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Canon des Saintes Écritures
Introduction
À l’origine, le roseau (héb. : qanèh) servait de règle ou d’instrument
de mesure (Éz 40:3-8; 41:8 ; 42:16-19). L’apôtre Paul
appliqua le mot kanôn au " territoire " mesuré qui
lui était attribué, ainsi qu’à la " règle de
conduite " au moyen de laquelle les chrétiens devaient
mesurer leurs manières d’agir (2Co 10:13-16 ; Ga 6:16). Le
"canon de la Bible" en vint à désigner le catalogue
des livres divinement inspirés dignes de servir de règle en
matière de foi, de doctrine et de conduite.
Élaboration du canon
D’après l’historien
juif Josèphe et la tradition juive, Ezra a commencé à compiler
et à cataloguer le canon des Écritures hébraïques, et Nehémia
a achevé le travail. Ezra était l’un des rédacteurs
inspirés de la Bible, il était aussi prêtre, érudit et
copiste officiel des écrits sacrés (Ezra 7:1-11). Conformément
aux écritures, le canon devait être achevé par des
contemporains de Jésus, de surcroît, israélites selon la chair
et membres de l’Israël spirituel de Dieu (Rom 3:2; Dan 9:24;
1Pi 2 :9). Ce fait fut reconnu jusqu’au développement de l’apostasie.
Josèphe, historien
juif du Ier siècle, montre que seuls
les quelques livres (du canon hébraïque) tenus pour
sacrés étaient reconnus; il dit : "Il n’existe pas chez nous une
infinité de livres en désaccord et en contradiction, mais vingt-deux
seulement
[certains ont été regroupés comme déjà expliqué] qui contiennent les
annales de tous les temps et obtiennent une juste créance" (Contre
Apion,
I, 38, 41 [VIII]). Plus tard le concile
juif de Jamnia (vers 90 de n. è.) exclut nettement tous les écrits
apocryphes
du canon hébraïque, ce qui dénote que le canon existait déjà.
Dans
les
faits, c'est la Grande Synagogue de Jérusalem qui fixa ce canon
Le simple fait qu’un ouvrage religieux ait été rédigé, ait été préservé
pendant des siècles et soit respecté par des millions de gens
ne prouve pas son origine divine ni sa canonicité. Il doit
porter l’empreinte de son divin Auteur, garantissant qu’il
a été inspiré par Dieu.
Établissement de la canonicité.
Y-a-t-il des indications fournies par Dieu qui permettrait d’établir la
canonicité des 70 livres de la Bible ? Son contenu doit attester
qu’il a été inspiré par l’esprit saint de Dieu (2 Pierre
1:21) :
-
Son message doit tourner les hommes vers le culte du Créateur tout
puissant, et faire naître en eux un profond respect pour
son nom, ses œuvres, et pour ses desseins à l’égard
de la terre (Révélation 4:11; Psaume 29:1,2 ; Psaume 37:28-29),
ce qui les incite à l'aimer et le servir (Marc 12:30;
Deutéronome 6:4-5; Jean 6:44).
- Son message met en évidence qu’il n’y a pas de salut en dehors
de Yahwah ou des dispositions
qu’il prend (Isaïe 43:3,11; Psaume 7:10; 22; 83;
Luc 2:11).
- Il met le lecteur en garde contre la superstition, le démonisme
et
le culte de la créature (Psaume 135:15-18; Galates 5:19-21 Isaïe
44 :14-20).
- Il doit être en complète harmonie avec le reste de la Bible,
notamment avec les principes fondamentaux du culte pur établi
dans le Pentateuque. Les écrits postérieurs confirment,
clarifient et développent ce qui est précédemment écrit
(Deutéronome 4:2; Proverbe 30:6; Révélation 22:18-19).
- Il doit être
en conformité avec le "modèle divin des paroles
salutaires" et avec les enseignements de Jésus
Christ (II Timothée 1:13).
- On attend également
de tels écrits qu’ils soient totalement dépourvus
de mythes ou de fables. Le récit est historiquement vrai
et ses documents sont dignes de confiance (1Timothée 4:7;
2 Timothée 4:4; Tite 1:14 ; 2 Pierre 1:16).
- Son contenu se révèle prophétique et prononcé au nom de Yahwah Isaïe 55:11).
Remarque: de même que le Dieu tout puissant a inspiré des
hommes pour
qu’ils mettent par écrit ses directives afin de les
instruire, de les stimuler et de les encourager dans son culte et
dans son service, il allait les diriger et les guider dans la
compilation des écrits inspirés et l'élaboration du canon de
la Bible, afin qu’il n’y ait aucun doute quant au
contenu de sa Parole de vérité et à ce qui constitue la règle
permanente dans la pratique du vrai culte. En fait, c’est
seulement ainsi que des créatures sur la terre pourraient
continuer à recevoir ‘ une nouvelle naissance [...] grâce
à la parole de Dieu ’ et à attester que " la parole
de Yahwah subsiste pour toujours" (1 Pierre 1:23, 25).
Le canon hébraïque.
