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Psaume 138 - Je célébrerai ta Gloire en présence des anges


"Je Te louerai, Seigneur, de tout mon coeur."

1. Je vous ai souvent expliqué ces paroles; laissons-les donc pour nous arrêter à celles qui suivent. Que veut dire le prophète : "Je célébrerai ta Gloire en présence des anges ?" Un autre interprète traduit : "Je chanterai ta Gloire avec confiance;" un autre : "Je célébrerai ta Gloire en présence des dieux." S'il est ici question des anges qui sont dans le ciel, le prophète veut dire : Je m'efforcerai de chanter avec les anges, de rivaliser de zèle avec eux, et de m'unir aux choeurs des puissances célestes. Je suis d'une nature différente, il est vrai, mais je m'efforcerai de les égaler par l'ardeur de mes désirs et de prendre place parmi eux. Si au contraire, nous préférons l'autre interprétation, il faut appliquer aux prêtres ce que le prophète dit ici des dieux. En effet, c'est la coutume de l'Écriture, de donner aux prêtres le nom d'ange et celui même de dieu; ainsi, tantôt elle dit : "Vous ne parlerez point mal des dieux, et vous ne maudirez point le prince de votre peuple;" (Ex 22,28); tantôt : "Les lèvres du prêtre garderont la science, et l'on recherchera la loi de sa bouche, parce qu'il est l'ange du Seigneur des armées. Si nous adoptons cette interprétation, voici donc quel sera le sens de ces paroles : C'est aux prêtres qu'il appartient de commencer à chanter les louanges de Dieu; quant à moi, je les suivrai et j'unirai mes chants aux leurs. "Parce que vous avez écouté les paroles de ma bouche." Voyez quelle vive reconnaissance, quelle attention soutenue dans la prière ? Le psalmiste ne ressemble pas à ces chrétiens sans force et sans énergie, qui avant d'être exaucés, paraissent pleins d'ardeur, et qui retombent dans leur tiédeur habituelle, lorsqu'ils ont obtenu ce qu'ils demandent. La même ferveur qui lui dicte sa prière, lui inspire aussi l'hymne de la reconnaissance. La preuve de la pureté, de l'excellence de ses prières, c'est que Dieu les a exaucées; car le succès de nos prières est assuré, lorsqu'elles sont agréables à Dieu.

Il dépend donc de nous d'être exaucés; demandons à Dieu des choses dignes de sa souveraine Majesté, prions-Le avec ferveur, rendons-nous dignes d'obtenir ce que nous demandons, et Dieu répondra à notre appel, et Se rendra à nos désirs.

