Canon des Saintes Écritures
Définition du canon des Écritures

Le canon est associé au combat dans notre pensée moderne, alors pourquoi parle-t-on de canon des Écritures ?

À l’origine, le roseau (héb. : qanèh) servait de règle ou d’instrument de mesure comme la règle d'un charpentier (Ézéchiel 40:3-8; 41:8 ; 42:16-19).

Ezéchiel 40:3 Il me conduisit là; et voici, il y avait un homme dont l'aspect était comme l'aspect de l'airain; il avait dans la main un cordeau de lin et une canne (héb. : qanèh) pour mesurer, et il se tenait à la porte.

Jésus est le divin charpentier et il nous a donné sa règle de conduite. C'est dans ce sens que l’apôtre Paul appliqua le mot grec kanôn comme la " règle de conduite " au moyen de laquelle les chrétiens devaient mesurer leur manière d’agir (Galates 6:16, Philippiens 3:15-16).

Galates 6:16 Paix et miséricorde sur tous ceux qui suivront cette règle (grec : kanon), et sur l'Israël de Dieu!

Philippiens 3:15 Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons cette même pensée; et si vous êtes en quelque point d'un autre avis, Dieu vous éclairera aussi là-dessus. 16 Seulement, au point où nous sommes parvenus, marchons d'un même pas (grec : kanôn).

Dans 2Corinthiens 10:13-16, le « kanôn » se rèfère plutôt au " territoire " mesuré qui lui était attribué (2Corinthiens 10:13-16).

2Corinthiens 10:13 Pour nous, nous ne voulons pas nous glorifier hors de toute mesure; nous prendrons, au contraire, pour mesure les limites (grec : kanôn) du partage que Dieu nous a assigné, de manière à nous faire venir aussi jusqu'à vous. 14 Nous ne dépassons point nos limites (grec : kanôn), comme si nous n'étions pas venus jusqu'à vous; car c'est bien jusqu'à vous que nous sommes arrivés avec l'Evangile de Christ. 15 Ce n'est pas hors de toute mesure, ce n'est pas des travaux d'autrui, que nous nous glorifions; mais c'est avec l'espérance, si votre foi augmente, de grandir encore d'avantage parmi vous, selon les limites (grec : kanôn) qui nous sont assignées, 16 et d'annoncer l'Evangile au delà de chez vous, sans nous glorifier de ce qui a été fait dans les limites (grec : kanôn) assignées à d'autres

Dans aucun de ces passages, le mot grec kanôn n’est utilisé pour les Écritures.  La première fois que ce mot a été utilisé pour les Écritures, c'est par le célèbre apologète Athanase au quatrième siècle.

Le canon de la Bible en vint alors à désigner le catalogue des livres divinement inspirés dignes de servir de règle en matière de foi, de doctrine et de conduite. Le canon des Écritures est donc un territoire spirituel dont le Saint-Esprit a établi des limites. Beaucoup de livres sont édifiants, mais seulement ceux faisant partie de la Bible ont le droit d'être considérés comme étant la Parole de Dieu écrite.

Fondamentalement, quand nous parlons de canonicité aujourd’hui, nous parlons de la qualité du caractère des Écritures par laquelle elles sont notre règle de foi et de vie en tant que l’infaillible et inerrante Parole de Dieu.  Cela veut dire qu’une chose est canonisable, qu’elle rencontre les normes.  Elle est à la hauteur des règles de canonicité.  Et c’est là le caractère des Écritures.  Elles se montrent à la hauteur comme étant divinement inspirées par Dieu, donc, en retour elles deviennent notre règle.

Pour mieux comprendre ce qu'est le canon, nous pourrions prendre exemple sur la canonisation des saints dans l'Église catholique, quand des gens pieux rencontrent les normes établies par l'Église catholique, ils deviennent canonisés. De même, les livres rencontrant les normes établies par l'Église sont canonisés, reconnus comme étant la Parole de Dieu.