Afin que les plus
petits livres ne s'égarent , les 43 livres ont été regroupés
par les juifs selon le modèle suivant:
La
Loi (Pentateuque)
| 1.
Genèse |
2.
Exode |
3.
Lévitique |
4.
Nombres |
5.
Deutéronome |
Les
Prophètes
| 6.
Josué |
7.
Juges |
8.
Samuel (Un et deux en un seul livre) |
9.
Rois (Un et Deux en un seul livre) |
10.
Isaïe |
| 11.Jérémie |
12.Ézékiel |
13.
Les douze prophètes (Hoshéa, Yoël, Amos, Obadia,Yona,
Mika, Nahoum, Habaqouq, Tsephania, Haggaï, Zekaria et
Malaki, en un livre)
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Les
Écrits (Hagiographes)
| 14.
Psaumes (livres 1 à 5) |
15.Proverbes |
16.
Job |
17.
Chant de Salomon |
18.
Ruth |
| 19.Lamentations |
20.Ecclésiaste |
21.Esther |
22.Daniel |
23.
Ezra (Nehémia était inclus dans Ezra) |
| 24.
Chroniques (Un et Deux en un seul livre) |
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Remarque: les écrivains inspirés ont emprunté à la
majorité des
livres du canon hébraïque, tous écrits avant Nehémia et
Malaki, en revanche ils n’ont tiré aucune citation des prétendus
écrits inspirés rédigés après Nehémia et Malaki et jusqu’à
l’époque de Christ. Cela confirme l’opinion
traditionnelle des Juifs, et aussi la croyance de la congrégation
chrétienne du Ier siècle, selon lesquelles le canon des Écritures
hébraïques se termine avec les écrits de Nehémia et de Malaki.
Le témoignage des catalogues primitifs.
Un coup d’œil
sur le tableau concernant les principaux catalogues primitifs révèle
que certains catalogues des Écritures grecques du IVème
siècle,
datés d’avant le concile de Carthage, sont en parfait
accord avec le canon actuel et que d’autres omettent
seulement la Révélation. Avant la fin du IIe siècle, les
quatre Évangiles, les Actes et 12 lettres de l’apôtre Paul
étaient universellement acceptés. Seule l’authenticité de
quelques-uns des petits écrits était mise en doute dans
certaines régions, vraisemblablement parce que pour quelque
raison leur circulation fut limitée au début, et qu’il
fallut donc plus longtemps pour qu’on reconnaisse leur
canonicité.
Parmi les catalogues
primitifs, l’un des plus intéressants est le canon que L.
Muratori découvrit à la Bibliothèque ambrosienne de Milan (Italie)
en 1740, et qu’il publia lui-même. Bien que le début fasse
défaut, ce catalogue fait référence à Luc comme au troisième
Évangile, ce qui sous-entend qu’il mentionnait d’abord
Matthieu et Marc. Le Canon de Muratori, en latin, date de la
deuxième moitié du IIème siècle de n. è. C’est l’un
des documents les plus intéressants, comme en témoigne cette
traduction partielle : "Le troisième livre de l’Évangile
est celui de Luc. Luc, médecin réputé, l’écrivit en son
nom propre [...]. Le quatrième livre de l’Évangile est
celui de Jean, l’un des disciples [...]".
On notera que, vers
la fin du Canon de Muratori, seules deux lettres de Jean sont citées.
Cependant, une encyclopédie déclare que ces deux lettres de
Jean " ne peuvent être que la deuxième et la troisième,
dont le rédacteur se présente simplement comme étant ‘ l’ancien
’. Ayant déjà traité, quoique incidemment, de la
première en rapport avec le quatrième Évangile, et affirmé
ainsi sa croyance absolue dans son origine johannique, l’auteur
se sentait autorisé ici à se limiter aux deux lettres plus
courtes ". À propos de l’absence apparente de toute référence
à la première lettre de Pierre, cette encyclopédie dit ensuite
: "L’hypothèse la plus vraisemblable est peut-être la
perte de quelques mots, voire même d’une ligne dans
laquelle il était dit que la première épître de Pierre et l’Apocalypse
de Jean avaient été reçues".
Vers 230 de n. è.,
Origène acceptait comme faisant partie des Écritures inspirées
la lettre aux Hébreux et celle de Jacques, qui ne figuraient ni
l’une ni l’autre dans le Canon de Muratori. En
indiquant que certains mettaient en doute leur canonicité, il
montrait qu’à l’époque la canonicité de la plupart
des Écritures grecques était reconnue, seuls quelques-uns émettant
des réserves au sujet des lettres moins connues. Plus tard,
Athanase, Jérôme et Augustin confirmèrent les conclusions des
listes antérieures en déclarant canoniques les 27 livres que
nous connaissons aujourd’hui.