"Je me prosternerai dans ton saint temple." C'est encore le signe d'une vertu éminente de pouvoir entrer dans le saint lieu et d'y venir pour y offrir à Dieu l'adoration d'un coeur pur. Ce que Dieu demande en effet, ce n'est point de fléchir les genoux, d'entrer simplement dans son temple, mais d'y venir avec une âme pleine de ferveur et de recueillement, d'y être présent non seulement de corps, mais d'esprit, et c'est aussi un privilège glorieux pour nous de pouvoir L'adorer d'une manière digne de Lui. On regarde comme un grand honneur d'approcher des rois de la terre; que sera-ce d'être admis en présence du Dieu du ciel et de la terre ? "Et je rendrai gloire à ton Nom à cause de ta Miséricorde et de ta Vérité." Que signifient ces paroles ? Je Te rendrai grâces du soin miséricordieux, que Tu as pris de moi. Car ce n'est point à mes propres mérites que je dois d'être rentré dans ma patrie, et de voir de nouveau le temple saint, mais à ta Miséricorde et à ta Bonté. Je T'adorerai donc, je Te louerai, parce que Tu T'es empressé de me ramener de la captivité, moi qui n'étais digne que de châtiment et qui méritais de passer ma vie entière dans une terre étrangère. "Car Tu as élevé au-dessus de tout ton saint Nom." (Ibid., 2). C'est-à-dire, je ne Te rendrai pas grâces seulement de tes Bienfaits, mais aussi de ta Gloire ineffable, de ta Grandeur infinie et de ta Nature, qu'aucune parole humaine ne peut exprimer, "Tu as élevé, dit-il, au-dessus de tout, ton saint Nom." Comment ? Par tes Bienfaits, par les éléments, par tout ce qui existe dans le ciel et sur la terre, par les effets de votre Justice, par ta Conduite si différente envers tes ennemis et à l'égard de tes amis. Il n'est point en effet de créature, si petite qu'elle soit dans le ciel et sur la terre, qui ne proclame la grandeur de ton Nom d'une voix plus éclatante que la trompette. Parcourez successivement les anges, les archanges, les démons, les créatures inanimées, les pierres, les semences, le soleil, la lune, la terre, les mers, les poissons, les oiseaux, les lacs, les fontaines, les fleuves, vous verrez la grandeur de son Nom éclater dans chacune de ces créatures. Une autre version porte au lieu de : "Tu as élevé au-dessus de tout ton saint Nom," "Tu as élevé au-dessus de tous les noms ta Parole." Une autre : "Tes Oracles. En quelque jour que je T'invoque, hâte-Toi de m'exaucer." suivant une autre version : "En quelque jour que je T'aie invoqué, Tu m'as exaucé." C'est la promesse que Dieu avait faite par son prophète : "En quelque jour que vous m'invoquiez, je vous exaucerai et à votre premier cri, je dirai : Me voici." (Is 58,9). C'est ce que demande le prophète, telles sont en effet les âmes que la douleur accable, elles veulent en être délivrées au plus tôt. "Tu augmenteras la force de mon âme." (Ibid., 3). Un autre interprète traduit : "Tu as établi les vertus dans mon âme," parce qu'au lieu de : "Exauce-moi," il avait traduit précédemment : "Tu m'as exaucé." Que signifient ces paroles ? Les Grecs donnent aux phénomènes qui se passent dans les régions supérieures le nom de météores, du verbe airesqai, élever; voilà pourquoi les flots soulevés s'appellent aussi metewrismoi élévations, de même verbe airaiqai. L'expression poluwrhseiv équivaut donc à celle-ci : "Tu m'exalteras, Tu m'éleveras." Le psalmiste s'est servi ailleurs de la même expression : "Tu as élevé (epolumrusav) les enfants des hommes en proportion de ta Grandeur." Le verbe poluwrhseiv a ici le même sens et il signifie : Tu me combleras de joie, Tu élèveras mon âme, et ce qui est bien plus désirable, Tu ne permettras pas que cette élévation, que cette joie soit passagère, Tu lui donneras de la force, de la puissance, la fermeté, Tu la rendras inébranlable. Tel est le sens de ces paroles : "Tu élèveras mon âme par ta Vertu."

2. Or, le prophète veut dire : Ta Puissance m'élèvera, ta Force m'exaltera, et Tu viendras à mon secours. Un autre interprète exprime la même pensée en traduisant : "Tu as établies les vertus dans mon âme." Remarquez cette expression : "Dans mon âme," parce qu'en effet, c'est le propre de Dieu de ranimer les âmes brisées par les tribulations, comme Il le fit pour les apôtres. Ils avaient été battus de verges, et ils s'en revenaient pleins de joie, tant leur âme était élevée au-dessus de la terre. (cf Ac 5,41). L'oeuvre particulière de la Puissance de Dieu, ce qui fait surtout éclater sa Force toute divine, c'est qu'au milieu des plus grandes épreuves, Il ne nous laisse pas tomber dans le découragement. "Que tous les rois de la terre Te louent, Seigneur, parce qu'ils ont entendu les paroles de ta Bouche." (Ibid., 4). Voyez quel profond sentiment de gratitude dans le prophète. Il ne lui suffit pas de rendre grâces à Dieu en son Nom, il invite les puissants de la terre, ceux qui portent le diadème, à venir s'associer à sa reconnaissance, Leur puissance est grande, il est vrai, semble-t-il dire, mais ils Te doivent cependant des actions de grâces pour les bienfaits que Tu as accordés aux autres hommes. C'est pour cela qu'il ajoute : "Parce qu'ils ont entendu toutes les paroles de ta Bouche," si donc ils accomplissent fidèlement ce devoir de la reconnaissance, ils en recueilleront les plus grands avantages, les fruits les plus précieux. En effet, la nature propice de tes grâces ô mon Dieu, est qu'elles sont offertes à tous les hommes, et que tous, s'ils le veulent, peuvent entrer en participation de vos Dons et en jouir. Jamais leur puissance royale ne leur procurera d'avantages comparables à celui d'entendre tes paroles. Voilà ce qui leur assurera tout à la fois de la sécurité de la force, de l'éclat, de la gloire. Voilà pour eux la vraie royauté; voilà ce qui donnera à leur autorité, autant de splendeur que de puissance. "Et qu'ils chantent dans les voies du Seigneur. ." Suivant une autre version : "Et qu'ils chantent les voies du Seigneur,". D'après la première version : "Dans tes voies," ces paroles signifient : conformément à tes lois, à tes ordres; d'après la seconde : "Tes voies," qu'ils proclament, qu'ils célèbrent, qu'ils annoncent tes oeuvres admirables, car tel est le sens de cette expression : "Qu'ils chantent, parce que la Gloire du Seigneur est grande." (Ibid., 5). C'est-à-dire, elle est manifeste, elle a un caractère d'évidence qui la rend sensible à tous les regards, elle est prête à répandre ses bienfaits sur tous les hommes, et tous lui doivent le tribut de leur reconnaissance. "Le Seigneur , est très élevé, et Il considère ce qui est humble." (Ibid., 6). Il est élevé par sa Nature, Il est élevé par son Essence. Le psalmiste se sert de ce langage figuré pour s'accommoder au culte des juifs et il le modifie dans ce qui suit, pour inspirer aux esprits humbles et petits des idées plus hautes. Mais que signifient ces paroles : "Il connaît de loin les choses élevées ?" Il veut parler de la Prescience qui est un des attributs particuliers de la Puissance divine; voilà pourquoi Dieu, par la bouche des prophètes, reproche si souvent leur erreur aux adorateurs des idoles. Un autre interprète traduit : "Et il connaît de loin ce qui est élevé;" un autre : "ce qui est sublime." Après avoir dit : "Le Seigneur est élevé, et Ii considère ce qui est humble," le psalmiste ajoute : "Et Il connaît de loin les choses hautes," pour nous apprendre que non seulement Dieu connait ces choses, mais qu'Ii les connaît longtemps d'avance, avant qu'elles arrivent, avant qu'elles s'accomplissent, avant qu'elles reçoivent leur exécution.