Formation du canon des Écritures


De même que le Dieu tout puissant a inspiré des hommes pour qu’ils mettent par écrit ses directives afin de les instruire, de les stimuler et de les encourager dans son culte et dans son service, il allait les diriger et les guider dans la compilation des écrits inspirés et l'élaboration du canon de la Bible, c'est le témoignage intérieur que reçoivent ceux qui sont habités par le Saint-Esprit.

Mais cela ne fut pas un processus facile, cela a pris des siècles avant que le Nouveau Testament soit fixé définitivement aux deux conciles de Carthage en Afrique du Nord, en 397 et en 419 ap JC en Occident. En Orient ce n'est qu'en 506 que la Bible syriaque inclut les mêmes livres qu'en Occident.

Le canon juif a été établi progressivement, au fur et à mesure de la rédaction des livres inspirés. Lorsqu'un prophète écrivait un ouvrage, celui-ci était tout naturellement incorporé parmi les textes sacrés. Par exemple, le prophète Daniel considérait les écrits de Jérémie, son aîné de quelques décennies, comme faisant partie du canon biblique (Dan 9.2).

Plusieurs Pères de l'église refusaient de reconnaître le Cantique des Cantiques comme inspiré, à cause de son caractère érotique.

Mais regardons d'abord la formation de l'Ancien Testament.

D’après l’historien juif Josèphe et la tradition juive, Esdras a commencé à compiler et à cataloguer le canon des Écritures hébraïques, et Néhémie a achevé le travail. Esdras était l’un des rédacteurs inspirés de la Bible, il était aussi prêtre, érudit et copiste officiel des écrits sacrés (Esdras 7:1-11). Conformément aux Écritures, le canon devait être achevé par des contemporains de Jésus, de surcroît, israélites selon la chair et membres du peuple d’Israël (Romains 3:2; Daniel 9:24).

Romains 3:1 Quel est donc l'avantage des Juifs, ou quelle est l'utilité de la circoncision?
2 Il est grand de toute manière, et tout d'abord en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés.

Daniel 9:24 Soixante-dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta ville sainte, pour faire cesser les transgressions et mettre fin aux péchés, pour expier l'iniquité et amener la justice éternelle, pour sceller la vision et le prophète, et pour oindre le Saint des saints.

En l'an 70 ap. J.C., l'anéantissement de la révolte juive par le général romain Titus a été un désastre, tant sur le plan national (par la dispersion des Juifs dans l’Empire romain) que religieux (par la destruction du second temple de l’Éternel à Jérusalem). Peu après, en 98, quelques rabbins, tous issus des milieux pharisiens, se retrouvèrent à Jamnia, bourgade proche de Jaffa, pour restructurer la religion juive et répondre à certaines questions relatives au canon de la Bible hébraïque.

Pour les responsables religieux juifs de Jamnia, la période d’inspiration des textes sacrés a duré de Moïse (considéré comme le rédacteur des 5 premiers livres, la Torah) jusqu’à Artaxerxès (465-423). En effet, ils ont estimé que l’ère prophétique est révolue depuis Malachie (vers 420 avant J.-C.). Cette limite dans le temps permet d’éliminer systématiquement tous les écrits postérieurs à cette date, par exemple les 7 livres apocyphes écrits seulement en grec qu'on retrouve dans la traduction grecque Septante. On élimine aussi le foisonnement des productions apocalyptiques qui risquaient de remplacer, par un illuminisme individualiste, le solide attachement aux écrits reconnus. Cette publication officielle ne fit que confirmer un état de fait, puisque Flavius Josèphe (historien juif, 37-100) signalait déjà dans un de ses ouvrages l’existence d’un ensemble de 22 rouleaux qui faisaient référence dans la religion juive. Je le cite ci-dessous :
"Il n’existe pas chez nous une infinité de livres en désaccord et en contradiction, mais vingt-deux seulement [en tenant compte du fait que certains livres de l'Ancien Testament ont été regroupés] qui contiennent les annales de tous les temps et obtiennent une juste créance" (Contre Apion, I, 38, 41 [VIII]).
La Mishnah est une codification de la loi orale traditionnelle des juifs, écrite autour de 200 ap JC, elle nous donne une tradition historique ininterrompue concernant les gens responsables de la préservation de la Torah depuis le temps de Moïse jusqu'au concile de Jamnia.