La majorité des
catalogues du tableau sont des listes précises des livres
reconnus canoniques. Ceux d’Irénée, de Clément d’Alexandrie,
de Tertullien et d’Origène sont complétés à partir des
citations qu’ils font et qui révèlent la façon dont ils
considèrent les écrits auxquels ils se réfèrent. À celles-ci
s’ajoutent encore les textes d’Eusèbe, l’un des
historiens des premiers siècles. Toutefois, le fait que ces
auteurs omettent de mentionner certains écrits canoniques n’est
pas une raison pour contester leur canonicité. S’ils n’y
ont pas fait référence dans leurs ouvrages, c’est
simplement par choix ou en raison des sujets traités. Mais
pourquoi n’y a-t-il pas de listes précises antérieures au
Canon de Muratori?
Ce ne fut pas avant
la venue de critiques comme Marcion, au milieu du IIème
siècle,
que la question se posa de savoir quels livres les chrétiens
devaient accepter. Marcion composa son propre canon pour l’adapter
à ses doctrines, ne retenant que certaines des lettres de l’apôtre
Paul et une forme altérée de l’Évangile selon Luc. Cela,
ajouté à la multitude d’écrits apocryphes en circulation
dans le monde d’alors, conduisit ceux qui dressaient les
catalogues à établir la liste des livres qu’ils jugeaient
canoniques.
Réflexion digne d’intérêt:
Tous les rédacteurs
des Écritures grecques chrétiennes ont été, de façon ou d’autre,
étroitement associés au collège central originel de la congrégation
chrétienne, lequel comprenait les apôtres que Jésus avait
choisis personnellement (Judas ayant été remplacé). Matthieu,
Jean et Pierre figuraient parmi les 12 premiers apôtres, et Paul
fut par la suite choisi comme apôtre sans toutefois être compté
au nombre des 12. Si Paul était absent lors de l’effusion
spéciale de l’esprit à la Pentecôte, Matthieu, Jean et
Pierre, eux, étaient présents, ainsi que Jacques, Jude et
probablement Marc (Actes 1:14). Pierre classe spécifiquement les
lettres de Paul avec "le reste des Écritures" (2
Pierre 3:15, 16). Marc et Luc furent les proches collaborateurs
et compagnons de voyage de Paul et de Pierre (Actes 12:25 ; 1
Pierre 5:13; Col. 4:14 ; 2 Tim. 4:11). Tous ces écrivains ont
été dotés par l’esprit saint de pouvoirs miraculeux, soit
à la Pentecôte avec l’effusion spéciale de l’esprit,
soit lors de la conversion de Paul (Actes 9:17, 18) ou, comme
sans doute dans le cas de Luc, par l’imposition des mains
des apôtres (Actes 8:14-17). La rédaction de toutes les Écritures
grecques chrétiennes a été achevée pendant la période où s’exerçaient
les dons de l’esprit.
Le Rôle
de la Grande Synagogue dans la fixation du Canon
Dès les temps reculés, notamment à la partir de
sa déportation à Babylone, les membres du peuple juif virent la
nécessité de se réunir, afin
de ne pas perdre l' identité religieuse. Ceux-ci constituaient parfois
une
communauté (Ez 3:15). Qui plus est, sous le règne d'Assuérus et à
l'époque de la reine Esther (475 BCE), des rassemblements
organisés avaient lieu, car on voit mal comment le peuple juif aurait pu
préparer sa défense. Il est clairement établi que depuis leur
déportation et
jusqu'à leur retour dans la terre promise, les représentants du peuple,
les
anciens, jouaient un rôle religieux prépondérant. Sur ce sujet on peut
considérer les livres de Néhémie et d'Esdras. Par ailleurs, il est
clairement fait mention
de rassemblements au Psaume 137.
Particulièrement depuis la période du second temple (vers
500 BCE), la synagogue avait un rôle central dans la communauté juive.
Toutes
les sources les plus anciennes convergent vers le fait que l'activité de
la
Grande Assemblée ou de la Grande synagogue de Jérusalem a débuté avec
Esdras et
Néhémie. Esdras était prêtre et copiste et était revenu vers la ville
sainte avec
un mandat du roi de Perse pour enseigner la loi aux juifs habitant la
région et
exercer les fonctions de juge. Il est intéressant de noter que dans le
livre qui
porte son nom au chapitre 2 verset 63, il était connu que l'Urim et le
Thummim servaient encore
pour prendre des décisions importantes. Ils pouvaient être utilisés pour
confirmer ou infirmer des arrêts, des verdicts ou les paroles de
quelqu'un qui se
disait parler au nom de
Dieu.
La
période de la Grande Synagogue continua jusque vers l'an 300 de notre
ère,
après quoi apparut le Sanhédrin ou le tribunal des Juifs. Ainsi avant
que ne
se fit la Septante, le Canon de Jérusalem était fixé. Il contenait les
43
livres inspirés en hébreu et araméen (39 si on compte 1 livre pour les
Psaumes), de la Genèse à Malachie, et il interdisait les livres
apocryphes qui
furent ajoutés à la Septante. Jésus et les huit rédacteurs des Écritures
grecques confirmèrent le Canon de Jérusalem, car ils firent tous des
citations
en provenance du Canon de Jérusalem mais jamais des livres apocryphes
ajoutés
à la Septante.
source : http://membres.multimania.fr/biblia/bible/canon.htm
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