La trajectoire de Marie dans le Nouveu Testament


L'unique médiateur Jésus-Christ et la foi en lui; les bonnes oeuvres et les prières aux saints.

L'Église catholique proclame à son peuple que la justification et la Rédemption sont venues par la grâce donnée par Dieu en raison de la mort et de la résurrection de Jésus. Les êtres humains sont incapables de gagner la Rédemption (ou salut); il ne s'obtient pas non plus par les bonnes oeuvres. Celles-ci s'accomplissent par la grâce divine en réponse à l'action rédemptrice de Dieu dans le Christ. Si le catholicisme romain a reconnu l'intercession des saints elle relève de la signification donnée à l'ordre biblique qui nous est fait de prier les uns pour les autres: ce mot «nous» n'englobe pas seulement les croyants de la terre mais ceux qui nous ont précédés et sont devenus saints en la présence de Dieu au ciel. Cette intercession est utile et salutaire mais en nulle manière nécessaire au sens où l'est la médiation de Jésus-Christ. Toute intervention des saints en notre faveur doit être acceptée par Dieu et associée à la médiation suprême de Jésus-Christ, unique grand prêtre. Il n'en est pas d'autre par qui nous puissions être sauvés, comme l'affirme le passage des Actes 4:12.

Quelle est l'importance de Marie dans la Bible?

Il faut, pour répondre, établir des distinctions entre les textes du N.T. Dans le récit de Marc, que la plupart des spécialistes tiennent pour le plus ancien des évangiles, elle fait simplement une apparition au cours du ministère de son fils. En 3:31-35 elle le cherche en compagnie des frères de Jésus, apparemment pour le ramener à la maison car l'intensité de son nouveau style de vie et sa prédication les rendent perplexes, 3:21.

Chez Matthieu la scène est reprise; mais l'image de Marie est ici adoucie dans son ensemble du fait qu'au chapitre 1 il a été indiqué que la mère de Jésus n'a pas conçu son fils d'un père humain mais du St-Esprit. C'est pourquoi il n'y a pas de doute que Matthieu présente au lecteur un portrait positif de Marie, même si dans les pages sur le ministère son image n'est nulle part très détaillée.

Chez Luc le rôle de Marie est considérablement étendu. Alors que dans le récit matthéen de l'Enfance elle n'est qu'une figure située à l'arrière-plan, dans le récit lucanien elle est l'acteur principal. Et Luc résout la tension née de l'opposition entre une famille constituée par les relations de disciples et la famille naturelle de Jésus par la naissance. Il le fait dans le récit de l'Annonciation, où Marie reçoit d'un ange le message de Dieu et dit: «Qu'il m'advienne selon ta parole» Lu.1:38. Ainsi donc, si le disciple est celui qui entend la parole de Dieu et qui la met en pratique, Marie est devenue la première d'entre eux car elle est la première à avoir entendu la parole de Dieu et à avoir consenti de tout coeur à ce qu'elle s'accomplisse. Luc va d'ailleurs plus loin en lui faisant proclamer la Bonne Nouvelle dès le Magnificat 1:46-55. Il est clair pour cet évangéliste que la mère de Jésus a reçu une faveur particulière du Seigneur et qu'elle est bénie parmi les femmes. En 2:19, 51, nous apprenons qu'en ce qui concerne le mystérieux plan de Dieu pour son Fils, elle garde tout cela dans son coeur - ce qui nous prépare à un nouveau rôle qu'elle sera amenée à jouer dans la vie de Jésus. Luc conserve le fond de la scène marcienne où Marie et les frères de Jésus viennent chercher Jésus, mais il y supprime toute opposition entre la famille naturelle et celle formée par les disciples 9:12-21. Cette suppression de toute tension est en harmonie avec l'idée de l'évangéliste selon laquelle la famille naturelle fait déjà partie des disciples. Cela explique aussi pourquoi au début du livre des Actes il place Marie et les frères de Jésus à côté des Douze et des femmes dans le groupe réuni à Jérusalem dans l'attente de l'effusion de l'Esprit au jour de la Pentecôte. Dans le récit lucanien, du début à la fin Marie se conduit comme un disciple obéissant.

Tout en contenant des matériaux différents de ceux de Luc, le récit de Jean a quelque chose de semblable dans le ton. Marie apparaît au pied de la croix. Jean seul rapporte la présence d'amis sur le lieu du supplice et, en fait, il s'intéresse à deux personnages qu'il ne nomme jamais, à savoir le disciple que Jésus aimait et la mère de Jésus. L'un et l'autre acquièrent dans le 4ème évangile une importance symbolique. Le premier est le disciple idéal, qui est demeuré toujours fidèle, même à Jésus en Croix; et il est donné pour fils à la mère du Crucifié. La question familiale revient donc ici encore. La véritable famille de Jésus, qu'il a laissée derrière lui à la Croix et à laquelle en mourant il remet l'Esprit, est constituée de sa mère (la famille naturelle) et du disciple bien-aimé (la famille selon les relations de disciples), et les deux maintenant ne font plus qu'un; le disciple est devenu le frère de Jésus et Marie et devenue la propre mère du disciple.

Ainsi donc, même si les matériaux évangéliques sont limités, les deux derniers évangiles démontrent très clairement que, vers la fin du 1er siècle, un rôle remarquable dans la relation de disciples était attribué à la mère de Jésus dans différents groupes constituant l'Église primitive. Dans un ouvrage oecuménique, oeuvre collective de spécialistes catholiques et protestants, Marie dans le N.T., nous avons mis l'accent sur la «trajectoire» de Marie, qui grandit dans les sections chronologiquement plus récentes du N.T. et se poursuit dans la suite de la vie de l'Église jusqu'à ce qu'elle soit proclamée la plus parfaite de tous les chrétiens. Certains de nos frères et soeurs protestants sont peut-être hésitants devant les derniers développements de la mariologie, mais, comme le montre bien cette notion de trajectoire, ces derniers développements ne sont pas sans rapport avec le N.T.

Raymond E. Brown «101 questions sur la Bible»

Un des plus éminents spécialistes de la Bible (membre de la Commission biblique pontificale, docteur honoris causa d'une vingtaine d'universités)






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