Jésus et les apôtres se sont d'ailleurs toujours référés à cet ensemble de 22 livres lorsqu'ils parlaient de l'Ecriture (appelée parfois "loi" ou "loi et prophètes" ou encore "loi, prophètes et psaumes"), ils ne citent jamais les livres apocryphes de la LXX. Ces 22 livres correspondent aux 39 retenus dans les Bibles protestantes car tous les petits prophètes y sont considérés comme un seul livre, 1 et 2 Chroniques un seul livre et 1 et 2 Rois aussi un seul livre.

Livres refusés


Encore aujourd'hui, il y a divergence dans la chrétienté ; certaines Bibles ont 66 livres et d'autres en rajoutent sept supplémentaires dans l'Ancien Testament.

Une quinzaine de livres, de chapitres et de fragments de textes ont été écartés par les Juifs et les Réformateurs. Jérôme qui avait traduit la Bible en latin, la fameuse Vulgate, ne voulait pas y rajouter les livres apocryphes mais Augustin y tenait, alors le pape Damase l'a obligé de les rajouter. Ils ont été par la suite toujours présents dans les Bibles catholiques, l'Église catholique s'en sert pour appuyer leurs doctrines du purgatoire, de la prière pour les morts, des indulgences, etc. — tous ces points étant vigoureusement combattus par les protestants, au premier rang desquels Luther.

a) Les sept livres figurant dans le canon catholique :

– Tobie ou Tobit : curieuse épopée d’un père aveugle (Tobit) et de son fils (Tobie) conduits par un ange du territoire de Nephtali jusqu’à Ecbatane (en Médie), écrite vers 200 av. J.-C.

– 1 et 2 Maccabées : récits historiques ou légendaires exaltant les révoltes juives dirigées par les Maccabées contre les rois de Syrie (en premier lieu Antiochus Épiphane) entre 175 et 135 av. J.-C.

– Judith : histoire d’une héroïne nationale juive s’introduisant dans le camp d’un général assyrien pour lui trancher la tête et assurer une délivrance inespérée au peuple juif, vers 150 av. J.-C.

– Baruch : court livre de cinq chapitres attribués au secrétaire du prophète Jérémie poursuivant son message en 3 grands thèmes (confession des péchés d’Israël, éloge de la sagesse, chants sur la captivité et le retour).

– Le Siracide (ou Ecclésiastique) : enseignement d’un maître de sagesse dispensé à Jérusalem au IVème siècle av. J.-C. et ressemblant aux Proverbes de Salomon.

– Le Livre de la Sagesse : traité de morale attribué à un certain Salomon vivant à Alexandrie au Ier siècle av. J.-C., qui désapprouve le scepticisme, le matérialisme et l’apostasie.

Les raisons de leur refus


Une simple lecture et une étude rapide de ces écrits nous permettent de comprendre aisément pourquoi les autorités juives (et à leur suite, les responsables des églises protestantes, anglicanes et même grecques orthodoxes, pour les mêmes raisons) ne leur ont jamais accordé le statut de livres canoniques :

a) le caractère réellement prophétique fait défaut ;
b) la véritable autorité divine est passée sous silence ;
c) aucune nouvelle révélation messianique n’est affirmée ;
d) plusieurs erreurs doctrinales ou historiques sont présentées ;
e) les destinataires présumés les ont eux-mêmes déconsidérés.