"Quand je marcherai au milieu des tribulations, Tu me sauveras la vie." (Ibid., 7). Il ne dit point : Tu éloigneras la tribulation, mais Tu me conserveras la vie au milieu même des plus rudes épreuves; c'est-à-dire, quand même je tomberais dans les plus grands dangers, Tu es assez puissant pour me sauver. Or, ce qui est vraiment admirable, ce qui surpasse toute pensée humaine, c'est que malgré les calamités et les ennemis qui m'assiègent de toutes parts, Tu me donne une sécurité parfaite. "Tu as étendu ta Main contre la fureur de mes ennemis." Voyez vous cette double preuve de la Puissance de Dieu ? Tu me sauveras, lui dit-il, au milieu des maux dont je suis environné; et en même temps Tu humilieras, Tu comprimeras la fureur, la rage de mes ennemis qui ne respirent que le feu de la vengeance. "Et ta Droite m'a sauvé," c'est-à-dire, tu Puissance, ta Force.

Dieu en effet, est riche en expédients, Il a des ressources à l'infini, et il peut nous sauver au milieu des situations les plus désespérées. "Le Seigneur paiera pour moi." Une autre version porte : "Il agira." Une autre : "Il achèvera." C'est-à-dire, Il me vengera de mes ennemis; cependant il ne dit point : "Il me vengera," mais : "Il paiera pour moi", pour m'apprendre que dans sa Bonté il paiera et acquittera les dettes que j'aurai contractées, on peut appliquer ces paroles à ce que Jésus- Christ a fait pour nous, car Il a payé ce que nous devions. "Seigneur, ta Miséricorde est éternelle, ne délaisse point l'oeuvre de tes Mains." Le prophète fait valoir ici deux titres à la Clémence de Dieu; le premier, c'est qu'Il est bon et miséricordieux, que l'action de sa Miséricorde est incessante et que sa Bonté ne se relâche et ne se ralentit jamais; le second, c'est qu'Il est notre Créateur et que c'est Lui qui nous a tirés du néant. Mais si nous voulons ressentir les effets de sa Miséricorde, efforçons-nous de nous en rendre dignes. "Je ferai miséricorde, nous dit-Il, à qui Il me plaira de faire miséricorde." (Ex 33,19; Rom 9,15). En effet, la Miséricorde de Dieu ne se répand pas indistinctement, elle agit avec une espèce de discernement. Si elle se faisait sentir à tous, sans distinction, aucun coupable ne serait puni. Ce n'est donc point seulement pour obtenir miséricorde qu'il nous faut faire le bien, mais aussi parce que nous sommes les créatures de Dieu. Celui que Dieu a tiré du néant et qui est l'ouvrage d'un si grand Artisan, d'un si puissant Roi, doit rendre sa vie digne de la Providence paternelle et de la Sollicitude de Dieu. Si telle est notre conduite, nous mériterons les biens éternels. Puissent-ils être un jour notre partage, par la Grâce et la Bonté de notre- Seigneur Jésus Christ, à qui soient la gloire et la puissance dans les siècles des siècles.

- Jean Chrysostome





Pour vous préparer à rencontrer Dieu,

voici les 5 pas vers le ciel









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