de pareilles craintes, ce n'est pas pour ceux qui sont l'objet des mdisances, mais pour ceux qui les profrent. Les premiers n'en ressentent aucune peine, aucun dommage. Les a-t-on calomnis, ils en recevront une rcompense; a-t-on dit sur eux ce qui tait vrai, ils n'en sont pas pour cela dshonors : ce n'est point votre langage injurieux qui dictera au juge leur sentence. J'avancerai mme une proposition trange, et je dirai qu'ils retireront de ces propos venimeux le plus prcieux profit, en les supportant avec gnrosit, comme il arriva au Publicain. Mais pour le dtracteur, que ses injures envers le prochain soient ou ne soient pas fondes, il se fait lui-mme le mal le plus grand. Que la perdition soit son partage s'il est calomniateur, inutile de le dmonter : qu'il s'expose un jugement redoutable, mme quand il dit la vrit, pour avoir mis nu les misres de son frre, pour tre devenu une cause de scandale, pour avoir dcouvert tous les regards ce qu'il aurait fallu cacher, pour avoir publi les pchs d'autrui, c'est une chose qui n'est pas moins vidente. Si pour avoir scandalis un seul individu on est vou d'ternels supplices, quel sera le chtiment de celui qui, par de pernicieux discours, scandalise une foule de personnes ? Il ne mentait pas, le pharisien, il disait la vrit quand il appelait le Publicain : "ce Publicain;" et cependant il en fut puni.

C'est pourquoi, mes bien-aims, fuyons la dtraction : il n'est point de faute plus funeste que celle-l, il n'en est pas de plus facile commettre. Pourquoi cela ? parce qu'elle sur-passe en rapidit tout autre pch, et qu'elle nous frappe en un instant notre insu. Pour les autres pchs, il faut du temps, des frais, des dlais, des cooprateurs, et plus d'une fois dans cet intervalle on y renoncera. Ainsi, par exemple, celui-ci se propose un homicide, celui-l de voler et de dpouiller son prochain; des prparatifs sont ncessaires, et souvent, tandis qu'on attend le moment propice, la colre s'vanouit, on repousse ces penses perfides, on finit par ne pas mettre excution son dessein. Il n'en est pas de mme dans la dtraction; et, moins d'une vigilance et d'une attention extrmes, nous sommes bientt emports : ici nul besoin ni de temps, ni de dlai, ni d'argent, ni de prpara-tifs; nous n'avons qu' vouloir, et notre volont est soudain excute; car le seul cooprateur qui soit ncessaire est la langue. puisque le pch est si prompt clater, que nous en sommes pour ainsi dire environns; puisque le chtiment en est redoutable, et que nous n'en retirons aucun avantage, grand ou petit, fuyons-en avec soin la contagion, et, au lieu de divulguer les pchs de nos frres, tenons-les cachs : avertissons-les, suivant cette parole du Seigneur : "Votre frre, s'est-il rendu coupable envers vous, allez et reprenez-le seul seul." (Mt 18,15) Le remde sera d'autant plus salutaire qu'il aura t appliqu en prsence d'un plus petit nombre de tmoins. Ne dchirons pas et ne rongeons pas les blessures d'autrui; ressemblons non aux mouches, mais aux abeilles. Les mouches vont se reposer sur les plaies et les envenimer pour leurs piqres; les abeilles ne volent que de fleur en fleur. Aussi ces dernires font-elles le miel, tandis que les premires aggravent l'tat des corps sur lesquels elles se sont reposes; et voil pourquoi les unes sont dtestes, et les autres aimes et recherches de tout le monde. Laissons de mme notre me s'envoler dans la prairie o brillent les vertus des saints, laborer continuellement les parfums de leurs belles actions, et gardons-nous bien d'envenimer le mal du prochain : si nous apercevons l'un de nos frres agissant de la sorte, fermons-lui la bouche, pourvoyons sa scurit par la crainte du supplice, et rappelons-lui les liens troits qui l'unissent aux fidles. Tout cela est-il inutile, jetons-lui alors ce nom odieux de mouche, afin que cette qualification ignominieuse le dtourne de sa triste habitude, et qu'une fois dlivr de cette manie funeste, il consacre tous ses loisirs la recherche de ses propres pchs. Il s'ensuivra que les pcheurs se relveront en songeant leurs prvarications qui n'auront pas t divulgues, qu'en s'occupant constamment des maux commis par eux ils les effaceront avec facilit, que le souvenir du pass les mettra en garde contre les chutes venir, et enfin qu'en ne cessant d'tudier la vertu des saints, ils seront remplis de l'ardent dsir de marcher sur leurs traces. De la sorte nous aurons la consolation de contribuer au bon tat du corps entier de l'glise, et nous pourrons entrer avec tous ceux qui lui appartiennent dans le royaume des cieux. Puissions-nous tous le possder par la Grce et l'Amour de notre Seigneur Jsus Christ, par lequel et avec lequel gloire soit au Pre ainsi qu'au saint Esprit, maintenant et toujours, et dans les sicles des sicles. Amen.

- Jean Chrysostome





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