Écrits mentionnés dans la Bible mais qui ne s'y trouvent pas


les Guerres de l'Éternel (No 21:14)
le Livre du Juste (Jos 10:13 ; 2 S 1:18)
le Livre des actes de Salomon (1 R 11:41)
le Livre de Samuel le voyant (1 Ch 29:29)
le Livre de Nathan le prophète (1 Ch 29:29 ; 2 Ch 9:29)
le Livre de Gad le prophète (1 Ch 29:29)
la Prophétie d'Achija de Silo (2 Ch 9:29)
les Révélations de Jéedo le prophète (2 Ch 9:29)
le Livre de Schemaeja le prophète (2 Ch 12:15)
le Livre d'Iddo le prophète (2 Ch 12:15 ; 13:22)
les Mémoires de Jéhu (2 Ch 20:34)
le Livre de Hozaï (2 Ch 33:19)
les prophéties d'Hénoch/Hénoc (Jud v. 14)
une épître aux Laodicéens(Col 4:16) peut-être Éphésiens qui était en fait une lettre circulaire.
une épître aux Corinthiens (2Co.7:8) entre les deux qui nous sont parvenues.

L'idée d'écrire un Nouveau Testament n'était pas présente à la pensée des premiers chrétiens, mais ce n'est pas pour autant qu'ils n'estimaient pas la Bonne Nouvelle à sa juste valeur. Ils annonçaient la Bonne Nouvelle comme étant la Parole de Dieu, cf. 1Th.2:13.

1Thessaloniciens 2:13 C'est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu'en recevant la parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l'avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu'elle l'est véritablement, comme la parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez.

Ce passage montre que quand Paul prêchait, il était conscient quand il transmettait des mystères de Dieu qui lui avaient été révélés par Jésus-Christ lui-même (1Co.11:23, Ro.16:25, Ga.1:11-12, Ep.3:1-5). Ce n'était pas en distribuant des Bibles qu'il transmettait la Parole de Dieu mais en annonçant verbalement la Bonne Nouvelle. Il faisait aussi une distinction quand il parlait selon sa propre sagesse (1Co.7:10-13).

1Corinthiens 11:23 Car j'ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné

Romains 16:25 A celui qui peut vous affermir selon mon Evangile et la prédication de Jésus-Christ, conformément à la révélation du mystère caché pendant des siècles,

Galates 1:11 Je vous déclare, frères, que l'Evangile qui a été annoncé par moi n'est pas de l'homme;12 car je ne l'ai ni reçu ni appris d'un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ.

Éphésiens 3:1 A cause de cela, moi Paul, le prisonnier de Christ pour vous païens...
2 si du moins vous avez appris quelle est la dispensation de la grâce de Dieu, qui m'a été donnée pour vous.
3 C'est par révélation que j'ai eu connaissance du mystère sur lequel je viens d'écrire en peu de mots.
4 En les lisant, vous pouvez vous représenter l'intelligence que j'ai du mystère de Christ.
5 Il n'a pas été manifesté aux fils des hommes dans les autres générations, comme il a été révélé maintenant par l'Esprit aux saints apôtres et prophètes de Christ.

1Corinthiens 7:10 A ceux qui sont mariés, j'ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare point de son mari
11 si elle est séparée, qu'elle demeure sans se marier ou qu'elle se réconcilie avec son mari, et que le mari ne répudie point sa femme.
12 Aux autres, ce n'est pas le Seigneur, c'est moi qui dis: Si un frère a une femme non-croyante, et qu'elle consente à habiter avec lui, qu'il ne la répudie point;
13 et si une femme a un mari non-croyant, et qu'il consente à habiter avec elle, qu'elle ne répudie point son mari.

Rapidement, la Parole de Dieu incorruptible, vivante et permanente ne désigna plus seulement l'Ancien Testament comme Paul, Pierre dit qu'elle a été annoncée aussi par l'Évangile.

1Pierre 1:23 régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu.
24 Car toute chair est comme l'herbe, et toute sa gloire comme la fleur de l'herbe. L'herbe sèche, et la fleur tombe;
25 Mais la parole du Seigneur demeure éternellement. Et cette parole est celle qui vous a été annoncée par l'Evangile.

L'évangile ne se limite pas dans les textes aux quatre évangiles reconnus mais à tout l'enseignement doctrinal oral et écrit circulant à cette époque qui nous est parvenu aujourd'hui. Ceux qui ont suivi les apôtres ont regroupés ces écrits pour former le Nouveau Testament et le rajouter à l'Ancien Testament pour compléter la Parole de Dieu.

Le besoin d'avoir des écrits s'est fait sentir quand les témoins oculaires de Jésus et ses apôtres sont allés le rejoindre graduellement. Dans les années 60, Luc rapportait que déjà plusieurs avaient entrepris d'écrire des récits de la vie de Jésus mais sans avoir toute la rigueur requise pour que Dieu soit glorifié alors il avait entrepris lui-même cette grande tâche.

Luc 1:1 Plusieurs ayant entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,
2 suivant ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et sont devenus des ministres de la parole,
3 il m'a aussi semblé bon, après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine, de te les exposer par écrit d'une manière suivie, excellent Théophile,
4 afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus.

Le foisonnement des écrits religieux entre les années 50 et 150 de l’ère chrétienne a obligé les Pères de l’Eglise à établir un choix rigoureux. Un des critères essentiels pris en considération a été leur caractère « apostolique ». En effet, l’apôtre a, dans l’histoire de l’Eglise, une fonction unique qui ne se répète pas : il est témoin oculaire et auditif de l’événement « Jésus ». Par conséquent, seuls les écrits ayant pour auteur un apôtre - ou un de ses disciples directs (Marc interprète de Pierre et Luc interprète de Paul) ou un frère du Seigneur (Jacques et Jude) sont censés garantir la pureté du témoignage chrétien. Le canon du N.T. s'est donc formé par élimination.

2. L’évolution du Canon des Écritures

a) Liste de Marcion


Le plus ancien recueil d’écrits néo-testamentaires connu aujourd'hui est l’œuvre d’un certain Marcion, vers 150, qui a été condamné comme hérétique, car il rejetait d’office tout ce qui était en relation étroite avec l’A.T. Selon sa théorie, les seuls auteurs légitimes étaient Paul (apôtre des nations) et Luc (disciple de Paul). Son canon ne renferme donc que le seul évangile selon Luc et dix épîtres de Paul.

Irénée de Lyon, vers 180, reconnaissait les 4 évangiles dans son livre « Contre les hérésies ».

b) Canon de Muratori

Le « canon de Muratori » est une liste de livres saints, découverte à la Bibliothèque ambrosienne de Milan par le bibliothécaire Ludovico Muratori (1672-1750) ; cette liste est en latin mais elle est certainement traduite d'une liste grecque remontant au II° siècle, aux alentours de l'an 180 : la phrase qui fait penser que cette liste est très ancienne est « quand au Pasteur, Hermas l'a écrit récemment... »

Cette liste (probablement établie en réaction contre celle de Marcion) reconnaît comme canoniques les 4 évangiles, les Actes, 13 épîtres pauliniennes, Jude, 1 et 2 Jean, l’Apocalypse de Jean et celle de Pierre (avec une certaine réserve, il est vrai).

Clément d'Alexandrie († vers 215) considérait encore « le Pasteur d'Hermas » et « l'Apocalypse de Pierre » comme des Ecritures inspirées. C'est lui aussi qui invita, dans l'Ancien Testament, à ne pas se limiter aux livres hébraïques, mais à inclure les livres de sagesses et autres livres de langue grecque.c) Table d’Origène

Vers 230, Origène (Père de l’Eglise grecque, exégète et théologien, 185-254) publia en Egypte une liste complète des livres canoniques qui fit petit à petit autorité dans le monde chrétien.

3. La décision

Tertullien († vers 222) établit une réciprocité entre la règle de la foi et l'Ecriture. L'idée du concept dogmatique d'un « canon des Ecritures » est semée.

Finalement, 27 ouvrages ont été déclarés canoniques. Deux critères les recommandent :

– ils ont tous été reconnus écrits au cours de la 2nde moitié du Ier siècle (critère d’ancienneté) ;
– ils émanent des apôtres eux-mêmes ou de leurs disciples directs (critère d’authenticité).

Toutefois, il a fallu patienter jusqu’à la fin du IVème siècle pour que ce canon soit accepté par toutes les composantes du monde chrétien : en Orient, peu après l'an 350, Athanase, évêque d’Alexandrie présente le Pasteur d'Hermas comme « n'étant pas du canon , il séparait les livres « canoniques » des livres apocryphes. Il inclut les 27 livres dans sa lettre pastorale de Pâques de l’an 367 et en Occident, c’est vers l’an 400 que Jérôme et Augustin officialisèrent ces mêmes 27 livres. La décision finale fut prise à la suite de plusieurs rencontres ecclésiastiques importantes : synode de Rome (382), concile d’Hippone (393) et les deux conciles de Carthage (397 et 419).

Quels sont donc ces livres du Nouveau Testament qui ont pris des siècles avant de faire l'unanimité ?

L'épître aux Hébreux a été longtemps rejeté en Occident parce qu'on ne connaissait pas son auteur, les églises de l'orient tenaient Paul pour son auteur.

Pour l'Apocalypse de Jean, c'est l'inverse, ce sont les églises orientales qui la rejetaient à cause de son caractère visionnaire, trop proche de la tradition tannaïte (composée de juifs portés un peu portés sur l'apocalypse au goût des chrétiens orientaux, voir, par exemple, le livre de Hénoc cité par Jude). Le célèbre apologète Athanase l'avait inclus dans sa liste de 27 livres en émettant toutefois des réserves. C'est donc dire que plusieurs éminents chrétiens de l'époque ne prenaient pas au sérieux l'avertissement qu'on retrouve à la fin de l'Apocalypse de Jean !

Apocalypse 22:18 Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre: Si quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre;
19 et si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l'arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre.

Jean ne parlait pas de l'ensemble de la Bible ici, comme certains le laissent penser en citant ce passage mais bien de CE livre concernant CETTE prophétie. Jean ne pouvait pas savoir si la Bible était complétée, d'ailleurs il a peut-être même écrit son évangile et ses épîtres après l'Apocalypse. De toute façon, le concept du Nouveau Testament comme nous le concevons n'était pas encore figé dans l'écriture à cette époque.

Vers le milieu du IIe siècle, Justin de Naplouse est le premier à identifier l'auteur à Jean fils de Zébédée, l'un des apôtres de Jésus de Nazareth, et affirme que ce dernier est revenu, après sa détention à Patmos, à Éphèseoù il aurait vécu jusqu'au début du règne de Trajan, soit l'an 98. Un peu plus tard par Irénée de Lyon attribue également l'évangile et les lettres johanniques à l'apôtre. Papias d'Hiérapolis attribue quant à lui ce livre à Jean le Presbytre (ou Jean l'Ancien), qui serait un disciple de Jean l'apôtre, devenu responsable de la communauté d'Éphèse à la fin du ier siècle. Mais déjà au iiie siècle, Denys d'Alexandrie procède à une analyse textuelle qui lui fait conclure que l’Apocalypse n'a pas été rédigée par l’auteur de l'évangile johannique ou des trois premières épîtres qu'il attribue à l'apôtre Jean. Il attribue le texte apocalyptique, suivant Papias, à Jean le Presbytre qui distingue ce dernier de Jean, l'un des Douze. Au ive siècle, en se fondant sur Papias, Polycarpe de Smyrne et Denys, Eusèbe de Césarée attribue à son tour le texte à Jean le Presbytre.

En dépit des décrets de Gélase, pape de 492 à 496, les littératures apocalyptiques autres que celle de Jean seront recopiées et tenues pour partie prenante du Nouveau Testament jusqu'au milieu du Moyen Âge.

L'épître à Philémon était ignorée de l'Église syriaque qui connaît en revanche une 3e épître aux Corinthiens.

2Pierre à cause d’une différence de style trop marquée par rapport à la 1ère épître de Pierre.

Jude à cause de certaines références aux livres apocryphes de Hénoc et de l'Assomption de Moïse.

2Jean et 3Jean à cause de l’ambiguïté des termes « l’ancien », « la dame élue », « la sœur élue » (2 Jean 1,13), et des termes « l’ancien » et « Gaïus » de 3 Jean 1.

Martin Luther n'aimait l'épître de Jacques à cause de sa façon d'associer les oeuvres à la foi, il la traitait d'épître de paille. Dans sa traduction de la Bible en allemand, il la plaça à la fin des autres livres en compagnie de l'épître aux Hébreux, de Jude et de l'Apocalypse, écrits qu'il ne considérait pas comme canoniques. Zwingli ne compte pas l'Apocalypse de Jean parmi les Écritures et Calvin n'en fait aucun commentaire. Éventuellement, ces livres furent intégrées à leur endroit usuel dans toutes les versions protestantes. Depuis ce temps, le contenu de la Bible protestante n'a pas été questionné par les hommes estimés dans le monde évangélique.

Il y a des sectes comme les Mormons ou l'Islam qui ont rajouté des livres, disant que la révélation de Dieu sur le plan doctrinal continue mais cela entre en contradiction flagrante avec ce qui est écrit dans la Bible :

Jude 3 Bien-aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes.

Donc, en ce qui concerne la Bible, le canon est fermé depuis la fin du 1er siècle mais Dieu n'a pas cessé pour autant de parler aux hommes, c'est juste sur le plan doctrinal que la foi nous a été transmise une fois pour toutes. Dieu parle encore aujourd'hui pour avertir, encourager, restaurer et diriger les hommes. En voici quelques exemples pour conclure cette partie.

Job 33:14 Dieu parle cependant, tantôt d'une manière, Tantôt d'une autre, et l'on n'y prend point garde.
15 Il parle par des songes, par des visions nocturnes, Quand les hommes sont livrés à un profond sommeil, Quand ils sont endormis sur leur couche.
16 Alors il leur donne des avertissements Et met le sceau à ses instructions,
17 Afin de détourner l'homme du mal Et de le préserver de l'orgueil,
18 Afin de garantir son âme de la fosse Et sa vie des coups du glaive.

Actes 11:28 L'un d'eux, nommé Agabus, se leva, et annonça par l'Esprit qu'il y aurait une grande famine sur toute la terre. Elle arriva, en effet, sous Claude.

De nos jours, Dieu peut encore aussi annoncer des événements à venir, ce n'est pas doctrinal, c'est historique ! Le pasteur Joël Spinks nous a donné l'exemple de Cindy Jacobs à qui Dieu avait révélé des paroles prophétiques sur des nations qui se sont réalisées.

Donc, en résumé, c'est Dieu qui a inspiré le contenu de la Bible mais cela a pris du temps avant que les églises chrétiennes s'entendent sur les livres devant en faire partie, il reste toujours une polémique (mais pas dans le monde évangélique) concernant les livres apocryphes de l'Ancien Testament. En ce qui concerne le Nouveau Testament, il est solidement établi et reconnu par tous depuis plus de 1500 ans, si on ne tient pas compte des égarements de Martin Luther et de Zwingli.






Pour vous préparer à rencontrer Dieu,

voici les 5 pas vers le ciel









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